Opinion - Les 10 propositions de la FFB

Les 10 propositions de la FFB

Expertise.
La Fédération française du Bâtiment (FFB) a publiéau printemps dernier ses “10 propositions pour un quinquennat”. Deux élections plus tard, Bernard Hibert, président de la FFB 37, en commente quelques-unes : heures supplémentaires, TVA, politique du logement et développement durable

Propos recueillis par Odile Ménard


Photo : Bernard Hibert, président de la FFB 37

Forte d’une activité très soutenue, la FFB a lancé 10 propositions : pour le bâtiment ou pour le pays ?

Bernard Hibert : Ces 10 propositions nous semblent être de nature à engager le pays. Elles sont issues de la réflexion de l’ensemble du réseau FFB et nous revendiquons la paternité d’un certain nombre de mesures prises par le gouvernement.

La libération des heures supplémentaires devrait vous satisfaire…

B.H : Le secteur du Bâtiment a été l’élément moteur de la réflexion. En “travaillant plus pour gagner plus”, il en va de l’amélioration du pouvoir d’achat. Ainsi, en Touraine, toutes nos entreprises recourent aux heures supplémentaires : ce n’est pas une contrainte, c’est même apprécié. En les exonérant de charges toutes les autres, y compris celles de l’hôtellerie et de la restauration, vont pouvoir le faire. Nous n’avons pas attendu pour augmenter le pouvoir d’achat de nos salariés en revalorisant très largement les salaires dans la branche bâtiment. Aujourd’hui, nous tournonsà plein régime et nous n’avons jamais eu autant d’apprentis ! C’est donc aussi la preuve que l’accompagnement des politiques salariales a des conséquences sur l’attractivité des métiers.

Autre proposition : entériner leprincipe de la TVA à taux réduit.Quels sont vos arguments ?

B.H : Depuis la mise en place de la TVAà taux réduit sur les travaux d’amélioration et d’entretien des logements, la croissance du secteur bâtiment est très forte. Les expertises de la FFB ont permis au gouvernement de nourrir sa politique fiscale. En France, nous avons pu réduire ainsi le travail clandestin, créer des emplois et augmenter le pouvoir d’achat des ménages. Mais c’est une affaire très complexe : le choix français n’est pas celui d’autres pays de l’Union européenne. La mesure est certes prolongée jusqu’en 2010 mais pas pérennisée. Il faut donc engager de nouvelles négociations via la Fédération internationale et européenne de la construction (FIEC), dans laquelle la FFB est très impliquée.

Bien évidemment, vous avez donné votre avis sur la pol itique du logement…

B.H : En 2006, nous avons atteint un niveau record depuis 30 ans avec la réalisation de 420 000 logements en France. En Touraine, 4 400 logements ontété réalisés mais les besoins restent très importants. Et il faut aujourd’hui soutenir l’accession à la propriété. En effet, un français sur deux ne peut y accéder et reste locataire. Nous menons une réflexion en ce sens avec les organismes HLM. Il existe aussi une vraie question sur la politique foncière et les réservesà développer, de manière à ce que l’achat d’un terrain ne grève pas la possibilité qu’auront les ménages de construire.

Le secteur du bâtiment est au premier rang des acteurs de l’économie d’énergie. Quel les solutions“durables” pouvez-vous proposer ?

B.H : Nous, entrepreneurs, nous voulons faire du logement et des économies d’énergie, en faisant en sorte de moins impacter l’environnement par une bonne gestion des déchets que nous générons et en proposant de l’éco-construction. Dans cet esprit, nous voulons que les prestations des entreprises soient reconnues, prises en compte, et que soit accepté le prix de la qualité de la“construction durable”.


Les “10 propositions pour un quinquennat”

1 • Maintenir une fiscalité adaptée de l’investissement locatif privé
2 • Rendre définitive la TVA à taux réduit
3 • Réduire tous les délais de paiement
4 • Développer l’accession à la propriété
5 • Sauvegarder le dispositif d’allègement des charges
6 • Améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments existants
7 • Faciliter les constructions “durables” par un COS majoré
8 • Libérer les heures supplémentaires
9 • Moderniser le financement de l’apprentissage
10 • Remettre la formation continue au coeur de l’entreprise.


Mécénat : l’appel du Medef Touraine

Bruno Gonzague, président du Medef Touraine - Photo : O.M.

