A 85 : le dernier maillon
est bouclé
Atouts.
Avec l’ouverture,
ce mois-ci, du dernier
tronçon de l’autoroute
A85, entre Druye et
Saint-Romain-sur-Cher,
s’achève en même temps
le programme autoroutier
en Touraine.
Notre territoire dispose
désormais de tous
les atouts pour mériter
son titre de carrefour
routier
Annie Blanchet
 |
| Photo : D.R. - Imagie David Darrault/Dominique Couineau |
 |
| Photo : D.R. - Cofiroute |
Avantagée dans les années 70 par l’axe
autoroutier Paris-Bordeaux, la
Touraine avait depuis pris du retard en
matière d’infrastructures autoroutières.
Depuis deux ans seulement, est
opérationnelle l’A28 qui relie Tours à
Alençon en passant par le Mans, grâce à
l’ouverture de la section Tours-Ecommoy ;
elle s’inscrit dans le grand axe Calais -
Bayonne et permet de se déplacer plus
efficacement entre le nord de l’Europe et
la péninsule ibérique en évitant la région
parisienne. Il en va de même avec
l’ouverture, en janvier dernier, de la section Bourgueil - Langeais de l’A85 pour
rejoindre Angers et Nantes, et maintenant
de la livraison du chaînon manquant entre
Druye et Saint-Romain (63 km) pour relier
Angers à Bourges via Tours sans
interruption. L’A85 permet ainsi
d’améliorer considérablement l’ouverture
du territoire départemental vers la façade
atlantique et l’Est du pays. Mais son
achèvement est aussi celui du programme
autoroutier en Touraine. L’ étoile à cinq
branches attendue depuis de si nombreuses
années devient enfin une réalité.
40 à 50% du trafic.
Le
bouclage de la liaison Tours - Vierzon
porte la longueur du réseau des
autoroutes en Indre-et-Loire à 225
kilomètres. Ainsi en deux ans, de fin
2005 à fin 2007, le nombre de
kilomètres en service a plus que doublé.
“L’autoroute est un outil au service de
l’aménagement du territoire. A l’instar
du TGV ou de l’ aéroport, elle favorise
l’implantation de structures autour des
nouvelles liaisons et autres échangeurs”,
commente Christophe Martin,
chef du secteur Touraine - Poitou
Cofiroute. Pour l’heure, le trafic
attendu sur la nouvelle section Esvres
/ Saint-Aignan est de 6 000 véhicules/
jour. “D’une façon générale, on
récupère entre 40 et 50% du trafic des
routes nationales et départementales.”
Mais si la nouvelle radiale est-ouest
entre l’Atlantique et la vallée du Rhône
s’annonce prometteuse, l’axe nord-sud
reste bien sûr le plus emprunté avec 33
à 35 000 véhicules/jour en moyenne
annuelle sur l’A10.
|
Point de vue
Accélérateur du développement économique
 |
| Michel Lezeau - Photo : D.R. |
Axe central de circulation entre la façade atlantique et l’Est de la France, l’autoroute A85 est
pour beaucoup synonyme d’accélérateur du développement économique de la Touraine.
Président de l’Agence de développement de la Touraine (ADT), président de la communauté
de communes de la Confluence, vice-président du Conseil général d’Indre-et-Loire, le
député Michel Lezeau évoque les enjeux et retombées économiques pour le territoire
La Touraine au centre des grandes liaisons autoroutières est
un avantage décisif qui n’a pas échappé aux entreprises,
notamment de logistique. A titre d’exemple, l’arrivée de l’A85 à
l’ouest du département a été un réel argument pour l’implantation
de la plate-forme Système U, à Avoine, et plus largement pour
le pôle économique du Véron. Un atout qui, ajouté au soutien
fort du Conseil général en faveur de l’innovation et de la
recherche, a également permis la création, autour du CEA, du
pôle Alyance (activités liées à l’applicaton de l’hydrogène aux
nouveaux concepts énergétiques).
L’arrivée de l’A28 puis celle de l’A85 constituent des arguments de
communication
et de prospection déterminants. C’est pourquoi
l’ADT a pris la décision d’exposer à la semaine internationale du
Transport et de la Logistique (SITL) depuis deux ans. Nous avons
pu ainsi nouer des contacts prometteurs. En effet, l’A 85 est le
complément de l’A10, l’A 28, du TGV et de la présence de l’aéroport.
Les entreprises ont donc à leur disposition tous les moyens de
transport pour atteindre l’ensemble des capitales européennes en
quelques heures. Ce positionnement géographique apparaît
comme idéal pour toutes les activités économiques en général et
pour celles liées à la logistique en particulier.
Lancement de nouvelles tranches.
La communauté de
communes de la Confluence a anticipé la réalité de cette
situation privilégiée en prévoyant, il y a plus de dix ans
maintenant, la création du parc d’activité Carrefour en Touraine.
Celui-ci a connu un succès immédiat. Pour preuve, sur les 200
hectares qu’occupera ce parc au final, la première tranche de
20 hectares est déjà entièrement commercialisée. L’attention
actuellement portée sur cet espace par de nouveaux investisseurs
nous autorise à lancer les tranches suivantes.
Avec l’achèvement de l’A85, nous observons en ce qui concerne
l’aménagement
du territoire deux avantages immédiats. D’abord, le
désengorgement du réseau secondaire et l’allégement du trafic de
transit au coeur des communes sur la partie sud du territoire, autour
de Loches. Ensuite, le désenclavement de l’est du département.
Politique volontariste.
Si l’achèvement du programme
autoroutier
en Touraine est une condition nécessaire à son
développement,
elle n’est cependant pas suffisante. Il faut en
effet disposer de lieux d’accueil compétitifs et bien situés par
rapport à ces nouveaux axes d’une part, et proposer aux
entreprises des services adaptés d’autre part. C’est pourquoi la
mise en place par l’ensemble des acteurs institutionnels d’une
politique volontariste de soutien à la création ou au développement
de grands parcs d’activité est évidemment stratégique. C’est
ainsi que le territoire dispose de : Isoparc (254 ha au total), le
Papillon (52 ha), le Cassantin (70 ha) et Carrefour en Touraine.
Ils seront, à terme, rejoint par Polaxis (300 ha programmés) à
Neuillé-Pont-Pierre et, à plus long terme, Autrèche.
|
|