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Amboise consolide sa zone de chalandise

Perspectives.
Les pôles commerciaux d’Amboise, de Chinon et de Loches ont en commun une réelle autonomie ainsi qu’une solide attractivité touristique. Cependant, ils évoluent différemment. Touraine Eco se propose d’en brosser les évolutions les plus notables et les perspectives connues. Premier des trois dossiers : le pôle amboisien

Catherine Geffroy


Rive gauche, rive droite : une seule entité commerciale. - Photo : O.M.

Amboise, Chinon et Loches constituent les trois pôles commerciaux secondaires du département. S’ils ne sauraient faire équilibre avec l’agglomération tourangelle sur le plan de l’offre, ils n’en constituent pas moins une alternative locale suffisante dans les domaines d’approvisionnement les plus courants. Chacun dessert une zone de chalandise autonome et bénéficie en outre d’un apport de clientèle touristique important.

Amboise, au Top Ten.
François 1er et son château royal, Léonard de Vinci et le Clos Lucé : avec de tels aïeux, la cité fait partie du “top ten” touristique tourangeau. Plus de 27 000 visites par an à l’office de tourisme, 335 000 entrées au château et 250 000 au Clos Lucé. De Pâques à octobre, les visiteurs déambulent dans les rues du centre-ville et leurs dépenses contribuent au maintien d’un tissu commercial cohérent. Mais Amboise, avec toutes les communes qui l’environnent, connaît aussi un réel dynamisme démographique et économique - c’est un des pôles d’emploi majeurs de la Touraine : chaque jour, des habitants de l’agglomération tourangelle viennent y travailler. “C’est là toute la particularité du commerce amboisien qui doit s’adapter à une double demande, amboisienne et touristique.” constate Isabelle Gaudron, adjointe au maire d’Amboise et viceprésidente de la communauté de communes du Val d’Amboise. Apriori, il ne se sort pas mal de l’exercice puisqu’en dix ans, si l’on exclut l’alimentaire traditionnel, le nombre de boutiques amboisiennes s’est accru de 8 %. Pendant ce temps, le commerce de périphérie poursuivait son développement : tant le site Léonard de Vinci à l’est d’Amboise que celui de la “rive droite” qui englobe les zones commerciales de Pocésur- Cisse et de Nazelles-Négron. En 2004, l’enquête réalisée par la CCI de Touraine sur les flux de consommation en Indre-et-Loire estimait qu’ensemble, les trois sites représentaient 85 % du chiffre total du pôle : 20 % pour le centre-ville d’Amboise, 38 % pour la zone Léonard de Vinci (un hypermarché Centre Leclerc et sa galerie marchande, quatre grandes surfaces spécialisées) et 27 % pour la rive droite, tirée par un magasin Bricomarché et un supermarché Intermarché.

Spécialisation.
Le centre-ville présente l’avantage d’être très lisible : les commerces sont regroupés dans un périmètre limité (la place Michel-Debré devant le château, le quai du Général-de- Gaulle face à la Loire, la rue Nationale et ses rues adjacentes, la place Saint-Denis et son cinéma), mais son fonctionnement est pénalisé par l’absence de boucle commerciale. Il concentre près de quatre commerces amboisiens sur cinq (hors cafés, hôtels et restaurants) et accueille la quasi-totalité des magasins positionnés sur les secteurs culture-loisirs-cadeaux et équipement de la personne. Comme partout ailleurs, et malgré le maintien d’un commerce de proximité de base, l’alimentaire traditionnel s’est progressivement effacé devant les commerces spécialisés (épiceries fines, vins, salons de thé). Depuis trois ans, le centreville connaît un certain renouvellement. Principalement rue Nationale qui constitue l’axe commercial majeur du centre-ville avec près de 80 points de vente. “La rue Nationale se met à répondre aux attentes d’une clientèle plus jeune”, estime Christian Benoist, président de l’Union commerciale. “On va vers du plus qualitatif : des projets étudiés, mûris, plus en phase avec la demande des consommateurs” ajoute Isabelle Gaudron. Elle observe avec satisfaction “la rue Nationale retrouver une nouvelle dynamique sur l’ensemble de la rue, jusqu’à la place Saint-Denis”. Cette dynamique va se poursuivre en 2008 avec l’extension très attendue de l’Espace Culturel Leclerc sur 800 m2. Difficile enfin de parler du commerce d’Amboise sans évoquer son marché de plein air, celui du dimanche surtout, le plus important du département et qui étend son influence jusque sur le Loiret- Cher. “Son impact sur le centre-ville est difficile à évaluer, mais, oui, il amène une clientèle différente, tourangelle notamment, qui vient se balader rue Nationale” déclare Christian Benoist.

