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Zones d’activité -
Génération
développement durable
Quatre exemples.
Peu à peu, les impératifs du développement durable imprègnent le paysage
tourangeau des zones d’activité. Privilégier l’efficacité économique sans léser les hommes
qui en sont les acteurs, ni le site naturel où se développe l’activité, devient une nécessité pour
un nombre croissant d’entreprises et de collectivités. Démonstration par quatre exemples, avec
en figure de proue, Isoparc, premier parc d’activité certifié ISO 14001 en région Centre
Maï-Anne Tran
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| La plate-forme Lidl sur Isoparc, à Sorigny, premier parc d’activité certifié ISO 14001 en région Centre. -
Photos : D.R. |
On assiste aujourd’hui à une montée
en puissance de zones d’activité
dites de “développement durable”, dont la
conception et l’aménagement traduisent la
recherche d’un équilibre entre efficacité
économique, équité sociale et protection
de l’environnement. Côté collectivités,
cette orientation est devenue décisive pour
accroître l’attractivité de leurs territoires et
décider les entreprises à venir s’installer
sur leurs zones d’activité. Côté entreprises,
l’argument environnemental n’a
jamais été aussi convaincant. Les sites
proposant des services (restauration interentreprises,
crèches...) et développant une
démarche respectueuse du cadre naturel
sont aujourd’hui très demandés.
Le modèle Isoparc. “On s’est
longtemps demandé si les aménagements
pour le développement durable ne
risquaient pas d’entraîner des contraintes
que les entreprises jugeraient excessives...
En réalité, aujourd’hui, les industriels
prennent eux-mêmes des initiatives en ce
sens, de sorte que s’installer sur un site
exigeant en termes environnementaux
constitue pour eux un indéniable plus”
témoigne Jean-Christophe Rivière, directeur
opérationnel à la SET (Société d’équipement
de la Touraine).
Fin 2002, la SET a été désignée aménageur
du parc d’activité Isoparc par le Conseil
général et le syndicat mixte Sud-Indre
Développement. A terme, le site s’étendra
sur 250 hectares, 37 hectares étant d’ores
et déjà viabilisés. Initialement, Isoparc
devait accueillir des activités classées
Seveso. Ce projet a été abandonné mais la
vocation environnementale du site est
demeurée. Elle s’est traduite par l’adoption
d’une démarche PALME, du nom d’une
association nationale rassemblant des
professionnels de l’aménagement et des
collectivités territoriales autour de la
volonté de concilier les impératifs économiques
et ceux du développement durable.
Trente-neuf actions ont ainsi été décidées,
qui font aujourd’hui d’Isoparc un site
modèle, certifié ISO 14001 depuis
septembre 2005, label consacrant la qualité
environnementale à la fois de la conception
et des chantiers d’aménagement.
Parmi les actions les plus innovantes, on
peut citer la gestion de la sécurité, en cas de
pollution accidentelle et d’incendie. En
partenariat avec les pompiers d’Indre-et-
Loire, la SET met en place un système
d’information inédit, destiné à optimiser
d’éventuelles interventions : une cartographie
du site accessible en ligne (précisant
notamment les lieux de stockage des
produits sensibles). Isoparc va également
se doter d’une station d’épuration par
membrane, un système de traitement des
eaux usées particulièrement exigeant, qui
nécessite d’ailleurs un investissement
colossal. Sur les cent cinquante hectares de
la première tranche d’aménagement du
site, quarante seront en outre dédiés aux
espaces verts, pour la plantation desquels
un montant d’un million d’euros a été
engagé en 2005... De nombreuses autres
actions sont mises en oeuvre : respect du
voisinage (par des mesures de la qualité de
l’air, des nuisances sonores, et une concertation
permanente avec les riverains...),
desserte du site par Fil Vert, gestion des déchets avec le soutien de la CCIT, accueil
des entreprises arrivantes, prescriptions
architecturales (candélabres et façades des
bâtiments en bois...), charte lumière, etc.
L’ensemble de ces engagements seront
consignés dans une charte environnementale,
dont la signature par les différents
partenaires pourrait intervenir dès 2006.
