Biomasse
De l’énergie
à revendre
Filière.
La biomasse, c’est la quantité totale de matière constituée
par toutes les espèces vivantes présentes dans un milieu
naturel. On distingue la biomasse animale, végétale... et,
parmi celle-ci, la biomasse source potentielle d’énergie, objet
de l’organisation d’une filière par les trois chambres
consulaires de Touraine
Odile Ménard et Patrick Chateau
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La société CEL, filiale d’Hervé Thermique, a
installé une chaudière bois à la chambre
d’agriculture. Photo : D.R. |
La Chambre d’agriculture est à l’initiative
de la création d’une filière
Biomasse, un projet auquel se sont associées
la Chambre de métiers et de l’artisanat
d’Indre-et-Loire et la Chambre de
commerce et d’industrie de Touraine. La
“tri-consulaire” travaille ainsi depuis 2006
à la constitution de cette filière, qui va du
producteur au consommateur, avec des
intentions claires : trouver une alternative
à la ressource pétrolière, répondre aux
objectifs de développement durable et
mettre en route un moteur de croissance
pour toutes les entreprises, agricoles, artisanales
et industrielles.
Le développement espéré porte sur la valorisation
de l’espace agricole “notamment
en remettant en production des terres
actuellement en jachère” souligne Patrick
Cintrat, président de la chambre d’agriculture
d’Indre-et-Loire, avec du miscanthus
(roseau de Chine, lire plus loin) ou du
panic érigé, deux plantes à fort pouvoir
calorifique. Outre la production, la filière
intègrera les activités de transformation,
de logistique et de commercialisation
“d’une énergie à moindre coût, propre et
renouvelable” à destination notamment
d’équipements de chauffage dans les entreprises
ou de centrales électriques utilisant
la cogénération. Sont bien sûr invitées à
s’y associer les sociétés qui travaillent à la
mise au point et à la fabrication d’équipements
(chaudières et matériels...), ainsi
que les installateurs.
Pour que cette filière fonctionne, “il est
nécessaire que chacun y trouve son
compte, et que l’engagement soit pris du
producteur au consommateur” insistait
Patrick Cintrat, lors d’une première journée
de réflexion en septembre dernier.
Atelis veille.
“Est-il possible de créer
une filière biomasse, avec qui, et pour
quelle finalité ?” C’est à peu près en ces
termes qu’Atelis - l’atelier d’intelligence
stratégique de l’Escem Tours-Poitiers -
présentera prochainement ce sujet de
recherche au groupe d’étudiants chargé de
lui donner corps. “Il s’agit d’une étude de
veille stratégique et économique sur les
acteurs de la filière biomasse, de l’agriculteur
au technicien chargé d’installer et
d’entretenir les installations de production
d’énergie renouvelable, ainsi que les
aspects logistiques liés à la distribution”,
explique Pierre Larrat, directeur d’Atelis.
Cette étude pourrait être la première étape
d’un travail d’accompagnement à la
création de la filière biomasse en Touraine ;
travail qui ferait intervenir un partenariat
des acteurs locaux. Les résultats du groupe
Atelis sont attendus pour la fin mai 2007.
Les étudiants de Polytech’
Tours en piste.
Neuf étudiants en
magistère “aménagement du territoire” de
Polytech’Tours ont consacré leur mois de
janvier au devenir de notre atmosphère. En
effet, Reynald Bavay, de l’Agence d’urbanisme,
et José Serrano, maître de conférence,
leur avaient confié un sujet pour le moins d’actualité. “Comment inscrire des filières
de production d’énergie biomasse sur notre
territoire ; à savoir les territoires couverts
par les SCOT de l’agglomération tourangelle
et du Pays Loire Nature, précise-t-il.
Ce travail s’accompagnait d’une comparaison
des conséquences économiques et
territoriales de plusieurs filières de
production d’énergie”. En effet, la production
d’énergies renouvelables d’origine
biologique entraîne une prise de conscience
plus nette de la nécessité du maintien
d’une agriculture de proximité. Cette étude
présente différents scénarios encourageant
le développement de telles filières, notamment
dans le domaine du bois-énergie, de
la méthanisation et de l’huile végétale pure.
Un outil précieux pour aider les collectivités
à organiser les acteurs sur leur territoire.
L’avenir du miscanthus
giganteus.
Le miscanthus giganteus
ou roseau de Chine s’apprête-t-il à
révolutionner le monde agricole et nos
habitudes de consommateurs d’énergie ?
C’est en tout cas ce que laisse entendre
Christophe Bersonnet, à la chambre
d’agriculture, animateur du groupement
de développement agricole du quart nordouest
de la Touraine : “La France s’intéresse
depuis peu au rendement énergétique
de cette plante ornementale introduite au
Danemark dans les années 20”.
