Dossier d'opinion


Révision générale des politiques publiques
Une nouvelle façon de réformer l’Etat

Objectifs
La démarche de révision générale des politiques publiques (RGPP) a été lancée par le Conseil des ministres le 20 juin 2007. Elle s’inspire d’une pratique mise en oeuvre dans d’autres pays et recommandée en 2005 par la commission présidée par Michel Pébereau sur l’endettement public. En France, depuis une vingtaine d’années, les structures et les politiques se sont multipliées entraînant des surcoûts injustifiés. La RGPP vise à identifier les réformes qui permettront de ramener les dépenses publiques à un niveau compatible avec nos engagements européens, tout en assurant l’amélioration de la qualité de service pour les citoyens.

La RGPP va bien au-delà des traditionnels exercices de réforme engagés depuis 1958, puisqu’il s’agit d’une refondation complète de l’action publique et des modes d’intervention de l’Etat. Elle poursuit trois objectifs : améliorer la qualité des services publics, mieux valoriser le travail des fonctionnaires, et revenir, au plus tard en 2012, à un solde public équilibré en maîtrisant les dépenses publiques,notamment par la réduction des effectifs de l’Etat (non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux).

Un cap fixé par le Conseil de modernisation des politiques publiques (CMPP)
Dès son lancement, la RGPP a donné lieu à de très nombreux audits dans les 15 ministères qui composent l’appareil de l’Etat et les organismes publics, conduits par des équipes regroupant des membres des inspections et corps de contrôles des différentes administrations, et des consultants privés.
Les propositions de réforme, élaborées par les équipes d’audit,ont été examinées par un comité de suivi, co-présidé par le Secrétaire général de la présidence de la République et le Directeur de Cabinet du Premier ministre, avant que les grandes décisions ne soient arrêtées par le CMPP, qui réunit, autour du Président de la République, l’ensemble des ministres.
Chaque ministre est chargé, sous la coordination du Ministre du Budget et des Comptes Publics, de mettre en oeuvre les réformes relevant de son ministère en définissant un calendrier précis et des indicateurs de suivi.
Les mesures adoptées en CMPP doivent ainsi poser les bases du « Service Public 2012 », qui traduira un renouvellement complet de l’organisation de l’Etat et de ses procédures.

Des réformes emblématiques
Dès le mois de juin 2007, deux chantiers importants ont été lancés, permettant de simplifier les démarches des usagers par la mise en place d’un guichet unique : la fusion de la Direction générale des impôts avec la Direction générale de la comptabilité publique, et celle de l’ANPE avec l’UNEDIC.
Depuis le mois de juin 2007, le CMPP s’est réuni à trois reprises. Le 12 décembre 2007, il a validé un grand nombre de mesures visant au recentrage des administrations sur leur coeur de métier, à la simplification et à la modernisation de certaines procédures et à la réduction des charges administratives pesant sur les entreprises.
Le CMPP du 4 avril 2008 a permis de définir de nouvelles réformes portant sur l’organisation de l’Etat (rationalisation du réseau diplomatique, création des agences de santé) et sur des grandes politiques publiques notamment en matière de logement, d’emploi et de formation professionnelle (recentrage des contrats-aidés, plafonnement des exonérations spécifiques de charges sociales), et de développement des entreprises (réforme du crédit impôt-recherche, dématérialisation du paiement de l’impôt, création d'un dossier unique dématérialisé du créateur ou de repreneur d’entreprise).
Enfin, le 11 juin 2008, les principales annonces du CMPP ont porté sur la nouvelle organisation de l’Etat au niveau territorial, avec une forte concentration des services sous l’autorité des Préfets au niveau régional et départemental. Le travail de révision des politiques publiques va se poursuivre jusqu’en 2011. D’autres chantiers, particulièrement sensibles pour le budget de l’Etat et l’organisation territoriale, ont été parallèlement lancés, comme la réforme de la carte judiciaire et la mise en oeuvre du « Livre blanc » de la Défense.


Services des Impôts des Entreprises

Depuis l’achèvement de leur mise en place au 1° janvier 2006, les Services des Impôts des Entreprises (SIE) sont désormais l’interlocuteur unique des PME, des professions libérales, des artisans, des commerçants et des agriculteurs pour l’ensemble de leurs démarches fiscales. Jusqu’à cette date, une entreprise devait s’adresser, suivant le cas, à plusieurs services pour la gestion courante de ses impôts (centres des impôts, recettes des impôts, trésoreries, directions des Services Fiscaux).
Les Services des Impôts des entreprises sont compétents pour renseigner les TPE et les PME, et les accompagner dans leurs démarches fiscales, concernant la majorité des impôts professionnels :
TVA : déclarations, paiements, demandes de remboursement de crédits
Bénéfices : déclarations des résultats et paiements de l’impôt sur les sociétés
Taxe sur les salaires : déclarations et paiements.
Taxe professionnelle : déclarations et demandes de plafonnement.

Par ailleurs, le paiement de la taxe professionnelle sera progressivement transféré des trésoreries vers le SIE. Les SIE seront donc l’interlocuteur fiscal unique des entreprises dans les départements.
C’est dans le même esprit que la création de la Direction générale des Finances Publiques le 4 avril 2008 va conduire à la création des Services des Impôts des Particuliers (SIP), qui seront l’interlocuteur fiscal unique des particuliers sur tout le territoire d’ici la fin 2011.