Hervé Novelli : “la culture du résultat”
Nouvellement nommé secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’Economie,
des Finances et de l’Emploi, chargé des Entreprises et du Commerce extérieur,
Hervé Novelli a souhaité s’adresser aux entrepreneurs de Touraine
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| Hervé Novelli, secrétaire d’Etat auprès de la ministre
de l’Economie, des Finances et de l’Emploi,
chargé des Entreprises et du Commerce extérieur - Photo : D.R. |
Vous avez été nommé Secrétaire
d’Etat chargé des entreprises
et du
commerce extérieur en juin dernier.
Très vite, vous avez annoncé votre
projet baptisé “Pacte Force 5”.
Pourquoi ?
Hervé Novelli : En réunissant, au sein
d’un même département ministériel, les
entreprises et le commerce extérieur, le
Premier ministre m’a confié une
opportunité unique d’engager une action
globale et structurelle visant à améliorer
durablement
l’environnement des
entreprises sur le territoire français et
développer leur compétitivité sur le
marché mondial.
C’est l’objectif de mon Pacte Force 5
que je proposerai à l’automne avec
Christine Lagarde. Ce Pacte s’articule
autour de 5 axes prioritaires visant le
développement de nos entreprises, en
particulier les PME :
-? Simplifier l’environnement fiscal,
social et réglementaire des entreprises.
Des propositions me seront remises le
30 septembre 2007 par le groupe
d’expert que j’ai constitué.
-? Soutenir l’effort d’innovation via
notamment la réforme radicale du
crédit impôt recherche et la simplification
du paysage des acteurs de
l’aide à l’innovation.
-? Baisser la fiscalité des entreprises pour
revenir à la moyenne de nos voisins
européens.
-? Favoriser le financement des entreprises
de taille moyenne pour accélérer
leur développement.
-? Accélérer le niveau des exportations.
Vous avez annoncé la création du “Consei l des entrepreneurs”.
Pourquoi ? Quel sera son rôle ?
H.N. : La constitution du Conseil des
entrepreneurs
a pour vocation de
décloisonner le monde des entreprises et
celui de l’administration.
Aujourd’hui, il
y a une séparation trop
forte entre le public et
le privé, entre les entreprises
et les pouvoirs
publics. C’est pour cela
que le Conseil m’accompagnera
tout au long de
mon action ministérielle.
Il va me permettre
d’être en prise avec la réalité des
entreprises et d’établir un contact
permanent avec les entrepreneurs. En
effet, dans le contexte actuel de
modernisation de l’économie, il est
fondamental que les mesures qui seront
prises tiennent compte des attentes
concrètes des entrepreneurs.
Le Conseil est constitué de 15 personnes
incarnant des réussites entrepreneuriales
exemplaires, avec un équilibre entre le
nombre d’hommes et de femmes. Des
entreprises de toutes les tailles et de tous
les secteurs sont représentées.
L’objectif du Conseil est de proposer des
idées nouvelles qui pourraient être
intégrées dans le Pacte Force 5. Ainsi, les
membres du Conseil feront remonter
leurs idées concrètes pour améliorer
l’environnement des entreprises et signaleront
les défaillances qu’ils observent au
quotidien. Ils discuteront également des
mesures que je proposerai.
Décloisonner le monde
des entreprises et
celui de l’administration.
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Lors de votre récente visite officielle
en Touraine, vous avez annoncé la création d’un nouveau pôle de
compétitivité : comment voyez-vous
les relations universités-
entreprises ?
H.N. : C’est une question fondamentale.
Les relations entre les universités et les
entreprises sont beaucoup trop faibles.
Regardez la différence avec les campus
américains, par exemple ! La récente loi
votée sur l’autonomie des universités doit
nous permettre à terme de faire de celles-ci
le véritable coeur de la
recherche dans ce pays,
en favorisant
la rencontre
entre étudiants,
chercheurs et entrepreneurs.
Nous n’avons
que trop perdu de temps
dans ce domaine.
Quelles mesures allez-vous prendre
pour favoriser l’innovation au sein
des PME ?
H.N. : L’innovation est un facteur clé de
la compétitivité des entreprises françaises
et doit être soutenue par tous les moyens.
Le Premier ministre vient d’annoncer le
rapprochement d’Oséo et de l’Agence de
l’innovation industrielle. Cette clarification du paysage des acteurs de l’innovation
est fondamentale pour faciliter et
inciter les entrepreneurs dans leurs
démarches de demande de financement.
Par ailleurs, les crédits alloués vont être
réorientés en faveur des entreprises de
taille moyenne et leurs montants pourront être beaucoup plus élevés qu’auparavant.