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Lors de la cérémonie des voeux de la “triconsulaire”,
fin janvier, Patrick Cintrat (ici
entouré de Roger Mahoudeau et Jean-Vincent
Boussiquet) s’est félicité de l’avancement du
projet de la filière Biomasse : “Nous avons un
vrai défi à relever pour réduire notre
dépendance énergétique, et pour réduire l’effet
de serre. Nous entrons dans le concret.” Photo : O.M. |
Elle est
intéressante d’abord par sa capacité à
produire rapidement. “Les rhizomes colonisent
un champ en trois ans. Après chaque
récolte effectuée en hiver, la plante repart
pour une autre période de croissance”. Le
miscanthus demande peu d’intrants chimiques
et préfère les sols fertiles. Enfin, elle
offre un fort rendement énergétique. “Le
ratio de l’énergie restituée sur celle
consommée pour la production est de 36
contre 0,7 à 0,8 pour l’énergie fossile, et
0,3 pour l’électricité”. Si les perspectives
sont énormes, elles ne peuvent s’évaluer
sans conditions. “Le prix des énergies
renouvelables ne pourra être inférieur à
celui des énergies fossiles, annonce-t-il.
Ce type de culture doit être économiquement
viable, écologiquement responsable
et socialement sur un mode gagnant-gagnant”.
Au printemps, environ 40 ha
devraient s’ajouter aux 20 ha déjà plantés.
CEL apporte son expérience.
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| Photo : D.R.. |
Distributeur exclusif du leader européen de
la chaudière bois, l’autrichien Fröling, CEL
(Chauffage par les énergies locales) inscrit
son action dans le développement des énergies
renouvelables. En novembre dernier,
l’entreprise a installé un modèle de 300 KW
à la chambre d’agriculture. “Il s’accompagne
obligatoirement d’une démarche de
conseil pour adapter le produit et le
combustible au besoin du client, commente
Christian Laffont, directeur de cette filiale
du groupe Hervé. Car on ne brûle pas
n’importe quoi dans n’importe quelles
conditions ; au risque de s’infliger une perte
de rendement”. Ici, le combustible prend
la forme de plaquettes de la taille d’une
petite boîte d’allumettes au taux d’humidité
idéal de 25 %.
En forte progression depuis
2004, l’activité de CEL s’oriente également
vers le solaire ; pourquoi pas couplé avec
l’énergie-bois en hiver ?
Le bois a rendu GPM énergétiquement
autonome.
Voilà déjà
10 ans que GPM Industries a délaissé le
gaz au profit d’une chaudière bois pour
produire l’énergie nécessaire aux étapes
d’étuve et de séchage. L’entreprise de l’Ile-
Bouchard traite annuellement 3 500 à
4 000 m3 de grumes de hêtre transformées
en produits de plaquage de qualité et
d’épaisseur différentes. De la grume au
produit fini, 50 % de déchets restent à la
charge de l’entreprise. “Autrefois, nous en
vendions une partie et détruisions l’autre
sans la valoriser, explique Jean-Luc Dupont,
son responsable. En brûlant nos rebuts,
cette chaudière nous a rendus autonomes
en fonctionnant en 3 x 8, 7 jours sur 7”. Il
se félicite du “gain financier essentiel”
compte tenu du volume colossal de combustible
utilisé. Soit 300 000 euros d’investissement
et 50 000 euros de gain annuel. La
filière biomasse triconsulaire a proposé à
l’entreprise CEL un partenariat technique
concernant l’essai de combustion du
miscanthus giganteus.
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Qu’est-ce que la biomasse ?
Le terme de biomasse regroupe l’ensemble
des sources potentielles d’énergies
provenant de la dégradation de la
matière organique produite à partir de
l’énergie solaire, transformée par les
plantes chlorophylliennes utilisées soit
directement (bois énergie), soit après
une méthanisation de la matière organique
(biogaz) ou de nouvelles transformations
chimiques (biocarburant).
Exemples de biomasses :
- produits, déchets et résidus provenant
de l’agriculture (restes de plantes,
lisiers...), de la sylviculture et des
industries connexes, des déchets et
résidus végétaux de l’industrie.
- le bois et les résidus verts, la paille, la
bagasse de canne à sucre, les céréales,
les betteraves sucrières, le colza, le
palmier à huile, les plantes dédiées tel
le miscanthus.
La biomasse peut être valorisée :
- sous forme de chaleur ou sous forme
d’électricité et de vapeur d’eau via sa
combustion,
- sous forme d’huile ou par distillation
pour des biocarburants,
- sous forme de gaz via la méthanisation.
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