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Grands groupes et PME - Les enjeux d'une relation toujours plus étroite
Ensemble.
Les projets collaboratifs constituent désormais le modèle de référence
adopté par les Régions, la France et l’Union européenne. Ils sont également
incontournables pour les grandes et les petites entreprises. Les pôles
de compétitivité représentent un laboratoire en la matière. Dans ce cadre
comme dans la relation quotidienne client-fournisseur, les PME ne peuvent
plus ignorer cette évolution synonyme de création de richesse économique
Patrick Chateau
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| Jean-Luc Ansel - Photo : D.R. |
Comment partager équitablement les
fruits de la recherche collaborative
entre une grande entreprise, des PME et
un laboratoire de recherche ? Et surtout,
sans conflit autour de la propriété intellectuelle
? Voilà deux questions – parmi
d’autres – que sont amenées à se poser les
nombreuses PME aujourd’hui engagées
au sein d’un pôle de compétitivité. Tous
les fournisseurs ou sous-traitants de grands
groupes doivent également évaluer les
risques de voir leur innovation détournée,
ou même d’être “absorbés” par le partenaire
devenu trop gourmand. Néanmoins, tous
ont à coeur d’améliorer leurs performances
pour travailler plus vite et mieux avec leurs
donneurs d’ordres, pour répondre à une
offre globale, ou développer de nouveaux
produits complexes. De fait, les structures
évoluent, les technologies numériques
s’imposent au coeur des processus pour
faciliter l’intégration dans des filières.
Aujourd’hui incontournable, la soustraitance
de spécialité a émergé dans le
secteur automobile avant de se généraliser
à toutes les autres activités industrielles.
Depuis une dizaine d’années, le rapport
de forces a pris la direction d’un meilleur
équilibre entre clients et fournisseurs. Des
liens de dépendances demeurent encore.
Comment les preneurs d’ordres peuventils
s’en affranchir pour établir une relation gagnant-gagnant avec les
donneurs d’ordres ? Par exemple, avec
de grands projets économiques que les
grands groupes savent mener. Ils ont
cette capacité d’entraînement pour
rallier les PME, hésitantes à s’attaquer
à de gros projets.
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| Daniel Mechaussie et Jean-Luc Morand - Photo : P.C. |
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| STMicroelectronics, à Tours - Photo : D.R. - ST Tours |
Pôle de réseaux. “Les PME
trouvent aisément leur place au sein de la
Cosmetic Valley car c’est avant tout un pôle
de réseaux constitué à leur demande, assure
Jean-Luc Ansel, son directeur général. La
majeure partie des 120 entreprises qui le
constituent – sans oublier les universités,
laboratoires de recherche... – sont des PME
qui nous ont rejoints pour bénéficier du
travail de fertilisation engagé entre elles
au sein de projets de recherche, ou avec
des groupes multinationaux.” Le 12 juillet
2005, le pôle de compétitivité Cosmetic
Valley a officialisé son savoir-faire de
premier réseau mondial d’industriels de la
beauté. Le potentiel de recherche coopérative
y a rapidement été mis en évidence :
en deux mois douze projets ont vu le jour
et deux finalement labellisés ; notamment
celui de cosméto-textile de la société
Spincontrol, mené en partenariat avec
l’université François-Rabelais. “Ces projets
rassemblent fréquemment des groupes et
leur fournisseurs ou partenaires soustraitants,
ajoute-t-il. Bien sûr, rien n’empêche
les gros de manger les plus petits.
Néanmoins, les grands préfèrent grappiller
des compétences ici ou là plutôt que
disposer d’un seul et même savoir-faire.
Ils ont compris l’intérêt d’un réseau de
proximité. Et les PME ont l’habitude de
travailler dans ces conditions.”
Accélérateur. Daniel Mechaussie et
Jean-Luc Morand, respectivement président
et directeur des projets du pôle de
compétitivité “Sciences et systèmes de
l’énergie électrique” (S2E2), reconnaissent
que les PME sont de prime abord dubitatives
quant à l’opportunité d’y adhérer.
Puis, elles le seraient de moins en moins
à la lecture des 22 projets
de recherche labellisés
(dont 12 financés),
jusqu’à admettre son
rôle de fort accélérateur.
“Les réactions demeurent
très variables et
t o u j o u r s liées à la
personnalité du chef
d’entreprise”, ajoutentils.
La taille moyenne
des pôles de compétitivité
français oscille autour
de 77 adhérents.
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Là encore, les PME
constituent la majeure
partie de la soixantaine d’adhérents au pôle
S2E2. Le tandem continue à parcourir le
terrain pour tenter de convaincre le plus
grand nombre possible des 200 entreprises
potentiellement concernées. L’objectif :
en regrouper une petite centaine à l’horizon
2008/2009 ; la taille moyenne des pôles
français oscillant autour de 77 adhérents.
Force leur est de constater que le nombre
d’adhérents – et la qualité des savoir-faire
et des partenariats – est un des principaux
paramètres octroyant la visibilité nationale
et internationale. Aeux de comprendre où
se situe le point de croisement de l’intérêt
des différents industriels pour créer un
projet collaboratif. Les grands servant de
locomotive aux “petits”. “Le terme de
grand-frère est plus approprié car nous
mettons tout dans la balance pour littéralement
propulser la PME qui se lance dans
un projet à nos côtés, précisent les deux
hommes, cette fois au titre de salariés de
STMicroelectronics. Par exemple, nous
leur confions des prototypes qu’elles
n’auraient pu se procurer
avant deux ans sur
le marché.” Mais quid
de la protection intellectuelle
? “Notre savoirfaire
leur fait gagner
beaucoup de temps,
précisent-ils encore. Et
puis nous procédons
de la même manière
qu’avec des interlocuteurs
tels que Philips ou
Thales : nous sommes d’accord pour
collaborer en amont du projet de recherche
et chacun se replie dès lors que se
profile l’application finale.” Ils rappellent
enfin que le financement des projets
représente une forte incitation à travailler
ensemble (jusqu’à 45 % de subvention
pour une PME). “Concrètement, l’adhésion
au pôle peut permettre à toutes ces
entreprises de couvrir correctement leurs
charges de R&D”.
Espace et qualité.
“La loi visant
l’adaptation des logements aux personnes
à mobilité réduite va également profiter à
l’ensemble de la population, ajoute
Mathieu Julien. Elle aura une incidence
sur le coût de la construction, mais aussi
sur la qualité de l’espace dévolu aux
occupants.” Néanmoins, n’allons pas en
conclure que les acteurs du bâtiment
seraient uniquement “suiveurs” en la
matière. Ils savent aussi faire preuve
d’imagination. On le constate dans le
domaine de l’énergie, du développement
durable ou de la recherche de nouveaux
matériaux (voir 2e partie du dossier). “Les
métiers du bâtiment restent de formidables
intégrateurs de technologies et procédés
novateurs, rappelle Bernard Hibert. Nous
avons un rôle prospectif important à jouer
en matière de consommation d’énergie, de
réduction des déchets...” Dans le cadre de
ses rendez-vous, la FFB souhaite que ses
adhérents bénéficient du fruit de
son action tout en leur donnant
matière à réflexion. “Nous
n’avancerons qu’en
appréhendant
ces questions collectivement, assure-t-il.
Notre participation au groupe de travail
de la CCI, voire de manière plus
lointaine dans la constitution
de la future matériauthèque,
souligne la nécessité de se
projeter dans l’avenir pour
peser plus efficacement
sur le développement de
l’offre.”
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