En couverture / Créateurs, repreneurs, cédants


Créateurs, repreneurs, cédants - Créer ou la passion d’entreprendre

Aspirants au dessein d’entrepreneur, ils ont décidé de créer une activité. Rencontre avec quelques uns de ceux qui, en Touraine, ont osé se lancer dans l’aventure

Xavier Gavory
Société Exitis

Xavier Gavory - Photo :A.B.
Après avoir gravi tous les échelons de la vente et accédé aux fonctions de directeur régional au sein d’un grand groupe spécialisé dans la distribution de solutions télécoms, Xavier Gavory décide en 2004 de quitter son employeur, après seize années de bons et loyaux services. “Depuis longtemps, j’avais le souhait de travailler un jour pour moi. Parallèlement, je me suis toujours intéressé à tout ce qui touche aux risques incendie”, raconte-t-il. C’est en avril 2005 que sa société, Exitis, voit le jour. Spécialisée dans la prévention des risques incendie dans les locaux professionnels ou à usage d’habitation, elle propose de prendre en charge la sécurité incendie et la responsabilité des sites. “Pour créer son activité ex nihilo, il faut avoir une envie à « décorner » tout ce que l’on peut trouver, et ne pas avoir peur de se remettre sur son ouvrage”.
Installé à Tours, Xavier Gavory dispose de différents atouts. Il opère sur un secteur géographique qu’il connaît bien, auprès d’une cible commerciale nouvelle, avec une expertise technique acquise en autodidacte et la qualification ERP3- IGH3*. Rapidement, sa stratégie s’avère payante. “En dix mois, j’ai conquis une première clientèle : le centre administratif et la galerie commerciale du Champ Girault, les Halles de Tours, deux sites à Orléans, un à Nice. Aujourd’hui, Exitis emploie six salariés et génère un CA de 22 000 € par mois.

*ERP : Etablissements recevant du public
IGH : Immeubles de grande hauteur


Pascal Catherine
Parc de l’Escotais

Pascal Catherine - Photo :A.B.
A l’origine, c’était un projet associatif, dénué de tout intérêt lucratif, imaginé par une poignée de bénévoles passionnés, pour répondre à une demande de loisirs émanant du nord de la Touraine et du sud de la Sarthe”, se souvient Pascal Catherine, l’un des fondateurs du parc de l’Escotais, à Neuillé-Pont-Pierre. Face au succès rencontré, la création d’une entreprise devient indispensable pour continuer à accueillir le public et se conformer à la réglementation relative aux structures sports mécaniques. “J’ai quitté le poste que j’occupais depuis dix ans dans une grande entreprise tourangelle pour m’occuper pleinement de la sarl d’exploitation du parc.” Des investissements importants ont alors été réalisés pour développer l’offre du site auprès du grand public, des entreprises, collectivités, associations... Un club-house, un restaurant et une salle de réception ont été aménagés, les pistes moto, quad et karting homologuées. “Cela m’a conduit à découvrir les contraintes quotidiennes du chef d’entreprise, de celui qui doit faire vivre et évoluer son activité. Nous donnons beaucoup pour que tout fonctionne.” Aujourd’hui, le parc de l’Escotais reçoit nombre de visiteurs, petits et grands. Des emplois ont été créés. “Pour faire suite à la montée en puissance, le but est maintenant de consolider l’activité et de pérenniser les emplois.


Philippe Andrieu
Onixxa (Lytess)

Philippe Andrieu - Photo : D.R.
Le textile au service de la beauté et du bien-être : tel est le credo de Philippe Andrieu, qui a quitté le poste de directeur qu’il occupait auparavant dans une entreprise pour fonder la société Onixxa, à Ballan-Miré, en 2003. Là, il lance Lytess, une marque de cosmétotextile beauté. Pour mémoire, la cosmétotextile est une technologie consistant à imprégner d’actifs (amincissants, hydratants, antifatigue...) des microcapsules (la microencapsulation est un process breveté et certifié), qui sont ensuite fixées au coeur des fibres d’un tissu. “Lytess est aujourd’hui une référence sur son marché. Elle garantit une qualité textile irréprochable et des formulations cosmétiques contrôlées et approuvées (brevet RCC Lytess), affirme Philippe Andrieu. En outre, les tests cliniques sont validés pour confirmer une totale innocuité cosmétique.” Pour réussir le pari du cosmétotextile, le créateur de Lytess (10 salariés en 2006) s’appuie sur une stratégie ambitieuse. “Après les années 2003 pour comprendre, 2004 pour valider, 2005 pour développer, entre 2006-2010, notre dessein est de devenir leader en France pour être crédible à l’export.” Mais il existe un autre enjeu. “Nous nous battons pour que la cosmétotextile soit à la fois reconnue au plan européen et certifiée. L’Indre-et- Loire est intégrée au Cosmetic Valley, label fédérant la quasi-totalité des plus grandes marques de la parfumerie française, qui a constitué un pôle de compétitivité. Un projet de recherche a été lancé en région Centre pour la cosmétotextile. La bonne nouvelle est que le laboratoire sera implanté en Touraine.


