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Immobilier d'entreprises : la CCI prend la situation en main!

Action.
L’étude sur le marché de l’immobilier menée par l’Observatoire de l’économie et des territoires de Touraine prend désormais en compte les opérations réalisées au sein des communautés de communes du département. Constatant une pénurie de l’offre dans certaines gammes de produits, la CCI de Touraine engage un programme d’investissement foncier destiné aux PME en quête de locaux d’activité mixtes

Patrick Chateau


Gérard Bouyer, vice-président de la CCI de Touraine

"Le marché tertiaire de l’immobilier d’entreprises se développe mais connaît actuellement un effet “accordéon” bien connu, remarque Gérard Bouyer, vice-président de la CCI de Touraine : une forte demande entraîne la construction de nouveaux programmes jusqu’à ce qu’un coup d’arrêt soit donné avant la surproduction. Il est clair que l’arrivée d’entreprises comme Mecachrome, MAAF ou Bouygues lui a donné un coup de fouet. En revanche, la Touraine présente des lacunes en matière de locaux d’activité et d’entrepôts. D’un côté, nous manquons de grandes surfaces logistiques du fait de la lenteur de prise de décision des collectivités locales. Des années peuvent s’écouler entre l’émergence du besoin et sa réponse. Un industriel est en droit de l’espérer au bout de quelques mois comme c’est le cas en Asie. Les PME sont également handicapées par le manque de locaux mixtes et de petites surfaces. Cette pénurie conduit la CCI à relancer sa politique d’offre immobilière en direction des entreprises qui voient les délais s’allonger - parfois elles comptent en années - avant d’obtenir satisfaction ; et ce, aussi bien en location qu’avec option d’achat. C’est la raison pour laquelle la CCI de Touraine reprend les choses en main. Nous avons décidé d’acquérir un terrain d’une vingtaine d’hectares au nord de l’agglomération tourangelle. Il sera destiné à la construction de locaux mixtes accessibles en location ou avec option d’achat”, annonce Gérard Bouyer.

Bernard Estivin, vice-président de la CCI de Touraine

Bernard Estivin, vice-président de la CCI de Touraine, s’appuie également sur l’étude menée par l’Observatoire de l’économie et des territoires de Touraine qui consacre le travail mené en commun par la CCI, les collectivités territoriales et les professionnels de l’immobilier. “Chaque année, il nous offre une vision globale du marché. Ainsi, ensemble, nous sommes en mesure de répondre à la demande d’entreprises qui ont compris que la Touraine demeure une destination intéressante. De ce point de vue, l’achèvement du carrefour logistique lui confère un avantage indéniable. Le marché met du temps à se structurer, mais je suis optimiste. Je crois au développement de l’activité logistique en Touraine, mais pas n’importe où et dans n’importe quelles conditions. Nous devons plus que jamais tenir compte du marché.”

Objectif atteint.
L’Observatoire de l’économie et des territoires de Touraine (OE2T) a en effet récemment rendu ses conclusions sur le marché de l’immobilier d’entreprises de l’année 2006. L’objectif poursuivi est de nouveau atteint : connaître et analyser l’état de l’évolution des transactions sur ce secteur. Cet indicateur est devenu incontournable depuis sa mise en place en 1999. Il fait référence auprès des collectivités territoriales, des professionnels et des entreprises désireuses de s’implanter dans le département. “Cette étude a porté sur les opérations faisant l’objet d’une commercialisation, insiste François Pillot, membre de la FNAIM Entreprises, commission de conseils spécialisés en immobilier d’entreprises. Elle concerne exclusivement les locaux d’activités et les bureaux. Les terrains, les locaux commerciaux et les opérations d’auto-construction échappent donc à cette démarche.”