Périphérie.
C’est en périphérie d’Amboise que les changements les plus importants sont attendus. Le Centre Leclerc d’Amboise achève ses travaux d’extension qui porteront sa surface de vente à 6 071 m2 en mars prochain. Dans la foulée, son directeur, Jean-Luc Roché, réaménage et étend sa galerie marchande pour y accueillir de nouvelles boutiques dont un magasin de jouets de 377 m2 et un espace multimedia de 384 m2. Sur la rive droite, Veti vient de procéder à une extension de 400 m2. Tandis que la CDEC a autorisé Intermarché à porter sa surface de vente à 3 382 m2 et Point P à s’installer sur 734 m2 sur la ZAC Saint-Maurice. L’équipement commercial pourrait encore sensiblement évoluer dans les années qui viennent. 2007 verra la création d’un magasin Lidl (route de Tours) tandis qu’Aldi programme son arrivée : les deux hard-discount ouvriront chacun sur moins de 300 m2. 2008 sera peut-être l’année de lancement de la ZAC Saint-Maurice à Nazelles-Négron. “Ces derniers temps, nous étions contactés par des enseignes qui voulaient s’installer mais nous manquions de surfaces à leur proposer, explique Isabelle Gaudron. Pour répondre à ces demandes en les maîtrisant, la communauté de communes du Val d’Amboise envisage la création d’un nouveau site commercial et tertiaire de 6 484 m2 de surface commerciale pouvant accueillir des enseignes d’équipement de la personne, de la maison et de cultureloisirs. “C’est un moyen pour notre commerce de conforter son emprise sur sa zone de chalandise. Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes dans une logique de concurrence entre territoires”. Le projet ne semble guère émouvoir Christian Benoist : “Les grandes surfaces ne peuvent plus guère nous grignoter. Nous sommes arrivés à un point d’équilibre qui a l’air de tenir. Chacun a pris ses marques. Et puis l’important, c’est d’associer les différentes formes de commerce pour créer du flux de clientèle sur le pôle”.


Un dispositif innovant

Entre 2002 et 2005, une ORAC (Opération de restructuration du Commerce et de l’Artisanat) a été mise en place sur le Pays Loire Touraine. L’opération visait à favoriser la création, le maintien et le développement d’activités artisanales et commerciales par le biais d’aides financières à la rénovation de l’outil de travail. Le bilan (193 projets ont été soutenus) s’est révélé nettement positif et les élus de la Communauté de communes du Val d’Amboise ont souhaité mettre en place un dispositif d’aide directe aux petites entreprises. Validé par la Région, il sera financé par la Communauté de communes elle-même, et effectif dès le début 2007.


Une zone de chalandise étendue

La zone d’attraction globale s’étend de Vouvray à l’ouest, jusqu’à Onzain et Montrichard à l’est, et de Neuillé-le-Lierre au nord, à Bléré au sud. Soit un potentiel d’environ 54 700 habitants au recensement de 1999. “Les communes situées sur ce large axe ligérien se caractérisent par un habitat quasi continu, une bonne densité de population et des clients dotés d’un pouvoir d’achat correct” analyse Jean-Pierre Meunier, responsable du Bricomarché de Pocé-sur-Cisse.

Taux d’attraction en alimentaire :
- 91 % sur la zone primaire (Amboise, Nazelles, Pocé et les communes limitrophes).
- 15 % sur Bléré et les communes environnantes,
- 10 % sur Onzain et ses environs,
- 8 % sur l’est du canton de Vouvray
- 6 % sur Montrichard et ses environs.

Taux d’attraction en non alimentaire :
- 51 % sur la zone primaire,
- 11 % sur la zone secondaire,
- 7 % sur la zone tertiaire.