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La parole à > Prix bas : la FFB tire la sonnette d’alarme
     

Eric Jaillais,
Président de la FFB 37

  Prix bas : la FFB tire la sonnette d’alarme
   
 

Economie. Le 8 avril, la Fédération Française du Bâtiment et son président Eric Jaillais étaient reçus en Préfecture d’Indre-et-Loire pour évoquer les prix à la baisse dans le secteur de la construction.

 
Caroline Bénard
 
 

   

« En 2009, le volume du marché de la construction s’est rétracté de - 7,5%. Il est temps de réagir » alerte Eric Jaillais, président de la Fédération Française 37 du Bâtiment. Face à la crise et aux tensions du marché, le syndicat professionnel a adressé une lettre au Préfet d’Indre-et-Loire afin de lui faire part de son inquiétude. « Notre souci actuellement, ce sont les appels d’offres publics. Beaucoup de décideurs font le choix de conclure des marchés avec des entreprises qui cassent les prix. Ce procédé est très risqué et va à l’encontre du code des marchés publics. »

Un code qui prévoit notamment que les maîtres d’ouvrages détectent les offres très basses ou, à l’inverse, beaucoup trop élevées. Cette profession a pour obligation de demander des compléments d’information en cas de prix apparemment anormaux. « Le problème, c’est que tout le monde ne joue pas le jeu. En travaillant avec une entreprise défaillante, nous courons le risque de nous retrouver avec des chantiers stoppés net en cours de construction, des entreprises qui ne sont pas payées, des délais non respectés. Tout cela est très mauvais pour le maintien du tissu économique, d’autant que certaines entreprises baissent aujourd’hui les prix de 30 à 40%. »

Sensible au courrier du Président de la Fédération, le Préfet Joël Fily a donc reçu le 8 avril dernier en préfecture la FFB 37, la CCI de Touraine, la CAPEB, l’Urssaf, la Banque de France, la Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (DDTEFP) et le Trésorier Général Payeur. Suite à cette réunion, le Préfet d’Indre et Loire a pris une circulaire demandant à tous les maîtres d’ouvrages publics de détecter les offres trop basses et d’attribuer les marchés à celles proposant des tarifs corrects. Selon Gérard Bouyer, Vice-Président de la CCI de Touraine en charge de l’Industrie, « il faut aider les petites communes à mieux analyser les offres qu’on leur fait pour qu’elles puissent opérer le bon choix, sans forcément aller au moins cher. »

En termes d’outils, ces dernières peuvent faire appel à l’Association des Maires de France qui dispose d’un service juridique compétent sur ces questions. « Le Préfet a été très attentif à notre action. Il va maintenant falloir que cette circulaire soit suivie d’effets. Dans ce but, nous allons mener une campagne auprès de nos contacts et de chaque maître d’ouvrage. Nous envisageons de travailler à la rédaction d’une convention de bonnes pratiques, au sein du Club Qualité Construction. »

Outre la question des appels d’offres, plusieurs facteurs viennent encore aggraver la situation du bâtiment. En 2009, les délais de paiement des entreprises vers les fournisseurs ont été réduits, selon la loi de modernisation de l’économie (LME) votée le 4 août 2008. « Par voie de conséquence, les entreprises du bâtiment ont eu à financer 8 jours de trésorerie supplémentaire, ce qui est énorme pour elles » explique Eric Jaillais.

« Tout cela fragilise encore un secteur qui l’était déjà » ajoute Gérard Bouyer. « La crise de 2008 n’a pas eu de répercussions immédiates sur les entreprises. Les chantiers se sont poursuivis l’année suivante. Maintenant, ils s’achèvent et pour 2011, les commandes sont au plus bas. Cet effet de vague, cumulé aux réponses anormalement basses faites aux appels d’offres, va profondément modifier le paysage industriel si on ne fait rien » prévient le Vice- Président de la CCI en charge de l’Industrie.

Site de la Fédération Française 37 du Bâtiment



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