Entreprendre / Tendance Commerce

L’agglomération de Loches conforte
sa position de pôle local

Attractive
Alors que le programme d’aménagement du centre-ville s’est achevé avec succès et que le sud s’est rempli, Loches entame un rééquilibrage commercial au nord

Catherine Geffroy


Photo : O.M.

Loches est une ville de 6 370 habitants (en 2005) qui rayonne sur un large territoire à dominante rurale : le Lochois. Un territoire bien identifié dont l’appartenance est fortement valorisée par ses habitants. Ces derniers possèdent en effet une image positive de leur pays, centrée autour de l’authenticité et de la qualité de vie. La ville de Loches participe de cette image, comme le souligne Martine Colin, présidente de l’Union commerciale de Loches. “Nous vivons dans une jolie ville, une ville attractive”. Rappelons que Loches a été pionnière dans le département en matière de rénovation urbaine. En huit ans, (de 1996 à 2004), grâce à un vaste programme de réhabilitation mené par la municipalité, le centre-ville a opéré son lifting : du revêtement des rues à la rénovation de façades en passant par le fleurissement. L’opération a même intégré la création d’un parking en plein centre. Au total, la ville affiche douze parkings et mille places de stationnement. Ils desservent un centre-ville bien circonscrit, fait d’un jeu de places et de rues qui permettent au chaland de varier ses parcours : dont la place de la Marne, la rue de la République, la Grande-Rue, la place au Blé, les rues Picois, Descartes et Balzac. Le centre-ville présente une offre globalement diversifiée : 81 commerces et services, 17 cafés-hôtels-restaurants, un supermarché ATAC de 700 m2 qui assure un rôle de locomotive avec Styleco - une enseigne spécialisée en équipement de la personne de 740 m2 - et un marché non sédentaire deux fois par semaine. Tiré par l’équipement de la personne et les produits dits de culture et de loisirs, le centre-ville compte encore neuf alimentaires traditionnels. Pour Nathalie Bonvalet, animatrice chargée du commerce à la Mairie de Loches, “le commerce du centre-ville de Loches a particulièrement évolué au cours des trois dernières années. Les différents secteurs d’activité – équipement de la personne, décoration-cadeaux, esthétiquebeauté – ont trouvé leur équilibre”. Le développement du tertiaire y est cependant très visible : on recense aujourd’hui pas moins de quinze agences bancaires, immobilières et compagnies d’assurances. Mais il est vrai que le taux de vacance de locaux commerciaux y est très faible. Et que les commerçants continuent à parier sur le centre-ville : en rénovant leurs boutiques, en ouvrant des points de vente alimentaires ou bien en introduisant de nouvelles marques de vêtements féminins.

Périphérie.
Deux pôles de périphérie complètent l’offre lochoise. Le pôle sud, à cheval sur Loches et Perrusson, le long de la route de Châteauroux, s’articule autour d’un Centre Leclerc de 4 200 m2 et d’un Mr Bricolage de 2 400 m2. Plusieurs grandes surfaces spécialisées sont venues récemment l’étoffer : Intersport en 2003, Défi Mode en 2005, Gifi en 2006. Aujourd’hui, le pôle sud compte douze grandes surfaces spécialisées totalisant 12 700 m2 . L’autre pôle, au nord de la ville, sur la zone des Bournais, est tiré par un Super U de 2 750 m2, il compte sept grandes surfaces (soit un total de 11 732 m2), dont une jardinerie “France rurale” de 2 196 m2. Apparemment en retard sur le sud, le nord s’apprête à rétablir l’équilibre avec le transfertextension du Super U et le déménagement de la jardinerie. La Commission Départementale des Equipements Commerciaux (CDEC) du 27 février 2007 a autorisé Super U à se transférer sur 4 200 m2, de l’autre côté de la rocade. Il serait accompagné d’un Espace culturel U de 800 m2 et d’une galerie de 280 m2.
Une fois ce projet réalisé, les deux pôles seront saturés. C’est pourquoi la Communauté de communes a réservé, dans le cadre de son Plan local d’urbanisme, un espace de 40 ha dédié à la création d’un nouveau site d’activité, le site du Marchais Lecomte, au niveau de la route de Ligueil.

