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Iter, projet mondial aux retombées locales
Opportunités.
Futur réacteur international de recherches destiné à étudier la possibilité de produire de l’électricité en grande quantité au moyen de la fusion nucléaire, Iter constitue un immense défi technique et scientifique pour l’avenir énergétique de notre planète. Son implantation sur le site français de Cadarache va permettre des retombées économiques pour la région PACA, mais aussi pour le reste du territoire français.
Les entreprises tourangelles s’y intéressent d’embléeAnnie Blanchet
1 - Schéma général de l’installation principale
2 - Vue des tours réfrigérantes
3 - Résistance thermonucléaire - Photo : D.R.D’abord, un petit rappel. Placé sous l’autorité de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) des Nations-Unies, le projet Iter (International Thermonuclear Experminental Reactor) est né en 1985, à l’initiative de l’ex- URSS. Il vise à reproduire sur terre, de manière contrôlée et industrielle, la fusion nucléaire, source d’énergie des étoiles. Contrairement à la fission, qui consiste à casser de gros atomes, Iter devra en effet reproduire les 100 millions de degrés nécessaires pour que de petits atomes fusionnent et libèrent de l’énergie.
Le projet devrait voir le jour en 2014 et être exploité pendant 20 ans. En cas de succès, l’humanité disposera d’une nouvelle source d’énergie propre, sans risque et quasi inépuisable. L’enjeu est donc considérable pour notre avenir en raison de la raréfaction des énergies fossiles et de leur impact sur notre environnement. Iter réunit actuellement sept partenaires : Etats-Unis, Japon, Corée du Sud, Chine, Russie, Inde et Union européenne (UE). Leader dans la recherche sur la fusion depuis cinquante ans, l’Europe est donc fortement impliquée dans cette coopération scientifique planétaire.
50% par l’UE.
Avec le début des travaux de construction du projet en 2007, Iter entre désormais dans une phase de réalisation concrète. Il représente un investissement global de près de 10 milliards d’euros sur 40 ans, dont près de la moitié sera engagée sur les 10 prochaines années pour l’installation du réacteur sur le site de Cadarache. Pour mémoire, Cadarache est un centre de recherche du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Il est aussi l’un des plus importants centres de R&D technologiques pour l’énergie en Europe. Le financement du projet est assuré par les sept partenaires : six d’entre eux apportent chacun une contribution de 10 % dans la phase de construction ; l’UE 50 %, dont 40 % sur le budget Euratom et 10 % pour la France. Soit un total de 110 % en vue de faire face aux aléas techniques.
3 niveaux d’acteurs.
L’organisation d’Iter s’articule autour de trois niveaux. Le premier avec l’organisation internationale, également appelée ILE (International Legal Entity), qui est responsable de la construction et de l’exploitation de l’installation de recherche. Implantée sur le site de Cadarache, l’ILE établit les spécifications techniques des composants et équipe ments. Le second niveau est constitué par les “agences domestiques”. Chaque partenaire ITER met en place une agence domestique dont la mission est de fournir, selon les spécifications établies par l’ILE, sa part de composants qui seront ensuite assemblés sur site. L’agence domestique européenne (ELE), implantée à Barcelone, assurera la fourniture de près de la moitié des composants de haute technologie entrant dans le projet ; elle soutiendra également d’autres projets. Le troisième niveau est représenté par l’organisation française. Les actions mises en oeuvre au plan national pour accueillir le projet en France sont coordonnées par François d’Aubert, haut représentant auprès du Gouvernement.
Sur le plan régional, la mission d’accom pagnement Iter, placée sous l’autorité du préfet de région PACA, est en charge de la réalisation des équipements régionaux. Quant à l’agence Iter France (AIF) créée au sein du CEA, elle est responsable notamment de l’accueil des collaborateurs Iter, des travaux de viabilisation du site et des dossiers de sûreté.
Mobilisation industrielle.
