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L’eau au coeur des métiers
Production d’énergie, traitement de l’eau, récupération pluviale...
L’eau est au coeur du savoir-faire développé au fil des ans par
bon nombre d’entreprises du département. Du bateau “propre”
mu à l’hydrogène à la micro-filtration à l’ozone en passant par
le nucléaire, la Touraine connaît son sujet
Propos recueillis par Patrick Chateau
Le tout nouveau Pôle AlHyance
Innovation (voir encadré) est l’écrin
rêvé pour donner le coup d’accélérateur
nécessaire au développement du projet Blue
pac. L’idée : remplacer les batteries électriques
d’un bateau par une pile à combustible.
Elle réunit Ramtonic – à l’origine de
ce projet – le CEA, Ullit qui fournit le réservoir
d’hydrogène d’une capacité de
700 bars, Polytech’Tours, l’intégrateur du
prototype, ainsi que l’ESCEM, chargée du
marketing touristique dans le cas d’une
application au transport de groupes. “Nous
sommes très intéressés par le retour d’expérience
des piles à combustible en milieu
fluvial”, explique Philippe Foucher, responsable
des affaires industrielles et régionales
au CEALe Ripault. “Cela nous donnerait
une longueur d’avance pour entrer sur ce
marché porteur et en faire un vecteur
d’adoption de l’hydrogène dans
l’Hexagone”, ajoute Dominique Lemoine,
responsable du développement des
nouvelles technologies sur le Pôle. Le directeur
adjoint de Polytech’Tours, Jacques
Poirot, y voit un autre intérêt : “En testant
cette pile, nous pouvons organiser les
formations de nos élèves ingénieurs et créer
des compétences locales autour des
nouvelles technologies de l’énergie.”
Initialement prévu pour proposer un bateau
“propre” et discret (ni bruit, ni remous)
aux fédérations d’aviron et de canoë-kayak,
le projet de Ramtonic intéresse déjà
plusieurs industriels et des régions, notamment
maritimes. “En effet, il couvre la
globalité des problématiques industrielles
telles que l’approvisionnement en hydrogène,
la gestion de la puissance, de la sécurité
et de l’environnement”, conclut
François Freslon, son responsable. Pour
l’ensemble de ces partenaires, cette
approche innovante de l’aménagement du
territoire représente un réel enjeu pour la
préservation de la qualité de l’eau.
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| Les partenaires de Blue pac : de gauche à droite,
Jacques Poirot, Dominique Lemoine, Philippe Foucher,
François Freslon, Ambroise Schellmanns - Photo : P.C |
Produire de l’énergie. L’eau est
également au coeur des systèmes de production
d’énergie pris en charge par Alstom
Power Service (APS) à Esvres-sur-Indre.
Ses spécialistes interviennent sur l’ensemble
du territoire pour assurer la maintenance,
la réhabilitation et l’amélioration des process
sources froides sur les centrales thermiques
et nucléaires. “Nous sommes proches de
notre principal client, EDF, et de ses centres
d’ingénierie dédiés aux installations
nucléaires, comme Chinon, mais aussi thermiques,
comme Porcheville”, précise Pascal
Allory, responsable d’activité. Alstom
Power Service intervient également auprès
de clients industriels comme les papetiers
équipés de leur propre centrale de production
d’énergie. Dans un contexte de
demande accrue d’électricité et de vieillissement
du parc nucléaire et thermique, APS
envisage son avenir à moyen terme avec
un certain optimisme. L’objectif : améliorer
le rendement desdites centrales et donc de
leur environnement. L’évolution de la réglementation
crée de nouveaux besoins comme
les mesures et traitement des rejets permettant,
par exemple, d’éviter le développement
de la légionnelle et d’amibes dans
l’eau des circuits de refroidissement.
Le traitement de l’eau est justement la
spécialité de Permo et de son agence régionale
de Chambray-lès-Tours. Cette filiale
du groupe autrichien BWT intervient au
point d’utilisation auprès d’une clientèle
très variée. “La vente d’adoucisseurs d’eau
aux particuliers et aux collectivités, via des
revendeurs professionnels, représente un
créneau porteur avec l’industrie, confie
Frédéric Biardeau, le responsable d’agence.
Ces deux secteurs génèrent 30 % et 35 %
de notre activité.” La conception, l’installation
et la maintenance de systèmes de traitement
d’eau de process illustre la polyvalence
des compétences mises en oeuvre. Du
traitement de la vapeur ou des tours de
refroidissement (légionnelle), en passant
par l’eau purifiée pour l’industrie pharmaceutique
ou la microfiltration, l’osmose
inverse ou les échangeurs d’ions exigés par
des sociétés comme STMicroelectronics
en attente d’une eau à la pureté extrême, la
gamme d’interventions est vaste. “En
chimie, en mécanique des fluides, en
hydraulique, ou en automatisme, notre polyvalence
est très appréciée pour les installations
standard ou sur mesure, assure-til.
Nous couvrons tous les secteurs y compris
celui de la réutilisation d’eau de process ;
une demande en forte croissance.”