Le Medef Touraine a créé un groupe de travail sur l’art, le sport et la culture. Dans quel but ?

Bruno Gonzague : Le Medef, en Touraine comme au plan national, mène des actions pédagogiques auprès des entreprises. Dans ce cadre, il y a un an, l’un de nos groupes de travail s’est constitué sur le thème “Art, sport et culture”, piloté par François Mairel, responsable de la société Indena à Tours Nord. En effet, les entreprises s’intéressent à ces trois domaines, plus qu’il n’y paraît aux yeux du grand public, et certaines y consacrent des budgets relativement conséquents. D’ailleurs, sans elles, nous n’aurions pas de sportifs de haut niveau en France ! Nous voulons montrer à un plus grand nombre l’intérêt du mécénat et du sponsoring.

Le 18 octobre, que pourront apprendre les chefs d’entreprise ?

B.G : Cette réunion est organisée en partenariat avec le Conseil général, la DRAC (direction régionale des affaires culturelles), l’Ordre des expertscomptables. A cette occasion, nous expliquerons à l’assemblée la différence entre mécénat et sponsoring, ainsi que les aspects fiscaux, notamment la réduction jusqu’à 60 % de l’investissement relatif au mécénat (sous certaines conditions). Nous attendons l’intervention de Patrick Findeling, président de l’association Mécénat Touraine Entreprises créée sous l’égide de la CCI, des témoignages humanitaires et caritatifs, ainsi que ceux de grands clubs de sport de Touraine.

Vous-même avez engagé votre entreprise dans des actions de mécénat. Quel bénéfice en tirez-vous ?

B.G : Toute entreprise, quelle que soit sa taille, a intérêt à faire entrer l’art, le sport, la culture dans ses murs : en terme d’image interne, pour les salariés, et externe, pour les clients. Ce sont réellement des sources d’épanouissement et de motivation pour tous. • Réunion le 18 octobre à la Maison des sports et des associations, Tours Nord, à 18 heures.


Coté, décoté… Que l’on nous explique !

Tous les chefs d’entreprise le savent bien ; chaque année, ils doivent adresser leurs comptes annuels à un certain nombre d’organismes dont la Banque de France (BdF), plus précisément à la Centrale des Bilans ; cette dernière procède alors, après analyse, à l’élaboration de la fameuse Cotation BdF, gage et support de la confiance des tiers prêteurs dans la solvabilité de l’entreprise ; une bonne cotation revêt pour la plupart des dirigeants une signification importante autant financière (pour leur TPE/PME, accès facilité au financement dans de bonnes conditions de taux voire de garantie) que morale (satisfaction personnelle et reconnaissance de bonne gestion).
Dans ces conditions, beaucoup de dirigeants ont dû être déçus, comme je l’avoue avoir été très fortement, à la réception de leur cotation annuelle. Comment comprendre en effet une détérioration, soit-elle minime, de sa cotation alors que durant l’exercice examiné, son entreprise s’est agrandie, a investi, a embauché, bref s’est développée ?
Comment aussi admettre cette dégradation de cotation sans qu’une seule visite de l’entreprise ou qu’un entretien pour le moins avec son dirigeant n’aient eu lieu afin de bien comprendre les contextes spécifiques et donc d’adapter les notations en conséquence ?
Le moment de mauvaise surprise passé, il faut en chercher les raisons et comprendre, à travers la mondialisation et notamment l’application des accords de Bâle II et des nouvelles normes IFRS (International Financial Reporting Standart) un changement d’approche des partenaires financiers envers les entreprises à fortiori les TPE/PME désormais considérées comme “risque accru” donc décotées.
Le monde bouge, les règles financières changent, la cotation BdF évolue ; le déficit de communication, lui, demeure, intact et palpable. A partir du moment où toutes nos entreprises sont concernées, la CCI de Touraine se doit d’intervenir pour le réduire, pour expliquer le pourquoi des choses simplement et concrètement, pour faire comprendre à nos ressortissants les enjeux et les modalités afin qu’ils puissent les connaître et s’adapter dans leur gestion quotidienne.
Problème posé, problème à moitié résolu ?
Messieurs les examinateurs, vous qui nous examinez et nous cotez, parfois sans nous voir, vous avez la parole ! Expliqueznous le pourquoi des choses !
Nos tribunes vous sont largement ouvertes.

Christian Brault, Vice-président de la CCI de Touraine