Actualité / Repères Conception produits : écoutons nos sens
Colloque. Dans quelques mois, Tours accueillera un colloque consacré aux technologies du sensoriel. L’occasion pour les entreprises de mieux comprendre le gain apporté par cette nouvelle approche dans la conception de leurs produits
Patrick Chateau
Régine Charvet-Pello et Jean-François Bassereau - Photo : Claire Garate
Hygiène douteuse, promiscuité... Les termes abondent pour désigner les sensations éprouvées par le voyageur accroché aux barres de maintien en inox des transports en commun, le matériau le plus sain et le plus hygiénique. Pourtant, le voilà victime d’un “bug perceptif”. Soit toute la différence entre la réalité de cette barre et la perception que tout un chacun peut en avoir. Une fois passée entre les mains des designers sensoriels, elle prend du relief et devient sèche et agréable au toucher. Tout l’enjeu du colloque sur les technologies du sensoriel organisé le 20 mars prochain à Tours consistera justement à démontrer l’intérêt du avant-après aux entreprises invitées. “L’approche sensorielle n’a rien d’un luxe, explique Régine Charvet-Pello, dirigeante de l’agence de design RCP Design Global. Elle est un outil supplémentaire pour améliorer la conception d’un produit.” Elle est également à même de résoudre ce paradoxe : le consommateur veut désormais un produit “customisé”, unique et pourtant au prix le moins cher possible.
Une boîte à outils. La solution vient du laboratoire de conception de produits et d’innovation (CPI) de l’Ecole supérieure d’arts et métiers (ENSAM) de Paris. En collaboration avec Jean- François Bassereau, enseignant-chercheur de cet établissement, RCP a développé une boîte à outils pour appréhender le sensoriel. “Plus qu’un outil de communication, il s’agit d’un moyen pour les industriels de tenir leur promesse marketing. En effet, le consommateur choisissant son produit avec un soin accru, le concepteur doit le parfaire du point de vue de la qualité sensorielle. C’est une approche quasiment sociologique. L’entreprise va de plus en plus être amenée à proposer des produits en phase avec leur époque, tenant compte de la raréfaction des sources énergétiques fossiles et de l’impact sur l’environnement. Cette offre « bonne pour moi et pour ma planète » constituera la grande innovation des dix prochaines années.”
Quel coût ? Mais qu’en est-il du coût de cette nouvelle science, voire de son surcoût pour la production ? Tous les efforts de l’approche sensorielle portent sur ce que le client va percevoir, le “juste perçu”. L’analyse fine de toute la chaîne de conception et de fabrication permet de lui apporter la qualité attendue, la bonne sensation, au même prix que précédemment, voire même en réalisant des économies. Une démarche prometteuse lorsque l’on réalise qu’elle concerne tous les secteurs d’activités liés à l’humain... Ou comment penser à l’utilisateur sans oublier l’industriel. “Avec l’implantation prochaine de la matériauthèque sensorielle à Tours accompagnée par l’association Valesens, la Touraine aura tous les atouts pour que sa qualité de vie la positionne très vite comme la région du sensoriel”, conclut Régine Charvet-Pello.
20 mars 2007 à l’ESCEM-Tours :
Journée du sensoriel
Renseignements et réservations :
www.journeedusensoriel2007.com