La parole à
“Nous sommes obligés de bouger”
Enjeux.
Le 16 septembre prochain, “la Nouvelle République” passe au format tabloïd, longtemps après la plupart des quotidiens nationaux et régionaux. Pourquoi avoir tant tardé ?Propos recueillis par Anne-Christine Bécard
Olivier Saint-Cricq :“Le passage au format tabloïd se prépare depuis bientôt deux ans”
- Photo : D.R.Olivier Saint-Criq : “Nous y avions déjà réfléchi, il y a cinq ans, lorsque nous avons changé de formule. Mais à l’époque, se posaient des problèmes techniques et économiques qui ne nous permettaient pas de le faire. Cependant, le dossier n’a jamais été enterré. Aujourd’hui, les priorités ne sont plus les mêmes. Avec l’évolution du marché de la publicité on ne peut plus faire l’impasse d’un support moderne.”
5,5 millions d’euros ont été investis dans la modernisation des deux rotatives, pour permettre au journal d’augmenter sa capacité de pagination en couleur. Est-ce la démonstration que vous croyez encore au support papier ?
“Bien sûr ! C’est même la raison de la naissance du tabloïd. Avec cette opération industrielle d’envergure qui nous permet d’augmenter considérablement nos capacités en quadrichromie, nous prenons les moyens de stopper l’érosion lente mais réelle de notre lectorat, voire de capter de nouveaux lecteurs. Nous cherchons aussi à répondre aux attentes des annonceurs, en proposant une offre commerciale plus alléchante grâce à la possibilité d’encarts en couleur.”
Comment avez-vous préparé le double changement, de format et de formule ?
“Le passage se prépare depuis bientôt deux ans : cet énorme travail de conception a mobilisé une soixantaine de groupes de travail, tous services confondus. Un premier numéro zéro a été testé en automne dernier auprès d’un échantillon de lecteurs. Il a permis, avec les suivants, de tenir compte de leurs remarques et d’ajuster la maquette en conséquence. Nous avons aussi enquêté auprès de nos confrères afin de profiter de leur expérience. Les commerciaux et la rédaction ont suivi des formations pour s’adapter eux aussi. La forme est structurante : il va falloir faire plus court avec davantage d’informations. Privilégier la qualité plus que la quantité.”
Un partenariat avec la CCI de Touraine est prévu pour alimenter la rubrique économie. De quoi s’agit-il ? “On nous a souvent fait le reproche de parler davantage des entreprises en panne que de celles qui réussissent. L’esprit du partenariat avec la CCI, c’est de faire découvrir aux Tourangeaux des entreprises qui marchent, qui se battent, qui s’ouvrent. Autrement dit de mettre en valeur les entreprises locales.”
Quelle est votre politique à l’égard du multimédia ?
“L’enjeu pour la presse est de maintenir son produit phare à un niveau viable de diffusion et de recettes publicitaires et de trouver dans les autres supports comme Internet des relais de croissance. Nous avons pour nous d’être imbattables en récolte d’infos de proximité. A nous de créer des passerelles entre le papier et nos autres supports d’édition intéressant des publics différents. Une chose est sûre, nous sommes obligés de bouger, sinon on se fossilise.”