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Aménagement du territoire :
la CCI fait entendre sa voix
Réalisme. La CCI de Touraine
est un acteur avec lequel
il faut compter.
Particulièrement lorsque
sont évoquées les questions
d’aménagement
du territoire. Son approche
globale lui confère toute
légitimité à fédérer
les différents acteurs
engagés sur ces questions ;
qu’il s’agisse de l’A10 bis,
du périphérique,
du tramway
ou de la future LGV
Patrick Chateau
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| L’assemblée générale de la CCI, le 1er octobre, a été l’occasion de dessiner les perspectives d’aménagement. - Photo : Yvan Corven - Imagie |
Roger Mahoudeau, président de la
CCI de Touraine, tient pour
fondamental le développement de nos
infrastructures, car destiné à structurer
notre territoire. L’A10 bis, le bouclage du
périphérique, le tramway et la ligne à
grande vitesse ToursBordeaux,
constituent autant de sujets essentiels
pour l’avenir économique de la Touraine.
Des thèmes autour desquels il a récemment
relancé le débat (lire plus loin). “Pendant
vingt ans, nous avons attendu les
infrastructures dont nous bénéficions
aujourd’hui, expliquetil.
Dès à présent,
c’est à nous de définir celles que nous
voulons pour notre Touraine pour les
vingt prochaines années.”
A10 bis : désengorgeons
l’agglomération. Début 2008,
avec l’ouverture du tronçon de l’A85
VierzonTours,
l’agglomération détiendra
la cinquième branche de son étoile
autoroutière. Soit l’aboutissement de
vingt ans de projets, d’études et de débats
pugnaces. “C’est aussi un potentiel de
développement sans précédent pour les
échanges et les affaires entre le Sud et le
Nord, et maintenant entre l’Ouest et l’Est,
rappelle Bernard Estivin, viceprésident
de la CCI. Force est de constater que nos
infrastructures attirent : l’A28 enregistre
30 % de trafic de plus que ce qui était
prévu, et 74 000 véhicules transitent quotidiennement entre les sorties Tours
centre et Saint-Avertin. Si la Touraine est
célèbre pour ses vins, elle le sera
également l’été pour ses bouchons.”
Ces difficultés risquent d’aller en
empirant, et ce, très rapidement. Citons
entre autres, l’ouverture de l’A85, début
2008 ; l’implantation d’Ikea à la fin de la
même année (+ 5 à 6 000 véhicules/jour).
A l’horizon 2025, les hypothèses de trafic
montrent que 95 000 véhicules/jour
circuleraient dans l’agglomération (soit
25 % de plus qu’aujourd’hui) dont 20 000
à des fins de transit. Un transit qui ne
bénéficie en aucun cas à notre territoire.
En effet, il accentue plutôt les problèmes
de sécurité routière, engorge les routes et
induit davantage de pollution.
La solution ? Le détournement du trafic
par un contournement routier de
l’agglomération. “A l’heure actuelle,
nous n’avons aucune nouvelle du projet
« Corridor Ile-de-France » qui prévoit
le doublement de l’A10, et les élus locaux
divergent quant aux principes des
différents tracés, soit entre Tours et
Amboise ou bien à l’est d’Amboise, qui
irriguerait le Loir-et-Cher et le Lochois,
rappelle Bernard Estivin. Il est urgent
que la commission nationale des débats
soit saisie dans les meilleurs délais pour
finaliser un tracé.”
Bouclage du périphérique :
fluidifions la circulation
urbaine.
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| Photo : D.R. |
Voilà vingt ans que ce
projet est engagé : il est donc plus
qu’urgent de le finaliser. “En effet, la
fluidité de la circulation en centre-ville
en dépend, souligne Christian Brault,
vice-président de la CCI. Ce bouclage
n’est pas contraire à une politique de réduction de l’utilisation de la voiture.
