Internet
modifie profondément
modes d’achat
Exigences Internet n’est pas seulement un
nouveau canal de distribution. C’est également
un formidable outil d’information à la
disposition du consommateur. Dans le cadre
des “Soirées thématiques du commerçant”,
le Crédoc est venu expliquer à Tours comment
Internet a déjà commencé à modifier
les modes d’achat des Français
Catherine Geffroy
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| Débat sur l’e-commerce, le 16 mai à la CCI : à la tribune, on reconnaît de gauche à droite Jean-Jacques Hébras, président des Vitrines de Tours, Franck
Lehuédé, spécialiste de la consommation au Crédoc, Josée le Bihan-Kats, vice-présidente de la CCI de Touraine, et Cyrille Tarenne, animateur. - Photo : O.M. |
Avec Internet, le consommateur
dispose d’une information incomparable
sur les produits et leur mise sur le
marché. Là réside, selon le Crédoc, la véritable
révolution d’Internet, tout au moins
aujourd’hui. Ce consommateur, que certains
qualifient d’expert, a la possibilité d’accéder
directement de son domicile à un
niveau d’information élevé sur la gamme
de produits offerts, les caractéristiques
d’usage de ces produits, les marques et les
canaux de distribution. Pour rechercher ces
informations, il n’a que l’embarras du choix
et consulte des sites : ceux des magasins
reconnus et existant en “dur” tels que
fnac.com et darty.com, les sites de marques,
les sites de vendeurs exclusivement présents
en ligne, les moteurs de recherche des fournisseurs
d’accès, les comparateurs de prix
(type Kelkoo) et les guides d’achat en ligne
et, enfin, les forums, surtout pour les gros
cyber acheteurs. “Internet simplifie, enrichit
et accélère la recherche d’information,
notamment sur les prix mais aussi sur la
gamme des produits existants”. Pour
preuve, ces quelques chiffres, toujours tirés
de l’étude du Crédoc : “62 % des internautes
estiment que la simplification
apportée par Internet à la préparation de
l’achat permet de “gagner du temps”. 56%
considèrent “comparer plus les prix des
produits entre eux” grâce à la recherche
d’info sur Internet. Le taux monte à 79 %
chez les cyber acheteurs confirmés. 56 %
des internautes déclarent de façon générale
“s’informer plus sur les produits qu’ils souhaitent acheter”. Ce taux monte à 70%
chez ceux qui ont déjà effectué des achats
sur Internet et culmine à 89 % chez les
cyber acheteurs expérimentés”. Enfin, le
sentiment qui domine sur le Net est bien
celui de faire des économies : 63 % des
adultes de 18 ans et plus ayant déjà acheté
un produit ou service par Internet l’ont fait
parce qu’Internet permet de “faire des
économies en comparant les offres”. Le
Crédoc note au passage que les consommateurs
qui ont déjà tenté un achat sur
Internet “présentent une sensibilité au prix
supérieure à la moyenne” : “Les cyber
acheteurs semblent appartenir à une catégorie
de consommateurs tout à fait à l’aise
avec le modèle de consommation actuel, et
des plus convaincus par ses avantages”.
Coaching. Cette expertise renforcée
du consommateur a tendance à modifier la
nature de la relation commerciale entre le
vendeur et l’acheteur. Les cyber-acheteurs
continuent à demander (55 %) les conseils
des vendeurs en magasin mais le font de
moins en moins au fur et à mesure qu’ils
augmentent leurs achats sur le Net (24 %
chez les cyber acheteurs confirmés). En
tout cas, nos consommateurs dûment documentés
(ils ont parfois accès au mêmes
fiches techniques que les professionnels),
auto-formés (dans certains domaines
pointus, certains s’inscrivent à des forums
de discussion de spécialistes), auront
tendance à se montrer plus exigeants face
au vendeur (40 % des internautes en
général) – et ce d’autant plus qu’ils auront
capitalisé plusieurs expériences d’achat sur
le Net. Désormais, le vendeur n’est plus le
seul “qui sait”, le consommateur aussi.
Conséquence : nous assistons à la fin d’une
période, celle de la toute puissance du
vendeur devant l’acheteur profane. Puisqu’il
peut s’informer avant l’achat, l’individu
n’est plus dépendant des informations que
le vendeur veut bien lui donner, il acquiert
un savoir technique sur le produit. Vendeur
et acheteur peuvent se trouver en situation
d’égalité. Le vendeur doit alors se montrer
d’autant plus compétent, précis et à l’écoute
du client. On peut penser que nous allons
vers un ré-équilibrage du niveau d’informations
sur Internet et en magasin et donc
vers l’emploi de personnel de vente mieux
formé. “Pour les produits impliquants,
notamment ceux touchant à la personne, il
est probable, assure le Crédoc, que nous
verrons se généraliser des vendeurs
conseillers qui accompagneront le consommateur
dans ses choix, misant sur la fidélité
et l’établissement d’une relation à long
terme, cherchant à le servir dans une
approche englobante plutôt qu’à lui fourguer
tel ou tel produit”.
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| “Quels produits avez-vous déjà acheté sur Internet ?”
(base : adulte de 18 ans et plus ayant déjà fait un achat par Internet)
(Source : Crédoc, enquête Consommation, 2005) |
Internet et magasin. Tous les
consommateurs ne sont pas prêts pour
autant à se fier totalement à Internet. En
fait, le consommateur combine les sources
d’information et les lieux d’approvisionnement
dont il dispose. Le Net est bien
complémentaire du magasin et du catalogue.
Comme le confirme une étude
Médiamétrie : 47 % des consommateurs
interrogés déclarent avoir consulté au moins
un site d’e-commerce ces six derniers mois
pour préparer un achat en boutique. Par
ailleurs, 40 % des internautes ont consulté
un catalogue papier avant d’effectuer un
achat sur Internet. L’exemple de Darty
prouve également la complémentarité des
deux réseaux : près des deux tiers des visiteurs
du site darty.com finalisent leurs
achats dans les magasins Darty. Mais, du
côté des magasins, le Crédoc prévoit aussi
des évolutions. Pour se différencier de
l’outil Internet, tout porte à croire, assuret-
il, qu’ils miseront sur la carte de l’ambiance,
du décor, de “l’expérience totale”
du consommateur. Les points de vente
tendront à devenir des lieux d’exposition,
de mise en scène des produits et deviendront
en quelque sorte des lieux de détente,
de promenade et de rencontre. Quant aux
centres commerciaux, ils continueront de
constituer de véritables lieux de vie pour
certaines tranches de population. Pour
autant, d’une manière ou d’une autre, le
commerce physique devra laisser une place
à Internet car le multicanal deviendra incontournable
et permettra aux distributeurs
traditionnels de tirer leur épingle du jeu.
Le Crédoc l’affirme : le e-commerce est
“promis à un développement très rapide
dans les prochaines années. La massification
du taux d’équipement informatique
et la généralisation de l’accès à Internet
haut débit feront croître le nombre des
cyber acheteurs potentiels. L’usage
d’Internet se verra d’ici quelques années
complètement normalisé dans notre
société, d’autant que les générations arrivant
à l’âge adulte seront nées avec”.
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Clientèle : un
internaute sur deux
Le marché du e-commerce en France est
en très forte progression. Plus de la moitié
des Français sont connectés à Internet
et plus d’un internaute sur deux aurait
déjà effectué un achat en ligne (57 % au
1er trimestre 2006, contre 47 % il y a un
an selon une étude Médiamétrie), soit
près d’un tiers de la population adulte.
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