Le tissu industriel et économique français va pouvoir tirer profit de ce projet mondial, notamment pendant la phase de construction sur le site de Cadarache. “Le Comité industriel Iter (C2I) mis en place a pour enjeu la structuration d’une filière industrielle européenne de la fusion. Il vise à mobiliser les industriels sur le projet et à organiser la capacité de réponse d’entreprises de toutes tailles aux différents appelsà projets. Un des premiers objectifs du Comité est de donner aux entreprises françaises les moyens de pouvoir se porter candidates dans les meilleures conditions”, commente la chargée de mission Iter, Sabine Portier. Placés sous la coordination du C2I, des groupes de travail ont été créés dans plusieurs domaines : BTP, cryogénie, aimants, chambre à vide et première paroi, maintenance téléopérée et robotique, ingénierie et services, diagnostics optique, alimentation de puissance et distribution électrique… “Ces groupes de travail comprennent systématiquement des représentants du CEA, des pôles de compétitivité, fédérations ou syndicats professionnels concernés, ainsi qu’un représentant de la région PACA.”
Interface utile.
Par ailleurs, les pôles de compétitivité liés à l’énergie s’impliquent dans l’information des entreprises sur Iter. Pour jouer ce rôle d’interface en région Centre, le pôle Sciences et systèmes de l’énergie électrique, S2E2, (pôle regroupant une cinquantaine d’entreprises et une quinzaine de laboratoires publics, dont l’animation et la présidence sont hébergées chez STMicroelectronics, à Tours- Nord) a désigné parmi ses membres Roger Milly, directeur technique de la société A2E Technologies (Loiret). “Ma mission consiste, explique-t-il,à transmettre aux partenaires du pôle les informations sur le projet et sur les appels d’offres à venir. Concernant la fourniture des équipements et composants alloués à l’Europe, les cahiers des charges sont actuellement en cours de validation, à Barcelone, pour un lancement fin 2007.”
CONTACTS :
Pour disposer des bonnes infos, trois sites à privilégier :
www.iter.org
www.efda.org
www.iterentreprises.com destiné aux entreprises régionales et aux PME/PMI qui souhaitent répondre aux appels à projet
Pour s’inscrire dans le groupe de travail ad hoc :
mission-iter@paca.pref.gouv.fr
Pour consulter les appels d’offres :
www.marches.publics.gouv.fr
Pour toute question :
sabine.portier@paca.pref.gouv.fr
04 91 13 60 86 ou 06 77 72 34 94
Les différents maîtres d’ouvrage
• Agence Iter France
- Viabilisation du site de 180 ha
- Bâtiments annexes
- Missions déléguées
• Conseil régional PACA
- Ecole internationale à Manosque
• Direction régionale de l’Equipement
- Aménagement routier de 100 km entre Fos et Cadarache pour le transport
et l’acheminement des pièces
- Pour les routes départementales, le Conseil général (13) par délégation
• Agences domestiques des 7 partenaires Iter
- Fournitures des composants et équipements alloués
• Organisation internationale Iter
- R&D
- Composants, équipements et prestations non alloués à un partenaire spécifique
- Assemblage du réacteur
Participer au projet
Se préparer dès maintenantLes domaines d’activités liés à Iter sont nombreux et diversifiés. Les secteurs les plus concernés durant la phase de construction seront les industries de biens d’équipement mécaniques, électriques et électroniques, de métallurgie et de transformation des métaux, sans oublier le secteur des services. C’est la concurrence qui présidera à l’attribution des marchés entre les différents fournisseurs et sous-traitants.
Comme dans toutes les autres régions, en Touraine les entreprises intéressées savent qu’elles ont à se préparer dès maintenant. Leur intérêt est en effet de se positionner en amont des marchés. Comme dans toutes les aut res régions , les entreprises de Touraine intéressées par Iter sont conscientes qu’elles ont à se préparer dès maintenant. Leur intérêt est en effet de se positionner en amont des marchés. Parmi les défis à relever : celui du prix, qui sera un critère déterminant dans l’attribution des lots”, souligne Gérard Bouyer, vice-président de la CCI de Touraine.