L’usage des transports en commun, voire
d’autres moyens alternatifs, est une
question de mentalité plus que d’infrastructures.” Une chose reste certaine :
ne pas terminer ce chantier engorgera le
trafic des voiries de quartier inadaptées
pour ce flux. Le bouclage du périphérique
est donc à dissocier du projet A10 bis
(pour ne pas reproduire l’erreur commise
il y a trente ans avec le passage de
l’A10), bien que devant être réalisés
ensemble. La position de la CCI est
claire : ce bouclage doit se faire le plus
rapidement possible en étudiant toutes
les solutions pour le financement, y
compris par la mise en concession de
la partie est.
Tramway : des questions
sont posées.
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| Photo : D.R. |
La solution sur rail
est proposée. Elle représente un
investissement de l’ordre de 300 millions
d’euros. Elle entraîne des nuisances non
négligeables sur les voies ouvertes à la
circulation et déjà bien encombrées. “La
CCI de Touraine ne s’oppose pas au
projet, mais souhaite notamment un
réseau alliant bus et tramway avec une
desserte sur l’aéroport, explique Josée
le Bihan Kats, vice-présidente de la CCI.
Par ailleurs l’inquiétude des commerçants
est légitime : une cellule de
compensation serait à mettre en place
pour pallier la baisse de chiffre d’affaires
consécutive aux travaux.” Indépendamment
de ces questions, la CCI veut
s’assurer que la fluidité de la circulation
- notamment rendue possible par le
bouclage du périphérique et de l’A10 bis
- ne serait pas sacrifiée au profit d’un
tramway engloutissant tous les crédits
Les élus de la chambre consulaire
entendent donc que soit pris en
considération le phasage des investissements,
des travaux, de la mise en
oeuvre des infrastructures de l’agglomération,
en y incluant le bouclage
complet du périphérique.
Ligne à grande vitesse :
une réelle opportunité.
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| De nombreux élus ont assité à l'assemblée générale de la CCI. - Photo : Yvan Corven - Imagie |
Douze millions de voyageurs circulent
chaque année sur la ligne Paris-Tours, et
à 90 % vers Paris. “Compte tenu de la
concurrence que vont se livrer le rail et
l’aérien pour la liaison Paris-Bordeaux,
le risque est réel que le passage par
Saint-Pierre-des-Corps soit occasionnel
et que nous perdions des cadences entre
Tours et la capitale, annonce Eric
Pasquier, vice-président de la CCI. En
effet, sur la LGV, le passage par Saint-
Pierre-des-Corps fait globalement
perdre une demi-heure sur le temps de
trajet Paris-Bordeaux. Tours serait donc
pénalisé et risquerait de ne pas bénéficier
des impacts économiques que ce chantier
pourrait lui apporter.” On peut citer : les
emplois inhérents à un grand chantier de
quatre ans, et les retombées touristiques.
La CCI considère comme essentiel que
la Touraine bénéficie d’une gare
positionnée sur la LGV. Et pourquoi pas
à Montlouis comme cela avait été
envisagé il y a quelques années ?
L’agglomération de Tours a un rôle à
jouer au sein du schéma ferroviaire à
grande vitesse. Ce qui a déjà été réalisé
à Angoulême et à Poitiers - la possibilité
technique et foncière de construire une
gare à moyen terme - doit être rendu
possible à Tours pour ne pas
compromettre l’avenir
.
A10 bis
La CCI défend
le contournement
de l’agglomération tourangelle.
L’avis de… Vincent Pourquery
de Boisserin, directeur régional
de l’Equipement.
“L’avant-projet réalisé par la direction
générale des Routes évoque le
contournement par l’est. Mais, plutôt
que présenter un nouveau projet de
tracé autoroutier, peut-être convient-il
de revoir le fonctionnement interne de
l’agglomération.”
L’avis de… Michel Lezeau,député.
“Je préconise le contournement par
Autrèche afin de désenclaver Amboise
et Loches rapidement. On constate déjà
l’effet d’un nouvel accès à l’autoroute
sur l’A28 : les entreprises viennent
s’installer autour de l’échangeur sur la
ZAE Carrefour en Touraine.”
L’avis de… Jean Germain,maire de Tours.
“Je suis d’accord sur le principe du
contournement, mais nous devons
discuter du financement maintenant,
sinon nous en aurons encore pour des
années.”
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