En couverture / Dossier technique de fond
Commerçant indépendant, une vocation ?Alors que l’environnement économique n’a jamais été aussi concurrentiel et exigeant, comment un commerçant peut-il aujourd’hui rester indépendant ?
Jeanne Marie de Jadis,à Loches : un magasin indépendant à l'identité affirmée
- Photo :D.R.Au cours des 20 dernières années, la décrue du commerce indépendant est allée de pair avec la montée en puissance du commerce intégré. Pour résister, le commerce traditionnel a dû inventer de nouvelles formules. Tant et si bien que le métier de commerçant indépendant est aujourd’hui marqué par une extrême diversité. A côté des indépendants “purs” qui ne sont affiliés à aucun groupement, plusieurs solutions de fonctionnement en réseau se sont développées : franchise, chaîne volontaire, concession, coopérative, commission-affiliation... Voici cinq commerçants indépendants qui se sont prêtés au jeu de l’interview pour parler de leurs parcours, de leurs métiers, de la façon dont ils vivent leur indépendance et de leurs projets. Xavier Debaere exploite en toute indépendance avec sa femme un libreservice de 375 m2 spécialisé dans les fruits et légumes. Situé à Tours-nord, dans la zone commerciale de l’Horloge, L’Arrivage emploie 9 salariés. Isabelle Marchaisseau, totalement indépendante elle aussi, a repris une boutique de décoration à Loches en septembre 2007 en conservant pour l’instant l’enseigne Jeanne Marie de jadis. Elle n’a pas de salarié. Philippe Dransard a deux magasins de prêt-à-porter pour hommes au centre-ville de Tours : Douglas, un multimarques indépendant mais affilié au groupement Territoire d’Homme, et Esprit pour homme qu’il a créé en franchise en 2006. Au total, il emploie 7 personnes. Après avoir repris un magasin d’optique Atol au centre-ville de Jouéles- Tours, Sophie et Dominique Fresneau en ont ouvert un second dans la galerie marchande du Centre Leclerc de La Ville aux Dames. Minh et Celia Dao sont depuis 2007 à la tête du Bricomarché de Château-Renault et emploient 20 personnes. A eux cinq, ils constituent un éventail assez représentatif du commerce indépendant.
Diversité
Comment devient-on commerçant indépendant ?Pour chacun, il s’agit d’une histoire et d’un parcours personnels.Mais tous ont en commun une fibre commerciale fortement développée, le plaisir de travailler un produit qu’ils aiment et un goût prononcé pour l’indépendance et la liberté. Issu d’une famille de commerçants du nord de la France, Xavier Debaere a repris et développé L’Arrivage. Philippe Dransard a pris la succession du magasin familial Douglas, créé à Tours en 1947. Il ne cache pas qu’un tel héritage constitue à la fois un atout (la renommée de l’enseigne) mais aussi une contrainte : l’image est difficile à faire évoluer. Sophie et Dominique Fresneau ont tous deux été opticiens salariés avant de se mettre à leur compte. Quelles études ont-ils suivies ? Quel savoir-faire ont-ils acquis ? Xavier Debaere qui est passé par des études de droit, une école supérieure de commerce, puis une formation spécialisée dans les fruits et légumes, estime qu’avoir fait des études est une chance : pour lui, la connaissance de techniques de gestion et de marketing est aujourd’hui impérative. Philippe Dransard a acquis une formation en gestion via une ESC, fait un crochet chez un fabricant puis un détaillant pour apprendre le métier du textile avant de reprendre le flambeau familial. Isabelle Marchaisseau s’appuie sur une double connaissance : secrétaire de formation, elle a acquis l’expérience du terrain après avoir été responsable dans la grande distribution puis dirigé un magasin de presse-librairie.Quant à Minh et Celia Dao, leurs parcours se complètent bien : lui, responsable d’une agence d’assurances, elle, fille de commerçant et collaboratrice d’un cabinet d’expertise-comptable.