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Dossier Technique de fond > Economie : Ces leviers qui redonnent du souffle aux entreprises (1/4)
     


  Economie : Ces leviers qui redonnent du souffle aux entreprises (1/4)
2010, l’année des fonds propres
   
 

  Anne-Sophie Jacques
 
 

Besoin d’argent frais ou de renforcer les structures financières ? Et si les entreprises augmentaient leurs fonds propres en ouvrant leur capital ? L’initiative est peu usitée en raison de freins psychologiques encore tangibles. Les choses risquent de changer avec le succès du Fonds Stratégique d’Investissement qui lève le voile sur cette solution pleine de bon sens.

Le FSI : une réponse aux besoins en fonds propres « Les entreprises françaises ont besoin d’investisseurs stables, (…) elles ont besoin d’investisseurs intéressés à ce que l’entreprise vaudra dans cinq ans ou dans dix ans et pas simplement dans deux mois. » Lors de son discours prononcé à Montrichard fin 2008, Nicolas Sarkozy apportait une réponse concrète aux besoins en fonds propres des entreprises en annonçant la création du Fonds Stratégique d’Investissement (FSI). Le FSI s’adresse aux entreprises porteuses de croissance et de compétitivité pour l’économie française. Il entre en minoritaire dans le capital des entreprises, les accompagne dans le moyen-long terme et prépare la future composition de l’actionnariat pour préparer sa sortie.

Le FSI est doté d’une enveloppe de 20 milliards d’euros en fonds propres, dont 14 sous forme de participations et 6 en numéraire. Enfin, le FSI est une filiale de la Caisse des dépôts, structure qui devient tête de guichet du dispositif : elle en détient 51%, le reste revenant à l’Etat. En 18 mois, le FSI a déjà débloqué plus de 1,5 milliards d’euros et a investi dans des entreprises aussi bien industrielles que de services. Une nouvelle entreprise est financée chaque jour ouvrable. Durant ces 18 mois, la crise est venue fragiliser le tissu économique.

Pour répondre plus précisément à cette conjoncture, le FSI a créé le programme FSI-PME en octobre 2009. Avec 1 milliard d’euros de capitaux disponibles, les fonds permettent de renforcer les structures financières d’entreprises en difficultés. Ces investissements se font en direct ou bien en partenariat avec des investisseurs privés.
Les outils déjà en place ont été renforcés et une plateforme d’orientation régionale permet de traiter les demandes de renforcement de fonds propres émanant de PME viables et porteuses de croissance. A ce jour, la moitié des dossiers provient de l’initiative des entreprises. Le FSI étudie les dossiers dans l’ensemble des secteurs d’activité.

Le FSI et Mécachrome
Le 17 décembre dernier est un jour à marquer d’une pierre blanche pour Mécachrome, société franco-canadienne dont le siège est installé à Tours et qui fabrique des composants destinés aux industries de l’aéronautique et de l’automobile. Après un an de réorganisation et de restructuration financière, ce jour-là, Mécachrome annonce être sortie de la protection de la loi de sauvegarde en France et de son équivalent au Canada. Parmi les leviers utilisés, le FSI. D’un montant de 15 millions d’euros, le Fonds a été l’un des outils qui a permis à l’entreprise d’assainir sa situation financière. Mécachrome peut aujourd’hui redémarrer l’aventure industrielle sur la base d’un bilan solide et d’une structure de coût allégée. Et, comme le souligne Gilles Michel, Directeur Général du FSI, « la société pourra compter sur le soutien actif de ses actionnaires qui ont une vision commune de long terme.»
Plus d’infos sur www.fonds-fsi.fr

Ouvrir son capital, c’est s’enrichir Aujourd’hui, les entreprises ont besoin d’argent frais. Les années 2008 et 2009 ont laissé des trésoreries exsangues, et en 2010 cette situation risque de ne pas s’arranger. Le besoin en fonds de roulement est vital et il ne peut être financé par emprunt. Par ailleurs, le manque de fonds propres est la deuxième cause de fermeture d’une société, juste après les impayés. L’ouverture de son capital est une réponse idoine. Tout d’abord, le Conseil d’Administration des entreprises est bien souvent sclérosé : faire intervenir une personne extérieure permet de s’enrichir de son savoir et de ses compétences. Ensuite, plus le niveau en fonds propres est élevé, plus l’entreprise va accroître sa capacité d’endettement.

Elle pourra plus facilement solliciter les banques et mêmes les aides publiques. Enfin, n’oublions pas que c’est un mariage : l’investisseur est là pour soutenir l’entreprise, ne serait-ce que dans le but de sauver sa mise. Il fera tout pour diminuer ainsi la vulnérabilité de l’entreprise. L’outil OSEO capital PME Vous cherchez à ouvrir votre capital ou vous voulez trouver des capitaux pour la création de votre entreprise ? OSEO vient de mettre en ligne un site de mise en relation avec des investisseurs, particuliers ou professionnels. Cet outil complète une large panoplie visant à inciter l’apport en fonds propres dans les entreprises, et notamment de la part de celles redevables de l’ISF. Comme le souligne François Drouin, PDG d’OSEO, « renforcer les fonds propres des entreprises, c’est leur donner les moyens d’investir, d’innover, d’aller à l’international. » Grâce à ce site, 20 millions d’euros ont déjà été levés.

www.capitalpme.oseo.fr

 

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