En couverture / Dossier technique de fond

Compétences
Un commerçant peut-il se lancer aujourd’hui en indépendant ?

Optique Atol à Joué les Tours :Etre vu et reconnu
- Photo :D.R.

Dans le textile, c’est très difficile, répond Philippe Dransard. D’une manière générale, le financement n’est pas facile à trouver : les banques sont très prudentes. Les droits au bail et les loyers sont devenus très élevés dans les centresvilles importants si l’on veut un bon emplacement (et c’est un point clé pour être accepté par un franchiseur). Enfin, il faut se situer sur des niches que les chaînes n’exploitent pas : par exemple les grandes tailles, l’urbain chic, sélectionner des marques différentes ou bien alors se lier à un réseau. Et dans l’optique ? C’est possible, répond Sophie Fresneau, dans les petites villes où il n’y a pas trop de concurrence. Ailleurs, c’est difficile. Aujourd’hui, il faut se bagarrer, communiquer pour exister.Mais, par ailleurs, il n’est pas facile pour un jeune de se mettre sous enseigne : il faut que l’affaire roule pour entrer dans un groupement. La décoration, alors ? Avant de réaliser son projet de magasin de décoration à Loches, Isabelle Marchaisseau a fait consciencieusement le tour du salon de la franchise. Elle en est ressortie avec la certitude que la formule ne lui convenait pas. « J’avais envie de créer le magasin que j’avais en tête : un univers fort, chaleureux et coloré, une boutique qui joue sur l’originalité, l’étonnement de la clientèle, le plaisir de découvrir et d’acheter. Mais si je n’avais pas eu ma double expérience professionnelle du commerce, les banquiers n’auraient pas validé mon prévisionnel et ne m’auraient pas suivie. Il faut pouvoir afficher des compétences ». Et pour durer ? « Pour durer si on est indépendant, il faut apporter sa différence », témoigne Xavier Debaere. « Pour y arriver, il faut savoir où on met ses priorités : pour moi, c’est d’être une référence au niveau de la qualité des produits tout en ayant un choix important. Ce qui signifie chercher la qualité du produit avant le prix, tout en restant dans des prix acceptables pour le client et savoir donc négocier tous ses achats. Mais aussi assurer une gestion impeccable de mes produits. Ce n’est pas facile dans le frais mais cette double compétence me permet de résister aux achats standardisés de la grande distribution. »



Se grouper
Bénéficier de conditions d’achat avantageuses et pouvoir se battre en termes de marges

Bricomarché à Chateau-Renault : la force du groupement
- Photo :D.R.

Voici un des principaux avantages que retire le commerçant de son adhésion à un groupement. Chez Territoire d’Homme, un collectif de commerçants sélectionne des articles pour l’ensemble des commerçants adhérents. Chacun des soixante adhérents a l’obligation d’y opérer au moins 30 % de ses achats et complète ensuite son offre auprès des fournisseurs de son choix. Idem chez Atol, comme l’explique Sophie Fresneau : « Je joue le jeu en achetant mes montures auprès des fournisseurs référencés par le groupement et, pour me démarquer de la concurrence locale, je me fournis en plus chez quelques fabricants très créatifs ». La liberté est aussi de règle chez Bricomarché : « Nous n’avons pas de quotas d’achat imposés mais il est évident que nous avons intérêt à acheter à l’intérieur du groupement : c’est une facilité de travail ». Les avantages d’un groupement, les commerçants interviewés en citent encore bien d’autres. L’aide à la gestion avec la fourniture d’un logiciel maison : chez Atol, c’est le groupement qui assure les mailings de ses adhérents. Quant à Bricomarché, les adhérents restent totalement indépendants en termes de gestion.Mais l’utilisation d’un logiciel commun, développé selon leurs besoins propres, permet une exploitation des données remontées qui sont intéressantes pour tous. La formation continue, ensuite, avec la possibilité, dans chaque groupement, de suivre des formations spécifiquement adaptées. Enfin, le fait d’avoir une enseigne reconnue par les consommateurs et la publicité nationale qui va avec.


 
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