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Les Assises du Numérique
écouter et agir
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| Yves MASSOT
Vice-Président de la CCI de Touraine - Photo :D.R. |
Notre monde connaît des mutations
profondes et rapides que nous
constatons quotidiennement. Ces
évolutions s’appellent « réforme du
contrat de travail », « loi de modernisation
de l’économie », « globalisation
des échanges », « flambée du prix du
pétrole », « révolution numérique » ;
elles obligent nos entreprises à s’adapter
à leurs nouveaux marchés, à innover
sans cesse, à aller de plus en plus vite.
Dans ce monde qui bouge, nous ne
devons pas rester passifs et spectateurs.
Il faut nous adapter sans cesse, nous
remettre en question, comprendre et
anticiper l’évolution ou, plus exactement,
la révolution que nous vivons.
Paul Morand, dans son livre « 1900 »,
écrivait déjà : « Les idées circulent, la
France ne leur a pas donné naissance ;
mais, à son habitude, elle les a classées,
réparties, rendues portatives et redistribuées.
La France explique le coup plutôt
qu’elle ne le porte ». Le temps est révolu
d’expliquer, nous devons bouger, agir.
En lançant les « Assises du Numérique »,
Eric Besson, Secrétaire d’Etat au
Développement de l’économie numérique,
prend une initiative courageuse
qu’il convient de saluer à plusieurs
titres :
- sur le fond : elle va permettre d’ouvrir
un double débat : d’une part, sur la
prise de conscience dans les entreprises
que les TIC sont un moyen d’agir sur
la croissance et la productivité quelle
que soit leur taille. D’autre part, elle
peut pointer la nécessité d’adapter les
équipements de nos territoires à la
hauteur des enjeux auxquels nous
devons faire face comme le souligne
le rapport Attali à propos de l’équipement
en Haut Débit,
- sur la forme, elle démontre que
lorsqu’il faut aller vite l’État a la
capacité de mobiliser des moyens –ce
qui prouve d’ailleurs qu’il est bien
en train de se réformer-, et que c’est
en consultant, échangeant, mutualisant
les expériences de chacun que
les solutions vont émerger. En faisant
ainsi, nous ne faisons qu’appliquer
le précepte du Cardinal de Richelieu :
« Il faut écouter beaucoup et parler peu
pour bien agir ».
J’ai noté dans une conférence qui s’est
déroulée au Webcom de Montréal
en 2008 autour de l’entreprise web
2.0 deux déclarations qui démontrent
la nécessité de prendre
conscience des mutations qui s’opèrent
et de modifier rapidement notre
approche traditionnelle des choses :
- la première précise que c’est au sein
d’une organisation informelle que se
fait la majorité du travail dans les
entreprises et que survient l’innovation.
Appréhender les modes collaboratifs
(comme par exemple le web
2.0) permet de rendre cette organisation
informelle plus visible et donc
de mieux comprendre et maîtriser
dans l’entreprise les process d’innovation.
- La seconde est que pour vraiment
innover, il faut des équipes multidisciplinaires
et pas seulement des
experts. Pour rassembler ces acteurs
aux compétences variées et horizons
divers, les réseaux sociaux sont un
moyen pour une entreprise de
s’assurer que les partages du savoir
et d’expériences qu’ils fédèrent sont
un réel atout pour faire jaillir les
idées les plus pertinentes mais
aussi s’assurer des modalités
d’application.
Appartenir à un réseau est pour une
entreprise plus que jamais nécessaire
car l’isolement est synonyme dans
notre monde d’inaction et de stagnation
donc de disparition à plus ou
moins long terme. En soutenant le
dispositif Ecobiz, la CCI de Touraine
apporte un moyen d’animer les
entreprises qui souhaitent constituer
des réseaux pour échanger leurs
informations, leurs expériences,
leurs difficultés, leurs méthodes,
leurs approches,... dans lesquels tout
un chacun puisera ses sources de
réflexions, d’idées mais pourra aussi
faire évoluer ses projets. Nous
changeons de paradigme et il est
nécessaire de s’adapter au monde qui
nous entoure.
La CCI de Touraine organisera les 19
et 24 juin des ateliers dans le cadre de
ces Assises du Numérique pour
permettre aux chefs d’entreprises de
s’exprimer sur leurs difficultés,
besoins et expériences, mais aussi
pour apporter un éclairage sur cette
révolution qu’il est important de faire.
Nous ne manquerons pas ce rendezvous
pour écouter et agir.
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