En couverture / Dossier technique de fond


Motivée par
“l’envie d’être son propre patron”

La population des indépendants est fortement marquée par le goût de l’indépendance. Et pourtant, aucun des commerçants interrogé et entré dans un groupement n’a le sentiment d’être aliéné et bridé dans ses choix par son adhésion. Sophie Fresneau et son mari ont choisi d’entrer dans le groupement Atol « parce que c’est une coopérative où chacun a le droit de s’exprimer et qui est à même d’accueillir des indépendants. Les décisions importantes sont validées en assemblée générale où tout le monde est convié ».Minh et Celia Dao le confirment : « Adhérer à un groupement n’est pas contraignant et nous le vivons plutôt comme une force. Nous qui sommes des débutants, nous bénéficions de l’expérience et de la réflexion de collègues expérimentés. C’est rassurant. Le groupement est un lieu d’échanges, une mise en commun d’idées, une force de proposition. Chaque adhérent donne deux jours par semaine au groupement : c’est un atout, une force pour le groupement. J’y travaille pour moi et pour tout le monde », témoigne Minh Dao. « Ce principe a un côté rassurant : les décisions sont prises par des professionnels qui connaissent ainsi le terrain. Un groupement : il faut s’y sentir bien. »



Dynamisme
“Un chef d’entreprise doit toujours anticiper”

Esprit pour homme à Tours
- Photo :D.R.

Aller au-devant des choses, s’informer avant même d’avoir l’utilité de l’information. Ne pas s’endormir et se projeter dans le futur”. Xavier Debaere est bien placé pour le dire, lui qui est en passe d’ouvrir un pôle de produits frais de 980 m2 sur Tours nord. « En tant qu’entreprise, je me projette à 5 ans et je ne me vois pas continuer sur le Parc de l’Horloge dans les conditions actuelles.C’est dans le présent qu’on construit le futur ». Pas toujours évident, surtout pour un indépendant qui est seul quand il s’agit de faire ses choix. L’adhésion à un réseau peut constituer une aide appréciable. En adhérant au groupement Territoire d’Homme,Philippe Dransard avait déjà pratiqué la mutualisation d’informations entre les adhérents. Son adhésion à Esprit lui a certes apporté une conception de la distribution différente - « avec Esprit, on est toujours en mouvement, on gère des flux, une distribution » - mais également une autre manière de réfléchir par rapport au commerce traditionnel : « Le fait d’être à la fois indépendant et franchisé nous conduit à penser différemment, à nous confronter à un savoir-faire abouti, à prendre conscience qu’on n’a pas la science infuse, à mieux comprendre les évolutions du commerce et de la consommation.» Chez Atol, une démarche qualité oblige chaque adhérent à se remettre constamment en question. Depuis mai 2008, Atol est la première enseigne nationale d’optique à être certifiée ISO 9001.Pour le consommateur, c’est la garantie d’un service professionnel et de qualité. Le magasin de Joué les Tours, l’un des premiers certifiés, fait l’objet chaque année de trois ou quatre visites mystère. « C’est très bien, approuve Sophie Fresneau : nous autres, les opticiens, sommes toujours obligés de nous remettre en question. C’est un challenge et cela motive toute l’équipe ».Chez Bricomarché, ce sont les adhérents eux-mêmes qui passent dans les magasins de leurs collègues pour communiquer leur expérience et donner leur avis : « On est sans arrêt amené à se remettre en cause et c’est dynamisant ».

Ces témoignages montrent que le commerce indépendant reste bien vivant, dans la mesure où il reste le ressort d’entreprises fortes et dynamiques et qu’il répond à des aspirations toujours actuelles. S’il inspire des engagement de vie porteurs de résultats, c’est aussi qu’il répond à une demande spécifique des consommateurs : celle d’être pris en compte pour euxmêmes, dans une relation complexe de reconnaissance et d’échange de services, entre des personnes bien identifiées et insérées localement.

Catherine Geffroy



Définitions

Lorsqu’on analyse la structure du tissu commercial français,on opère généralement une distinction entre trois grandes formes de commerce :

- le commerce indépendant “pur “ : le commerçant est juridiquement et financièrement indépendant. Il n’appartient à aucune structure fédératrice.

- le commerce associé : des entrepreneurs juridiquement indépendants s’associent au sein d’un groupement afin de bénéficier de conditions d’achats, d’outils communs et de services, et de développer des politiques communes.Au début, simples centrales d’achats, les groupements deviennent aujourd’hui des réseaux d’enseignes.Dans le cas particulier de la franchise, les commerçants adhérents bénéficient du savoirfaire, de l’assistance et de l’enseigne du franchiseur dans le cadre d’un contrat de franchise

- le commerce concentré ou intégré : les magasins appartiennent à une enseigne et ne sont absolument pas indépendants. On parle de magasins succursalistes.


 
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