En couverture / Dossier technique de fond

Dans son rapport « Un commerce pour la ville », présenté le 20 février à Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville, Robert Rochefort, directeur du CREDOC, propose 34 recommandations pour assurer le maintien et favoriser l’essor du commerce en ville. Certaines sont d’ordre réglementaire - Robert Rochefort n’est pas favorable à l’abandon de tout schéma-cadre pour l’urbanisme commercial - les autres sont plus incitatives et visent à mobiliser les commerçants indépendants eux-mêmes afin qu’ils s’ouvrent à une culture d’association et de travail en réseau.

Jean-Pierre Meunier, membre de la CCI, revient sur ce rapport et commente pour nous quelques unes de ces propositions.
Jean-Pierre Meunier - Photo : C.C.

« Comme Robert Rochefort, je pense qu’il faut conforter les schémas départementaux de développement commercial (SDC) pour permettre aux techniciens et aux personnes au coeur de la problématique économique de s’exprimer à un moment donné, face à une commission qui sera composée essentiellement d’élus locaux et qui occultera peut-être ce volet. La commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) soumettra en effet son autorisation d’implantation au seul critère d’insertion du projet dans son environnement urbain, c’est-à-dire son inscription dans le périmètre défini par le Plan Local d’Urbanisme (PLU), sans vérifier s’il porte atteinte à l’équilibre commercial de la zone d’activité où il s’implante. Mais, rendre les SDC opposables aux PLU, comme le suggère M. Rochefort, risque d’entraîner des batailles juridiques interminables. D’autant plus que le seuil de demande d’autorisation d’implantation, qui pourrait être fixé à 1000 m2, est susceptible de produire des inégalités urbanistiques au détriment des commerces de plus petite surface. Je préconise que ce seuil soit abaissé à 500 m2.

Le rapport Rochefort propose de créer un conseil de surveillance du Fisac pour plus d’efficacité dans l’affectation des fonds. Selon moi, ce qui compte vraiment, c’est d’évaluer la rentabilité immédiate et future des projets, et de ne pas mettre en oeuvre des moyens pour animer des activités vouées à l’échec. Il faut être efficace, et, pour cela, on peut s’appuyer sur des manageurs commerciaux, comme le préconise le rapport. Pour permettre aux commerçants de développer de manière autonome leur activité, il faut axer notre action sur la formation. Quant à les inciter à croître en acquérant plusieurs points de vente, c’est une bonne idée, lorsque l’activité le permet. Mais là aussi, il faut les accompagner et les former pour les préparer à assumer ces responsabilités qui impliquent de nouvelles méthodes de travail. Développer le tutorat entre commerçants nécessite également de mobiliser des moyens importants et d’avoir une bonne connaissance du tissu économique local. Quant à autoriser l’ouverture des petits et moyens commerces le dimanche matin, j’y suis plutôt favorable, mais à condition d’étendre la mesure à toutes les activités et de conserver le dimanche après-midi pour la vie familiale. »

Propos recueillis par Carole Chouraqui

* Nouvelle commission qui, dans la nouvelle réglementation, devrait remplacer la CDEC


 
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