Développement.
“Le développement de la périphérie conforte quelque part Loches dans son rôle de ville-centre” affirme Martine Colin qui constate que “les limites de la zone de chalandise ont bougé et se sont agrandies.” Les clients du pôle Loches-Perrusson viennent d’une large zone : limitée au nord par les grands équipements commerciaux de l’agglomération tourangelle, elle s’étend au sud au-delà du département, jusqu’à Châtillon-sur-Indre. Loches peut en outre compter sur une clientèle touristique, dont beaucoup d’étrangers qui donnent à la ville, en saison, une ambiance de vacances. Ouverte fin 2004, la résidence Pierre et Vacances, avec ses 90 appartements en plein centre-ville, a un impact non négligeable sur le commerce et la restauration. Les vacances scolaires amènent également beaucoup de monde dans les rues de Loches : rappelons que le Pays lochois compte 26 % des résidences secondaires du département. “Toutes les occasions de courts séjours sont bénéfiques au commerce de Loches” observe Nathalie Bonvalet. Les élus lochois considèrent aujourd’hui que le tourisme constitue un levier majeur de développement économique de leur territoire. Parmi les projets de la Communauté de communes, citons la création d’un centre de balnéothérapie de 550 m2 à Loches, destiné à la fois à la clientèle lochoise pour de la remise en forme, en liaison avec les professions médicales locales, et à la clientèle touristique pour des séjours de soins. “A l’échelle du Pays, explique Patrick Foloppe, vice-président de la Communauté de communes Loches Développement et adjoint au maire de Loches, nous sommes les premiers en Indre-et- Loire à avoir mis en place une structure pour faire évoluer le tourisme et fédérer tous les acteurs. L’Agence touristique du développement de la Touraine Côté Sud a un réel pouvoir avec un vrai budget. L’impact de nos actions sur la fréquentation et l’activité touristique est encore difficile à mesurer mais le nombre de demandes au guichet de l’Office de Tourisme de Loches est en constante progression depuis six ans. Il a atteint en 2006 le chiffre de 23 492 demandes”.
Outre le tourisme, le commerce lochois peut aussi s’appuyer sur une évolution démographique positive, au moins sur la communauté de communes et les communes du nord du Lochois, qui s’explique par la présence du Node Park de Tauxigny (800 emplois) et par un apport important de population provenant de l’agglomération tourangelle.


Zone de chalandise

La zone d’attraction globale s’étend de Saint-Branchs au Grand-Pressigny à l’ouest, de Cormery à Luzillé au nord, de Nouans-les-Fontaines à Châtillon-sur-Indre à l’est et à Preuilly-sur-Claise au sud. Soit un potentiel d’environ 46 900 habitants (au recensement de 1999), répartis en trois zones d’attraction décroissante. L’attraction de Loches est :
- forte sur la zone primaire : 97 % pour les produits alimentaires et 59 % pour les produits non alimentaires
- assez forte sur la zone secondaire : entre 38 et 52 % sur le nord du canton de Loches, Montrésor et Ligueil pour les produits alimentaires, entre 29 et 37 % pour les produits non alimentaires
- significative sur la zone tertiaire : entre 17 % et 28 % pour les produits alimentaires sur le secteur du Grand-Pressigny et sur l’Indre, entre 14 et 21 % pour les produits non alimentaires.

Globalement, les taux d’attraction de Loches sont plus élevés que ceux exercés par les pôles d’Amboise et de Chinon sur leurs zones respectives. Notamment sur la zone primaire : 47 à 58 % pour Chinon, 65 % pour Amboise, 75 % pour Loches.