Dossier d'opinion


Organisations professionnelles
un profond besoin d’évolution

Dialogue social.
Les organisations patronales ont un rôle important à jouer dans les mutations à venir de la société. Aussi ont-elles une responsabilité particulière à faire entendre leur voix sur les questions d’intérêt commun liées à la politique économique et sociale. Rencontre avec quatre d’entre elles

Marine Biard - Annie Blanchet


La réforme de la fiscalité des entreprises, le maintien du commerce de proximité et les propositions du rapport Attali sont des sujets sur lesquels la CGPME prend position. Jean-François Roubaud, son président, nous livre au cours d'un entretien le 15 avril, son engagement pour défendre l'intérêt de 1 600 000 petites et moyennes entreprises.

Réforme urgente de la fiscalité
La réforme de la fiscalité constitue une des actions prioritaires à mener pour maintenir le tissu des TPE et PME. En commençant par la baisse des prélèvements obligatoires de nature fiscale. Ainsi la CGPME demande la suppression de l'imposition forfaitaire annuelle qui constitue un frein au développement des PME. "Le 7 décembre à Lyon, nous avons réussi à obtenir l'accord du Président de la République sur la suppression de cet impôt", avance Jean-François Roubaud. Par ailleurs, "nous nous battons sur l'harmonisation européenne de l'assiette de l'impôt sur les sociétés. Si nous avions tous une assiette commune, nous pourrions éviter le dumping fiscal." D'autre part, "il devient urgent de libérer les investissements de l'industrie en baissant la fiscalité locale et en atténuant le poids de la taxe professionnelle."

Jean-François Roubaud, président de la CGPME - Photo : D.R.
Commerce plus compétitif
Une amicale parlementaire de la CGPME a été tenue fin mars, rassemblant une centaine de parlementaires et des patrons de PME. Quarante propositions ont été présentées pour rendre le commerce plus compétitif. Elles reposent principalement sur la mutualisation des moyens en encourageant le regroupement de commerçants pour embaucher un salarié et pour avoir accès à des centrales d'achat. Un autre point important est la mise en place d'une campagne de promotion nationale qui mettrait en avant l'intérêt et le rôle social joué par le commerce de proximité. Dernier point, "la réforme de l'éthiquement commercial permettrait de respecter l'équilibre entre les commerces et la grande distribution et de mettre en place une réelle concurrence entre les acteurs."

Délais de paiement réduits
Concernant le rapport Attali, la CGPME est d'accord sur le principe de la réduction des délais de paiement à 60 jours pour les PME, mais la réforme devrait être assouplie pour des commerces dont le cycle de stockage est plus important. Il semble important de prévoir des dérogations temporaires pour les marchands de meubles par exemple. Le seul moyen d'y arriver est la voix législative. En ce qui concerne le travail le dimanche, suite à une enquête en 2006 sur l'ouverture dominicale, il ressort que 87 % des commerçants sont favorables au maintien du repos hebdomadaire. La sagesse voudrait que l'on augmente les autorisations d'ouverture de 2 ou 3 jours par an et surtout qu'on laisse libre à chacun de décider quand il souhaite ouvrir selon son activité et les périodes qu'il lui semble être les meilleures. Il ne faut pas que ce soit une décision à prendre au niveau national, mais plutôt à celui du territoire.

La Fédération Française du Batîment engage des actions
La crise du logement, de l'emploi et de la transmission des entreprises sont des sujets qui touchent de très près la Fédération Française du Bâtiment (FFB). Christian Baffy, actuel président de la FFB nous livre sa position pour défendre les professionnels du bâtiment auprès des pouvoirs publics et des décideurs économiques.
Christian Baffy,Président de la FFB Depuis 2005,membre de l’Advisory Board de l’Escem Tours-Poitiers,Christian Baffy défend ces 4 valeurs :engagement,intégrité,humilité, curiosité. "Elles sont l’essence même du chef d’entreprise.L’une ne va pas sans l’autre." - Photo : D.R.
pour le logement
La FFB s'investit aux côtés du gouvernement pour la construction chaque année de 500 000 nouveaux logements, dont 120 000 sociaux. Pour y parvenir, trois conditions apparaissent : une offre foncière suffisante, l'accession à la propriété des plus modestes et un service à la fois qualitatif et quantitatif de la part des entreprises du bâtiment. Sur ce dernier point, les actions de la FFB se sont multipliées en revalorisant les métiers du bâtiment et en multipliant les actions de formation. "D'autre part, les efforts substantiels d'augmentation des salaires contribuent beaucoup à améliorer notre image. Dans l’avenir, pour faire face à nos besoins de recrutement, nous devrons poursuivre et amplifier toutes ces actions", confie Christian Baffy.

Collaboration étroite pour l'emploi
Pour accompagner le développement de l’activité et le renouvellement de la main d’oeuvre, le bâtiment devra recruter chaque année 100 000 à 120 000 personnes au cours des dix prochaines années. La FFB participe en amont activement aux missions de l’Observatoire Prospectif des Métiers et des Qualifications (OPMQ). Elle a initié la mise en place de rendez-vous annuels pour permettre aux jeunes de suivre l'activité d'un chef d'entreprise tout au long d'une journée et d'ouvrir plusieurs centaines de chantiers au grand public. En 2008, une vaste campagne télévisée a été lancée "Le Bâtiment, 1 200 000 passionnés" autour de 10 portraits d’hommes et de femmes. Enfin, pour promouvoir l'accès aux métiers du bâtiment, la FFB travaille en étroite collaboration avec des partenaires comme l’Onisep, l’ANPE, l’Unedic et l'Afpa.

Transmission d'entreprises facilitée
"Chaque année plus de 5 000 entreprises du bâtiment sont à céder. Notre devoir est donc de tout mettre en oeuvre pour faciliter leur transmission", affirme Christian Baffy. Transmibat, service de proximité, a été mis en place à cet effet et ses conseillers assistent les entrepreneurs en matière sociale, fiscale, et patrimoniale ou sur des problématiques plus personnelles. "De nombreuses avancées, notamment fiscales, ont été obtenues ces dernières années auprès des pouvoirs publics, en particulier la diminution des droits de succession en ligne directe, c'est-à-dire les droits d’enregistrement et le pacte Dutreil", ajoute Christian Baffy.


 
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