La CCI pilote. “La CCI de Touraine
a facilité le montage du projet du Geida de
gestion collective des déchets en assurant
l’interface avec l’Ademe(1), qui l’a financé
à hauteur de 70 %, et l’Acrede(2), qui s’est
chargé de l’étude préalable” explique
Christophe Denay, l’un des quatre
membres de la commission
Environnement du Geida (Groupement
des entreprises industrielles du Val
d’Amboise). Après enquête sur les besoins
et choix des prestataires, quelque vingt
entreprises ont signé des contrats directement
avec les sociétés sélectionnées.
Grâce à l’aide de l’Ademe, le coût de
l’étude préalable pour le Geida est ramené
à environ 4000 euros. Le système s’est
mis en place à l’automne dernier et
concerne six types de déchets : palettes,
papier, carton, bois divers, déchets industriels
banals et spéciaux. “Cette forme de
gestion simplifie le quotidien des entreprises,
témoigne Christophe Denay, dirigeant
de Costen (fabrication de dispositifs
de stockage pour produits chimiques
dangereux). Elle leur permet d’être en
parfaite conformité avec leurs obligations
légales, le tout en réalisant des économies
d’échelle significatives. Pour certaines,
les déchets sont même devenus source de
gains, puisque les palettes usagées sont
désormais vendues !”
A l’ouest, du nouveau. La
communauté de communes de Gâtine et
Choisilles se prépare aujourd’hui à
accueillir de nouvelles entreprises sur une
zone d’activité située à la sortie du tout
nouvel échangeur autoroutier A 28 de
Neuillé-Pont-Pierre. “Il y a, de la part des
élus, une réelle volonté de concevoir une
zone d’activité qui réponde aux exigences
environnementales, indique Irène
Percereau, secrétaire générale de la
communauté de communes. La volonté
est d’obtenir le label AUE (Aménagement
urbanisme environnement), orientation
PALME.” A terme, 30 % du site seront
réservés aux espaces verts. Une attention
spéciale sera portée à la gestion de l’eau,
au travers notamment de la conception de
la future station d’épuration. La gestion
des déchets fera, a priori, l’objet d’une
organisation spécifique – même s’il est
encore trop tôt pour la régler puisqu’elle
dépend des besoins des entreprises qui
s’installeront sur le site. Dans ce domaine,
la communauté de communes de Gâtine et
Choisilles peut s’appuyer sur sa propre
expérience car elle se distingue depuis
toujours par le souci d’apporter aux particuliers
comme aux entreprises le service
le mieux adapté à leurs besoins respectifs.
L’ouverture de cette zone d’activités classée
“site d’intérêt national” par la région
Centre et le Conseil général d’Indre-et-
Loire, est prévue au deuxième
semestre 2007. Dans un premier temps,
plusieurs dizaines d’hectares seront mis à
disposition, mais à terme, l’ensemble
s’étendra sur 250 à 350 hectares.
Toujours à l’ouest du département, mais
au sud de la Loire, un nouveau parc d’activité
de cent hectares est en cours d’aménagement
autour de la centrale d’Avoine-
Chinon. Le projet, porté par la communauté
de communes du Véron, s’inscrit
dans une logique d’aménagement du territoire,
soutenue par l’achèvement prochain
du tronçon autoroutier reliant Tours à
Angers. “Ce site a vocation à devenir,
avec les autres zones du Chinonais, un
pôle d’équilibre par rapport à Tours et son
agglomération, annonce William Genève,
directeur de la communauté de communes
du Véron. Avec nos partenaires locaux, au
premier rang desquels la centrale EDF et
le Conseil général, il nous est apparu
essentiel d’accompagner ce développement
en mettant en place une démarche
qualité environnementale. C’est ainsi que
nous avons initié le programme PALME.”
Les réunions de travail ont pour l’heure
abouti à la signature d’une charte environnementale
et l’élaboration d’un plan d’actions
prioritaires. Une association regroupant
les entreprises du site a également été
créée, signe fort de la volonté de mener
des actions concertées.
(1)Ademe : Agence de l’environnement et de la
maîtrise de l’énergie
(2)Acrede : Association Centre pour la
revalorisation environnementale de l’entreprise
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