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1 - Pascal Allory, Alstom Power Service>
2 - Frédéric Biardeau, Permo
3 - Philippe Arnaud, Desloges & Michel
4 - Pascal Guille, Hydr’éco
5 - Thomas de Goys, Liotard Photo : PC |
Un générateur “maison”. Dans
un proche avenir, Philippe Arnaud, responsable
de Desloges & Michel à Saint-Martinle-
Beau, espère parler ainsi de son nouveau
projet. Connue pour ses compétences dans
la fabrication de convoyeurs et de bandes transporteuses sur mesure – notamment pour
Hutchinson, Aerazur... – cette entreprise
de chaudronnerie se lance actuellement dans
des projets pour le développement durable.
En effet, c’est par le biais de cette activité
qu’elle a découvert l’hydrogénérateur
Turbolect. “Son inventeur, Louis Thomas,
nous a sollicités pour fabriquer le caisson
inox servant à le positionner sur le cours
d’eau”, précise Philippe Arnaud. Etant
donné qu’il ne pouvait prétendre à l’aide de
l’Anvar à titre individuel, l’entreprise a repris
ce brevet pour lui permettre d’aboutir. “Cette
petite turbine s’installe aisément sur tous
les cours d’eau, y compris avec un faible
débit, ajoute-t-il. Et avec un rendement intéressant
de quelque 9 kilowatt suffisants pour
couvrir les besoins en électricité d’une
maison individuelle.” Avant même sa
commercialisation (prévue au début 2007),
Turbolect fait l’objet de deux pré-accords
d’installation et une liste d’environ 90 clients
potentiels est déjà constituée. L’objectif : en
faire rapidement le principal générateur d’activité
de la société.
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| 6 - Permo, Chambray-lès-Tours - Photo : DR |
Récupération pluviale. Voilà
une perspective qui ravirait probablement
Pascal Guille, gérant d’Hydr’eco à Saint-
Avertin, avec Brigitte, son épouse. Il y a
un an, ils ont choisi de rejoindre le réseau
de concessionnaires de la société rémoise
Skywater. Sa vocation : promouvoir la
récupération d’eau de pluie et sa distribution
pour tous les usages autres qu’alimentaires
et corporels directs. “Grâce à
ce système, nous couvrons 53 % des
besoins journaliers d’un individu”,
explique Pascal Guille. L’eau de pluie est
conduite vers une citerne en polyéthylène,
minutieusement filtrée, pompée et
réinjectée dans le circuit de consommation.
De 5 m3 minimum pour une maison
individuelle jusqu’à 150 m3, voire plus,
pour une entreprise (sa cible principale),
la citerne est réalisée sur mesure. Chaque
installation faisant l’objet d’une étude
tenant compte de la dimension de la
toiture, de la pluviométrie locale, de l’utilisation...
“Le marché mûrit doucement
et le concept intéresse, conclut-il . On le
constate à la concurrence qui se fait de
plus en plus présente.”
Liotard compte au nombre des entreprises
qui font le pari d’étendre leurs services en
proposant des citernes de récupération
d’eau pluviale. Sa différence ? “Notre
savoir-faire, souligne Thomas de Goys,
chef de projet développement durable.
Liotard fabrique des cuves en métal pour
le stockage du gaz depuis plusieurs décennies
à Saint-Pierre-des-Corps : il nous était
facile de créer un nouveau moule pour
sortir des citernes en polyéthylène de 5 m3
destinées au particulier et aux TPE/PME.”
Liotard propose un système clé en main
dans un rayon de 250 km autour de l’agglomération
tourangelle. “Nous le voulons
simple et économique, et, de plus, sans
intermédiaire.” Sa commercialisation est
imminente. Al’instar de Skywater, Liotard
attend beaucoup des décrets d’application
de la récente loi sur l’eau. L’instauration
d’un crédit d’impôt aurait une incidence
non négligeable sur la demande...
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Le génie des matériaux et des énergies
logé à Monts
Le pôle d’excellence AlHyance innovation
(PAI) a vu le jour le 4 juillet dernier dans le
cadre du Commissariat à l’énergie atomique
de Monts. Autour du CEA Le Ripault, la région
Centre, le Département, les communautés
de communes du Val d’Indre et de la
Confluence, les universités d’Orléans et de
Tours, ainsi que Dalkia, Ullit et Raigi, ont signé
la convention créant ce pôle destiné à oeuvrer
dans les domaines du génie des matériaux
et des énergies. En effet, c’est autour de l’hydrogène
(le H de AlHyance) que le CEA
accueillera ses partenaires sur un plateau
technique de 4 000 m2 spécialement créé à
l’extérieur de ses murs. Un premier bâtiment
de 300 m2 , dénommé Ipso, regroupe déjà
les installations de recherche sur les piles à
combustibles à haute température. La
construction du bâtiment P3C (pôle polymères,
plasturgie et composites) débutera
en 2007. Enfin, avant 2010, un troisième bâtiment
sera consacré à la pré-industrialisation
des premières réalisations validées et retenues
par les partenaires.
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