Alain Maurer
Media Concept Tours Madame

Alain Maurer - Photo : A.B.
Avec sa formation de directeur dans la grande distribution, rien ne prédisposait réellement Alain Maurer à devenir éditeur de presse. C’est à la faveur d’un poste au sein de la régie qui commercialisait la publication“Tours Madame” qu’il découvre ce métier. Le titre sera mis en vente peu de temps après en 1987. Il saisit alors l’occasion de le racheter à parts égales avec deux autres associés, et crée la société éditrice Media Concept. “Le pari était de positionner ce support comme un magazine, tout en satisfaisant aux exigences d’un gratuit”, explique-t-il. L’association ne résiste pas aux premières difficultés. Quelques années plus tard, Alain Maurer décide d’en prendre seul la gérance. “J’ai raclé les fonds de tiroirs. Une nouvelle maquette est lancée. Trois ans après, le CA est multiplié par deux. La création est une période privilégiée. Tout est beau ! Mais c’est également d’immenses moments de stress. Chaque jour est remis en question. On prouve aux autres ce que l’on est capable de faire, et on se le prouve à soi-même”, s’enthousiasme- t-il, comme si c’était hier. Tours Madame fête aujourd’hui ses 20 ans. Il est le seul support gratuit diffusé tous les mois à 80 000 exemplaires dans les boîtes à lettres de quartiers ciblés de l’agglomération tourangelle, ainsi que dans les principales communes du département. Le magazine fait travailler 6 salariés et génère un chiffre d’affaires annuel de 550 000 euros.


Romuald Flohic et Frédéric Miniou
Alter-Négo

Romuald Flohic et Frédéric Miniou - Photo : A.B.
Ils avaient tous deux la même entreprise bretonne pour employeur, et “la même envie de passer de l’autre côté du miroir.” Poussés par leur ambition de vivre autre chose, Romuald Flohic et Frédéric Miniou optent pour la création à Tours de leur entreprise, Alter-Négo, en janvier 2004. “Le parcours administratif pour le créateur reste lourd”, observent-ils. “Pour autant, cela permet d’apprendre beaucoup de choses, de rencontrer des gens intéressants dans les chambres de commerce, banques, cabinets comptables...” Dorénavant, les antennes pour téléphonie mobile et la TNT font partie de leur univers professionnel. Les deux cogérants interviennent dans la recherche, conception et négociation des sites susceptibles d’accueillir les relais. “Nous vivons une aventure humaine extraordinaire. Nous sommes libres de nos décisions. Cela n’a pas de prix, même si nous ne devons pas compter nos heures. Chaque décision est importante et nous responsabilise, car elle n’implique pas que nous, mais aussi nos collaborateurs.” Aujourd’hui, Alter-Négo emploie 4 salariés, 2 CNE, et un recrutement est en cours. “La création du premier emploi a été une énorme satisfaction. Il en est de même pour chaque nouvel arrivant.” Exemplaire dans son parcours, Alter- Négo a été distinguée en janvier dernier par le Sénat, dans le cadre des Masters 2006 de la création d’entreprise.


Christophe Bardu
Groupe 8&5

C’est en 1986, à Paris, que Christophe Bardu crée sa première agence de conseil en gestion de patrimoine, qu’il transfère deux plus tard à Tours. “Là, je développe mon portefeuille de clientèle et offre parallèlement mes services en tant que formateur et manageur de réseaux de vente pour des produits immobiliers fabriqués par d’autres entreprises”, explique-t-il. En 1998, il fait prendre un nouveau virage à son activité en décidant d’internaliser l’ensemble de ces services annexes. “En quelques années, je fonde successivement plusieurs sociétés, à partir de petits effectifs pour poursuivre mon métier d’origine et préparer la construction de nouvelles entités”. C’est ainsi que voit le jour, sous la dénomination “8&5”, un groupe pluridisciplinaire en gestion de patrimoine, promotion immobilière, transaction, gestion-location, syndic, communication, et dernièrement séjours et voyages. Christophe Bardu est le fondateur de la holding et des six sociétés qu’elle fédère. “Il faut avoir une ligne directrice et composer avec les difficultés rencontrées. L’association est un mariage difficile à réussir. Pour vivre, une entreprise a besoin de grandir et doit offrir des perspectives de carrière à ses collaborateurs”, conclut-il. Aujourd’hui, le groupe 8&5 emploie une trentaine de personnes, contre quatre en 2003.