Ils pourront désormais atteindre jusqu’à 10 millions d’euros.
Parallèlement, le gouvernement travaille
sur une réforme radicale du crédit impôt
recherche conformément à l’engagement
du Président de la République. Il sera
simplifié et élargi pour permettreà beaucoup plus d’entreprises d’en
bénéficier.
En matière de commerce extérieur,
quelles mesures allez-vous prendre
pour aider les entreprises ?
H.N. : Le Pacte Force 5 vise à améliorer
structurellement l’environnement des
entreprises françaises pour leur permettre
d’être plus compétitives par rapportà leurs concurrentes, notamment les
entreprises allemandes, 1ères exportatrices
mondiales. L’Allemagne est le seul pays à maintenir ses parts de marché faceà l’émergence
de la
Chine. C’est donc
une référence pour
nous. Si nous comparons
la structure
de nos entreprises à celles de
l’Allemagne, nous nous apercevons
qu’il y a deux fois plus d’entreprises
moyennes Outre-Rhin et qu’elles sont
plus exportatrices et plus innovantes.
Il y a deux fois plus d’entreprises moyennes
Outre-Rhin et elles sont plus exportatrices
et plus innovantes
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C’est pour cette raison que le
développement des PME de taille
moyenne sera l’axe majeur de
mon action.
Vous avez annoncé le doublement du
nombre de Volontaires Internationaux
en Entreprise en 2 ans. C’est un
objectif ambitieux…
H.N. : Je veux faire des Volontaires
Internationaux en Entreprise (VIE), les
volontaires de l’entreprise France.
Aujourd’hui, il y a 5 000 VIE qui
développent nos entreprises sur les
5 continents. Je souhaite qu’il y en ait
10 000 dans les deux ans, c’est-à-dire que
nous offrions à deux fois plus de jeunes
l’opportunité de se battre sur les marchés
internationaux et de se familiariser à la
compétition mondiale, qui est aujourd’hui
le défi de notre pays. Par ailleurs, le VIE
est une solution extraordinaire pour
réduire le chômage des jeunes. A l’issu de
cette expérience, près de 80 % de ces
jeunes sont embauchés dans l’entreprise
qui les a envoyés à l’étranger.
Vous vous êtes exprimé sur la culture
du résultat. Quels sont pour vous les
principaux indicateurs qui doivent
témoigner de votre action ?
H.N. : Ayant été pendant plus de 25 ans
dirigeant d’une PME en Indre-et-Loire,
je suis un homme de terrain et un
pragmatique. Je veux inscrire mon action
au sein du gouvernement dans la culture
du résultat comme je l’ai toujours fait.
C’est pour cela que je suis en train de
fixer des indicateurs pertinents pour
mesurer l’impact de l’action engagée.
Echanges
Université d’été du MEDEF : la Touraine y était
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| Une partie de la délégation tourangelle
à l’université d’été du Medef - Photo : M.L. - Medef Touraine |
29, 30 et 31 août, sur le campus
HEC de Jouy en Josas,
sur le thème “Jouer le jeu”…
L'actualité de la rentrée est
particulièrement riche, et l’Université d’été du MEDEF qui s’est tenue fin août
avec des personnalités compétentes sur
les questions éthiques, économiques ou
financières, a permis à une délégation
d’une vingtaine de représentants de notre
département, invitée par le président du
MEDEF Touraine, Bruno Gonzague,
d’échanger sur le thème “Jouer le jeu” avec 4 000 dirigeants de TPE/TPI, PME/
PMI et grandes entreprises venus de la
France entière.
“Jouer le jeu”, c’est réfléchir sur le
développement durable et les nouvelles
règles qui organisent désormais notre
monde : nouveaux rapports humains,
nouveaux impératifs, nouveaux
principes. “Jouer le jeu” c’est respecter
ses partenaires, créer les conditions
d’une confiance mutuelle, en tenant ses
engagements et ses promesses. “Jouer l
jeu” c’est être loyal et vouloir construire
avec, et non pas contre. “Jouer le jeu” c’est être équitable en faisant en sorte
que chacun ait sa chance.
Pour la présidente nationale, Laurence
Parisot, ces trois jours ont permis de “prendre conscience que nous ne
sommes pas seuls aux monde” et que “l’aire de jeu dans laquelle nous évoluons est planétaire” grâce à une
trentaine d’ateliers et plénières proposés
aux participants.
De nombreuses personnalités politiques, économiques, avaient réponduà l’invitation de Laurence Parisot, avec en
point d’orgue, le Président de la
République, Nicolas Sarkozy, venu
présenter le programme économique du
gouvernement.
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