Tertiaire : transactions record.
D’emblée, l’OE2T annonce une forte croissance pour le marché des bureaux. Avec près de 31 500 m2 placés en 2006, c’est la seconde fois en trois ans que le marché de l’agglomération tourangelle passe la barre des 30 000 m2 ; infirmant l’idée reçue selon laquelle les opérations sur ce périmètre s’établiraient habituellement aux alentours de 22 000 m2. Avec 31 500 m2 de bureaux placés, cette croissance s’établit à plus de 17 %. Un résultat satisfaisant qui vient confirmer les bonnes données de 2005. La Touraine enregistre même un record de transactions : 128 contre 86 l’année précédente. Le marché semble avoir été dynamisé par l’arrivée de nouvelles entreprises telles Bouygues Immobilier, Mecachrome, Maaf, ou encore Matmut ; soit une vingtaine d’établissements pour quelque 450 emplois créés. Les bureaux proposés en location représentent encore 84 % des transactions tant les espaces mis en vente (20) figurent parmi les denrées rares. Il s’agit du chiffre le plus faible enregistré depuis 2002. Autre constat : ce sont les produits neufs qui dynamisent le marché (Aéronef, Nodal, Mirabeau...). Anoter, l’absence de programmes de ce type en 2007 alors qu’ils seront nombreux en 2008, notamment sur la commune de Tours (Lions d’Azur, Acti-Campus, Aéronef...). En 2006, Tours et Saint-Avertin (Granges-Galand) ont, à elles seules, été le cadre de 108 des 128 transactions. “La tendance à l’achat reste forte pour des bureaux de qualité, précise Francois Pillot. Il n’existe aucun frein dès lors que le marché est en mesure de fournir des espaces équipés, à l’endroit adapté et au prix adéquat. Mais les investisseurs se désintéressent logiquement de ces gros bâtiments tertiaires en attente de restructuration. C’est par exemple le cas des immeubles des années 70 de type Champ-Girault. Aujourd’hui, ces bâtiments pèsent lourd dans les stocks.”

Moins de 500 m2.
Enfin, ce sont les surfaces inférieures à 500 m2 qui se taillent la part du lion (et particulièrement la tranche de 101 à 200 m2) avec 112 opérations ; soit un volume total de 16 551 m2. La société de services informatiques Umanis présente exactement ce type de profil. “A partir de la fin octobre 2006, nous avons cherché un site à tarif attractif et agréable à vivre en termes de services et de transports pour implanter cette extension de notre siège parisien, explique Xavier Hubier, responsable du centre de Saint-Avertin. Nos interlocuteurs ont très rapidement trouvé ce plateau de 400 m2 aux Granges-Galand puisque la première proposition fut la bonne. Il convient bien à l’activité de nos 30 salariés. Une extension est même prévue pour nous permettre d’accueillir 20 personnes supplémentaires d’ici à la fin de l’année, pour un total de 80 à 90 début 2008.” L’autre caractéristique de la demande est la progression significative des transactions portant sur les surfaces moyennes (de 501 à 1 000 m2). En revanche, la tranche supérieure enregistre une diminution des opérations pour la seconde année consécutive.

Cirmad : une nouvelle réalisation en faveur de la logistique en Touraine - Photo : D.R.

Locaux d’activité et entrepôts.
Avec un résultat avoisinant 34 500 m2, le niveau de commercialisation des locaux d’activité et des entrepôts reste globalement stable. Néanmoins, il se situe très nettement au-dessus des chiffres observés entre 2002 et 2004. Par ailleurs, le nombre de transactions a progressé de 43,7 % : 46 en 2006 contre 32 en 2005, avec une surface moyenne qui a fortement diminué. Dorénavant, elle s’établit à 750 m2. En effet, 80,4 % des demandes concernaient des surfaces inférieures à 1 000 m2. Par ailleurs, plus du tiers des locaux placés avaient une superficie comprise entre 251 et 500 m2. La démarche de CBE vient infirmer cette tendance. Jusqu’au mois de janvier, c’est à la Riche et à Ballan-Miré que cette entreprise fabriquait des moules d’acier pour voussoir en béton destinés à la fabrication de tunnels. “Nous souhaitions rationaliser nos activités et assurer notre développement dans des conditions optimales”, précise Didier Lefebvre, président directeur général. Environ une année et demie sera consacrée à la recherche du site idéal. Il devait permettre d’associer production et administration. “Nous souhaitions rester sur l’agglomération pour conserver la centaine de personnes travaillant pour CBE”, ajoute-t-il. Après plusieurs propositions inadaptées, c’est à Saint-Avertin que CBE a pu acquérir ce site regroupant 500 m2 de bureaux, 2 000 m2 d’ateliers et plus 3 000 m2 de réserve foncière. Malgré un certain renouvellement de l’offre en 2006, les bâtiments offrant un niveau qualitatif élevé sont insuffisamment nombreux, notamment pour les superficies supérieures à 500 m2. Al’image du marché de bureaux, la part des transactions réalisées à la vente a diminué. Néanmoins, l’offre se renouvelle. Trois produits neufs ont été commercialisés en 2006.