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H2O, le symbole d’une richesse à valoriser

Valeur d’exemple. Ressource à la fois vitale et porteuse d’activité économique, l’eau intéresse les chefs d’entreprise sous ces deux aspects. En Touraine, les élus de la Chambre de commerce et d’industrie lui consacrent trois groupes de travail : l’un s’attache aux moyens de la préserver dans son utilisation industrielle, l’autre à la manière de la valoriser afin d’en tirer des retombées économiques, le troisième à l’organisation d’un colloque mondial sur l’eau. Le tout dans une perspective innovante : faire de la Touraine un territoire reconnu d’expertise sur l’eau.

Propos recueillis par Patrick Chateau


"Pas ou peu valorisée d’un point de vue économique, l’eau, de toutes les ressources naturelles, est celle qui va devenir l’un des principaux enjeux économiques de la planète. Rassembler en Touraine les savoir-faire autour de la valorisation de cette ressource, attirer les experts de la gestion de l’eau, son traitement, son recyclage : autant de sujets qui doivent être traités dans un équipement dédié, comme un conservatoire international de l’eau.” Dans son projet de développement de la CCI de Touraine 2010, Roger Mahoudeau, son président, plante le décor d’un futur où l’eau est une ressource à préserver et à valoriser. Comment ? Par exemple en rassemblant les énergies autour de l’utilisation, de la préservation et du traitement de cette richesse : l’Indre-et-Loire est riche d’entreprises ayant l’eau pour centre d’intérêt ; qu’elle soit employée sous forme brute, décarbonatée, réfrigérée, potable, déminéralisée, sous forme de vapeur ou qu’elle provienne de forage (voir la seconde partie de ce dossier).

Un thème fédérateur.
L’eau, c’est vital, et il n’est pas certain que l’on s’en rende bien compte, rappelle Bernard Estivin, vice-président référent pour le groupe de travail intitulé “Promotion et développement d’activités économiques autour de la ressource eau”. Néanmoins, je reste optimiste car l’eau est un thème fédérateur.” Un exemple ? L’enquête réalisée par la CCIT, à l’initiative du sousgroupe “Eau Industrielle” encadré par Françoise Poirier (laboratoire Poirier), a montré l’intérêt des PME tourangelles : plus de 160 d’entre elles y ont répondu. Son rôle : les sensibiliser à la préservation du précieux liquide. Un second groupe traite de la navigation fluviale sous tous ses aspects (projet Blue pac, tourisme...). Les membres du troisième groupe commencent à réfléchir à l’organisation d’un congrès sur le thème : “Tours, capitale mondiale de l’eau”. Citons également le travail de fond réalisé par trois étudiants de l’université François-Rabelais sur les thèmes de “Entreprise et eau en Touraine” (recensement des actions qui démontrent l’excellence), “Valorisation de l’eau en Touraine” (pour une vision globale des acteurs publics, des enseignements et des formations) et “L’eau en Touraine” (aspects remarquables de la Loire, dernier fleuve sauvage d’Europe).

Un conservatoire international.
“L’objectif global serait de constituer en Touraine une sorte de conservatoire sur l’eau de toutes les expériences, ajoute Bernard Estivin. Ainsi, les entreprises et les collectivités pourraient s’y référer pour apprendre à gérer l’eau au mieux. L’important, c’est que chacun à son niveau, et y compris dans l’entreprise, se sente responsable.” Cette optimisation passe par des compteurs installés aux emplacements stratégiques, par des audits de fuite d’eau, par la parfaite connaissance du plan de réseau en alimentation d’eau potable et de tous les types d’utilisation ; sans oublier la sensibilisation des opérateurs, ainsi que le recyclage de l’eau. Dans les entrepôts Estivin, un tiers des 9 000 m2 de toiture sont équipés pour récupérer l’eau de pluie, réutilisée. Citons encore la société ST Microelectronics qui a divisé sa consommation de moitié en appliquant des mesures de préservation, d’amélioration des procédés et de recyclage. “Et puis, ces bonnes pratiques adoptées en entreprise par les salariés le sont ensuite fréquemment dans la sphère privée, conclut-il. C’est une façon concrète de se projeter dans le futur.”



Prélèvements en eau : de nouvelles mesures

La nappe aquifère du Cénomanien, qui assure aujourd’hui une part conséquente de l’alimentation en eau potable d’une dizaine de départements de l’ouest du bassin parisien (40 % en Touraine), connaît une baisse sensible depuis une trentaine d’années. Afin de préserver au mieux la ressource - et en application du décret ministériel du 12 septembre 2003 qui instaure le classement de l’ensemble de la nappe en zone de répartition des eaux - le préfet d’Indre-et-Loire s’apprête à signer un arrêté fixant la liste des 272 communes du département concernées par l’évolution de la réglementation. Celle-ci prévoit l’abaissement des seuils de la loi sur l’eau :
- les prélèvements depuis le Cénomanien sont désormais soumis à autorisation si leur débit est supérieur à 8m3/h et à déclaration dans les autres cas ;
- les prélèvements devront faire l’objet de mesures par le biais de compteurs. Les relevés mensuels des consommations seront déclarés annuellement auprès de la Direction départementale de l’Agriculture et de la Forêt ;
- les ouvrages en situation régulière et venant à être soumis à autorisation ou à déclaration pourront se poursuivre ; à la condition que l’exploitant fournisse au préfet les informations nécessaires à l’exploitation dans un délai de trois mois suivant la date de publication dudit arrêté ;
- les prélèvements inférieurs à 1 000 m3/an restent considérés comme étant à usage domestique et ne relèvent pas en ce sens de la nouvelle réglementation.
Les informations complémentaires ainsi que la liste des communes peuvent être obtenues auprès de la Direction départementale de l’Agriculture et de la Forêt, des mairies et de la Chambre de Commerce et d’Industrie.


 
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