Stratégie / Expert

Cotation, analyse financière
L’impact des nouvelles normes

Valeur Une conférence sur les nouvelles normes IFRS, organisée par la Banque de France en collaboration avec la Compagnie régionale des commissaires aux comptes, a rassemblé plus de 300 personnes en mars dernier. Communication et analyse financière vont devoir évoluer

Banque de France


La Banque de France a récemment présenté les principaux changements méthodologiques induits par les normes IFRS (International Financial Reporting Standart), ainsi que leurs impacts sur l’analyse financière et la cotation des entreprises. D’application obligatoire pour les sociétés faisant appel public à l’épargne depuis le 1er janvier 2005, les nouvelles normes peuvent également être retenues comme référentiel dans les comptes consolidés des sociétés non cotées françaises. Plusieurs pays ont également prévu d’ouvrir cette option aux comptes sociaux des PME, ce qui n’est pas le cas en France. Un processus est lancé, annonciateur de changements dans le domaine de l’analyse financière et de la comptabilité. Cette évolution apparaît fondamentale sur les plans de la communication et de l’analyse financière.

Communication.
Un profond changement va s’opérer dans la communication financière et le reporting, quelle que soit la taille des entreprises : - les normes IFRS participent à la modernisation des systèmes d’information, en les rendant plus convergents pardelà les frontières et plus transparents, - elles engagent les entreprises à optimiser leur communication financière, vis-à-vis des investisseurs et plus généralement de l’ensemble des bailleurs de fonds.

Analyse.
L’approche de l’analyse financière se modernise :
- les normes IFRS accordent la prééminence de la réalité économique sur la forme juridique (substance over form) : dans ce schéma, la comptabilisation d’un actif doit tenir compte des risques et avantages liés à celui-ci (c’est le cas, par exemple, des contrats de créditbail) ; des cessions – purement juridiques
– de certains actifs doivent s’accompagner d’une réintégration dans les comptes des risques effectifs, s’ils demeurent à la charge de l’entreprise,
- les normes IFRS privilégient l’analyse par l’approche du bilan : ainsi un actif (un passif) est-il associé à un accroissement (une diminution) de la richesse de l’entreprise,
- les normes IFRS annoncent un glissement vers l’évaluation en “juste valeur”, correspondant au montant auquel un actif pourrait être échangé entre parties bien informées, consentantes et agissant dans des conditions de concurrence normale. Il s’agit donc de l’introduction progressive de références aux valeurs de marché ou leurs équivalents.

Mouvement irréversible.
Dans la pratique, un mouvement irréversible de convergence du Plan comptable général vers les IFRS est déjà amorcé. Un rapprochement des systèmes comptables appliqués aux PME est à l’étude au niveau de l’IASB, avec le soutien l’Europe, et l’harmonisation des bases fiscales servant au calcul de l’impôt est à l’étude. La méthodologie d’analyse financière de la Banque de France, qui intègre déjà largement la plupart des principes retenus dans le référentiel IFRS, continuera d’évoluer afin de permettre d’attribuer aux entreprises une cotation adéquate et aussi prédictive que possible. Pour ce faire, les collaborateurs dans les succursales continueront d’asseoir la cotation sur les principaux éléments suivants :
- l’analyse financière complète des documents comptables et de leurs annexes,
- la recherche de l’ensemble des données extra-comptables (environnement concurrentiel, perspectives de développement, politique d’investissement, ...) pouvant avoir une influence sur l’évaluation du risque de crédit,
- le traitement des postes comptables ayant une possibilité d’impact sur les fonds propres (dépréciation d’actifs, engagements, frais de développement...).
Comme ils le font déjà, ils continueront de rencontrer les chefs d’entreprises pour conduire cette analyse qualitative et les aider à s’approprier les logiques induites par les nouveaux référentiels, l’objectif étant de conserver pour le moins une veille intellectuelle permanente sur cette problématique nouvelle.