Services
à la personne :
en voie de
professionnalisation
Structuration.
Ménage, repassage, garde d’enfants,
jardinage, bricolage, dépannage informatique...
Le développement du marché des services à la personne est
en plein devenir. Plusieurs entreprises ont vu le jour
en Touraine. Trois d’entre elles témoignent sur un marché
en cours de structuration, et donc de professionnalisation
Patrick Chateau
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1 - Haci Kozan et François Bruneau - Photo : P.C.
2 - Patrick Giezek et Jean-Charles Roux - Photo : P.C.
3 - Antoine Doury et Mickaël Lefeuvre - Photo : P.C. |
Avec 65 000 emplois créés au premier
semestre 2006 au niveau national et
un taux de croissance de 8 %, le secteur
des services à la personne se développe
rapidement. Au début du mois de
septembre, il comptait 10 000 entreprises
et associations agréées. Il y a peu, les opérateurs
structurés étaient principalement des
associations ou des entreprises d’insertion
(environ 5 000). Aujourd’hui, avec l’ouverture
de la déduction fiscale de 50 % des
dépenses engagées, les entreprises s’y font
de moins en moins rares. Plusieurs études
réalisées ces dernières années (BIPE,
INSEE, CREDOC, ministère du Travail)
font apparaître d’importantes perspectives
de développement. Elles ont été évaluées
à plus de 5,3 milliards d’euros. Ce domaine
d’activité représenterait également un gisement
de plus de 300 000 emplois. A cela
s’ajoute le retard “culturel” propre à la
France : selon le ministère de la Cohésion
sociale, 90 % des français souhaitaient
utiliser de tels services, mais seuls 3 % des
salariés y avaient accès, contre 50 % au
Canada ou 30 % aux Etats-Unis.
Un bon démarrage.
Un retard
que Saines Services à domicile espère
bien contribuer à combler. Depuis
mai 2006, cette entreprise située à Tours
entend bénéficier de la part des particuliers
de la notoriété acquise auprès des
professionnels par sa grande soeur Saines
Nettoyage. Son créneau : le ménage, le
jardinage et le dépannage informatique.
“Le démarrage se déroule parfaitement,
même si nous espérions une demande
encore plus conséquente, expliquent Haci
Kozan et François Bruneau, les cogérants.
Finalement, c’est plutôt mieux
car nous n’aurions pas été en mesure d’y
répondre dans les meilleures conditions.”
Présente sur l’Indre-et-Loire et sur le Loiret-
Cher, cette structure compte aujourd’hui
un effectif de 17 personnes, soit six
postes en équivalent temps plein. “Il
existe encore deux freins structurels à
l’éclosion de ce marché, ajoutent-ils. Le
fait que nos concitoyens ne soient pas
encore tout à fait prêts à passer par l’intermédiaire
d’entreprises comme la nôtre,
et l’habitude prise à faire appel au travail
“au noir” : sept milliards d’euros transiteraient
encore de la main à la main.”
Pour gagner des parts de marché, Saines
Services à domicile se fixe deux objectifs
: d’abord créer l’indispensable climat
de confiance nécessaire à ce type de transaction.
Outre une bonne expérience, le
candidat devra être à même de
comprendre la psychologie d’un client
qui, par principe, rechigne à ouvrir sa
porte à de parfaits inconnus. L’entreprise
gagne donc du temps en recrutant parmi
les salariés de Saines Nettoyage en quête
d’un salaire de complément. Second
objectif : aller au-delà de la demande du
client pour renforcer ce climat de
confiance “Sans lequel on ne dure pas”,
concluent-ils.
Durer, c’est bien le but que se sont aussi
fixé Antoine Doury et Mickaël Lefeuvre, les associés-créateurs d’Alentours en
avril 2003. “Nous allons octroyer nos
premières primes d’ancienneté, commentent-
ils. C’est rare dans ce métier.” Cette
entreprise de Joué-lès-Tours évoluant
principalement sur Tours et sa première
couronne propose exclusivement des
services de ménage et repassage. “C’est
là que réside le besoin principal,” expliquent-
ils en précisant viser principalement
les actifs, et particulièrement les
cadres supérieurs. “Nous proposons une
approche simplifiée du service à domicile
: le client gagne du temps dans sa
recherche de personnel et se voit déchargé
de sa responsabilité d’employeur.”
Résultat : 12 postes équivalent temps plein
et un chiffre d’affaires en progression de
60 % entre 2005 et 2006. Leur recette tient
notamment dans cette volonté de vérifier
l’adéquation entre la demande du client
et le travail à effectuer réellement. Leur
succès réside aussi dans leur capacité à
éviter le renouvellement du personnel
pour mériter la satisfaction de leurs interlocuteurs.
Ils annoncent un taux de 98 %
de satisfaction d’une année sur l’autre.
“Nous proposons donc des salaires
décents et des CDI à nos salariés”, ajoutent-
ils, en déconseillant ce métier aux
rêveurs et aux optimistes. Ils en côtoient
quelques-uns parmi les porteurs de projets
les sollicitant régulièrement. Et ce sont
les plus sérieux à qui ils ont proposé d’ouvrir
leurs nouvelles agences de Brest,
Angers, Montpellier, Quimper et Cholet.
Gérées par la holding Alentours
Développement, elles ont toutes vocation
à devenir indépendantes. “Aujourd’hui,
nous participons à une véritable course
au territoire”.
Favoriser son développement.
Une course dans laquelle Patrick
Giezek et Jean-Charles Roux semblent
bien décidés à ne pas faire figure de spectateurs.
Les co-gérants de Menadom.net
ont créé leur entreprise en juin 2006 dans
le quartier du Sanitas à Tours. “Pour nous,
cela a un sens de proposer des emplois à
la population d’un quartier qui en a besoin,
expliquent-ils. Et les conditions fiscales
favorables découlant de cette implantation
en zone de renouvellement urbain vont
favoriser notre développement.”
L’offre de
Menadom.net se veut
large : ménage-repassage
(40 % de l’activité),
garde d’enfants
(40 %), informatiquejardinage-
bricolage
(20 %). “Nous sommes
persuadés que les
entreprises qui se développeront
sont celles
qui sauront proposer le maximum de
services”, ajoutent-ils. Ancien du monde
automobile et de l’électronique, les deux
associés ont décidé d’appliquer les
méthodes de leurs précédents métiers aux
services à domicile, particulièrement dans
le domaine de la qualité et de la recherche
de clients. “Nous consacrons beaucoup
de temps : d’abord pour gagner la
confiance de notre futur client, et ensuite
pour sélectionner les candidates, précisent-
ils. Chaque entretien d’embauche dure
une heure trente et nous ne retiendrons en
moyenne qu’une personne sur vingt-cinq.”
Aujourd’hui, l’équipe se compose de
18 personnes de tout âge travaillant de
15 heures à 31 heures hebdomadaires.
Parmi les projets de cette jeune société :
l’ouverture de filiales régionales et la création
d’un outil de développement destiné
à professionnaliser les intervenants.
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