Précisons également que dans Iter rien n’est simple, rien n’est acquis. Le caractère international impliquant de travailler en anglais, la durée, le nombre de maîtres d’ouvrage potentiels, le chiffrageà géométrie variable, la complexitéde l’allotissement… sont autant d’aspects qui rendent difficile son appréhension pour les entreprises, notamment pour les PME.
Attentes concrètes.
Afin de présenter Iter et les perspectives de débouchés pour la région Centre, la CRCI Centre et le pôle S2E2 ont organisé en avril dernier, avec le soutien de la Drire Centre, une réunionàPolytech’Orléans. “Pour la soixantaine d’entreprises présentes, il s’agissait surtout de mener une première réflexion et de vérifier si elles avaient effectivement les compétences pour se porter candidates”, explique Gonda de Bruin, responsable Pôle salons et manifestations à la CRCI Centre.
“A l’issue de cette présentation, plus d’un tiers d’entre elles se sont dites intéressées par le programme Iter, avec des attentes concrètes dans le cadre d’une démarche d’accompagnement pour assurer au niveau approprié leur participation. Ces attentes portent sur les procédures de mise en concurrence, la connaissance des marchés, l’accès à l’information sur les lots (nature, taille, délais), mais aussi sur le financement dans le cadre d’un développement technologique (aide pour la R&D, frais d’étude et d’industrialisation), ou encore sur l’aideàl’introduction sur le marché en tant que nouveaux fournisseurs du nucléaire, sur les partenariats à nouer avec des entreprises de leur secteur d’activité…”
Fournisseurs potentiels.
Parmi les nombreux marchés concernés par Iter figure la maîtrise d’oeuvre informatique. La jeune société Codetic Services (CA 1,2 ME ; 22 salariés), à Saint- Avertin, s’y intéresse de très près. “Notre activitépremière est la valorisation de prototypes issus des centres R&D ou des laboratoires techniques, explique le président de la sociétéPierre Agostini. L’innovationétant au coeur de notre métier, nous nous sentons d’autant plus attirés par le projet.” C’est également le caractère hautement technologique de certains marchés d’Iter qui mobilise l’attention de Eri Automation, à Joué-lès- Tours. L’entreprise (CA 12 ME ; 100 salariés) est spécialisée dans la conception et fabrication de lignes automatisées ou robotisées pour de grandes entreprises de tous secteurs industriels. La conception est assurée par son propre bureau d’études de 45 ingénieurs et techniciens. “Les marchés d’Iter sont à la fois importants et très techniques. Cela implique un travail considérable dans la réalisation des avantprojets, et donc des coûts élevés, que ne peut pas normalement se permettre une PME”, observe le dirigeant de l’entreprise Michel Gaumet.
Photo : D.R. Avec les grands groupes.
La soustraitance constitue l’autre voie possible pour profiter des marchés d’Iter. Dans le Loiret, le concepteur dans l’électronique de puissance et la haute énergie impulsionnelle A2E Technologies est plus particulièrement intéressé par certains appels d’offres qui seront émis par la Chine, l’Inde, la Corée du sud… “L’une des difficultés est que ces pays ne suivent pas toujours les règles internationales de mise en concurrence. Notre objectif est de nous appuyer sur les organismes ou sur les réseaux (Alstom, Areva… ) et de nous positionner en qualité de sous-traitant.”
Cette approche est également partagée par l’entreprise Cetil à Montbazon, (CA 4,1 ME ; 54 salariés), spécialisée dans la tôlerie industrielle haut de gamme. “Nous n’avons pas le dimensionnement nécessaire pour nous porter directement candidat. Nous avons déjà l’expérience de la sous-traitance pour le compte de grands groupes internationaux, dans le domaine de la technologie laser notamment...”, explique le responsable commercial Stéphane Vantouroux. Il confie également compter sur les réunions complémentaires qui seront organisées sur Iter par la CRCI Centre et le pôle de compétitivité S2E2 “pour savoir quelles sont, sur la région, les entreprises susceptibles de prendre en direct le marchétouchant à son secteur d’activité.”