Bien dans son corps,
dans sa tête
La forme
Les professionnels de la forme et du bien-être multiplient les propositions
sur un marché très médiatisé et en pleine croissance
Catherine Geffroy
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La société et les medias valorisent le
corps jeune, en bonne santé, qui
inspire la forme. Mais l’importance du
physique s’accompagne aujourd’hui
d’une recherche de bien-être. Selon José Guerreiro, responsable des deux centres
de remise en forme Les Océades (Jouéles-
Tours et Saint-Cyr-sur-Loire), les
Monsieur Muscles sont en voie de
disparition. “Quand j’ai ouvert mon
premier site de remise en forme, expliquet-
il, le marché surfait sur la vague du
sport et de la sculpture du corps. Il a
beaucoup évolué depuis. Aujourd’hui, la
recherche de bien-être tend à prendre le
pas sur la performance. Dans des centres
comme le mien, le client vient certes pour être bien dans son corps mais aussi bien
dans sa tête et bien avec les autres”.
L’offre des Océades se veut ainsi très
complète pour s’adapter aux différentes
demandes : du “physique” avec la gym
traditionnelle, la musculation et le travail
de cardio training et du “bien-être” avec
l’aqua gym, la gym douce et le “pilates”.
Avec en plus des équipements de détente
pour se relaxer après l’effort : sauna,
hammam, balnéo. José Guerreiro va plus
loin encore et n’hésite pas à mettre la
notion de plaisir au centre de la remise en
forme : “Au restaurant des Océades, on
ne mange pas “diététique”, mais
gastronomique. Le resto entre dans la
dimension plaisir et le plaisir est un des
meilleurs remèdes qui soit.”
Coaching.
Kinésithérapeute depuis
22 ans, Jacques Cohen a vu défiler dans
son cabinet quantité de corps crispés et de
dos douloureux. Il y a cinq ans, dans le
prolongement de son activité de kiné, il a
créé L’Espace Béranger, en plein centreville
de Tours. Son projet : faire de la
prévention, permettre à chacun de prendre
en charge sa santé, en lui proposant des
cours de gymnastique ciblée et
personnalisée (dos, entretien, étirement,
pilates), individuels ou en petit groupe
(maximum 6 personnes). Jacques Cohen
est satisfait : “Je ne revois plus ceux quiétaient en soins kiné et qui sont en gym.
Je participe à leur propre prise en charge
de leur santé. Et ma clientèle comporte
de plus en plus d’hommes, 30 % pour la
gym, même s’il y a encore une dominante
féminine” Avec un taux de ré-abonnement
très élevé, le kiné devenu chef d’entreprise
est conscient d’avoir répondu à une
demande du marché : “L’itinéraire est
une petite structure (5 salariés) où le
client mise sur la qualité de l’encadrement :
il y a comme une sorte de contrat entre
mon client et moi. Presque du coaching.
Il a besoin d’une réponse précise à un
moment donné. Si je n’ai pas de résultats,
mon client me sanctionne.”
Massages.
Stressé par la vie
quotidienne et le travail, le consommateur
développe des envies de bien-être et
cherche des espaces où il peut “se
r é cupérer”, physiquement et
mentalement. Aux activités de remise en
forme, les Océades tout comme l’Espace
Béranger ont donc ajouté, outre des soins
esthétiques, des soins qui ont une relationà l’eau (balnéothérapie, sauna ou
hammam), des massages et des
modelages. Certains instituts de beauté ont saisi l’opportunité et développent
des démarches innovantes. A l’image de“Tendance beauté” à Ballan-Miré. Outre
les soins visage et corps et les modelages
traditionnels, Corinne Elis y propose
balnéothérapie et massages exotiques.“Les clients sont fatigués, stressés. Ils
recherchent des soins relaxants,
dynamisants, énergisants et se tournent
de plus en plus vers les techniques de
massage qui leur permettent de retrouver
le contact avec eux-mêmes. Nous les
aidons à se détendre au maximum, à évacuer les toxines et les effets du stress
et à réveiller les énergies.” Des séjoursà l’étranger ont permis à la jeune femme
de se familiariser avec des techniques
traditionnelles, comme les massages
indiens ayurvédiques. Elle s’en est
inspirée pour créer sa carte. Et faire
sortir ses clients du quotidien avec des
soins aux noms évocateurs, comme “Rêve chocolaté d’Afrique”, “Energie
d’Asie”. A L’Espace Béranger, les
massages sont californiens, thaïlandais,“au bois de bambou” ou “aux pierres
célestes”. Aux Océades, les croisières
sont “marine” ou “cocooning”. De plus
en plus, ces soins s’offrent en cadeaux :
du mari à sa femme, entre amis, pour un
anniversaire. Les sites internet, qui
drainent une large clientèle extérieure,
notamment au moment des fêtes, sont,
sur ce point, d’un précieux apport. “En
décembre, témoigne Jacques Cohen,
c’est carrément l’explosion.”
Cosmétiques.
Se confier à des
mains expertes, c’est l’idéal. Mais il est
bon aussi de prolonger les soins chez soi.
Tendance Beauté ainsi que L’Espace
Béranger et Les Océades commercialisentégalement les marques qu’ils utilisent en
cabine. Délibérément choisies dans le
haut de gamme, elles utilisent en général
des éléments naturels et authentiques :
huiles essentielles, algues et autres
produits de l’océan. Depuis quelques
années, les salles de bain accueillent en
outre de nouvelles marques, plus ou
moins confidentielles, qui proposent tout
un éventail de soins différents, teintés
d’exotisme. Des produits qui renouvellent
le plaisir du bain avec les huiles et les
pastilles effervescentes. Des crèmes et
onguents qui invitent à l’automassage.
Des soins qui ne se contentent pas
d’hydrater la peau mais qui procurent
aussi du plaisir. Et dont les ingrédients
et les noms poétiques ou exotiques
nourrissent l’imaginaire.
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Les magasins
Nature et Découvertes s’en sont fait une
spécialité : leur rayon bien-être, qui
comprend aussi des ouvrages et des
articles textiles, réaliserait 30 % de leur
chiffre d’affaires. Les grands magasins
et les parfumeries se positionnentégalement sur ce marché du bien-être
qui dépasse le phénomène de mode.
José Guerreiro en est persuadé : “Le
marché ne peut que progresser, le bien-être est devenu un besoin de consommation. Il y a vingt ans, le client
demandait si l’hôtel possédait une
piscine. Aujourd’hui, il demande s’il y a
un spa. Un spa, c’est tout à la fois des
soins esthétiques, des massages, de la
balnéo. C’est synonyme de bien-être, de
détente, de santé et de beauté.” Sa
société, Wellness Partner, travaille
actuellement avec des médecins et des
kinésithérapeutes lochois sur un projet
de création de thermes à Loches : un
projet positionné à la fois sur le médical
et le bien-être. Et, dans un avenir proche,
il prédit le développement de formules
accessibles à un large public, associant
le monde de la santé, du bien-être et de
la parapharmacie.
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