En couverture / Tourisme

ETAPES GOURMANDES

Uniques en leur genre
Une carte riche de produits régionaux, une auberge à l’ambiance conviviale, un goût d’autrefois ressuscité... Visite de trois établissements gérés par des chefs qui aiment leurs clients

Un “événement d’entreprise” organisé par l’agence Aubert Ermisse. - Photo : D.R./Aubert Ermisse
1 - Frédéric Breton et son épouse, à l’Oubliette.
2 - Marie-Hélène et Bruno Leroux, à l’Auberge de Port Vallières. - Photo : A.B

Une touche de nouveauté.
Cela faisait quelque temps que l’envie titillait Frédéric Breton, tourangeau d’origine, de quitter Paris. En mai 2004, c’est finalement “L’oubliette” à Rochecorbon, qui a été son coup de coeur. Il a optimisé l’équipement de la cuisine et donné une touche de modernité à la salle à manger troglodytique d’une capacité de 35 couverts. Les prix, quant à eux, sont restés stables.
Stéphane Sausin à l’Auberge du Prieuré. - Photo : A.B
“L’année 2005 a été, pour de nombreux clients, l’occasion de découvrir L’Oubliette, confie-t-il. Un délai de trois ans est de toute façon nécessaire pour recréer entièrement une clientèle : affaires en semaine, et familiale le week-end. Sans oublier, bien sûr, celle constituée par les touristes en période estivale, notamment avec la région de Vouvray qui demeure attractive pour les visiteurs étrangers.” Pour atteindre son objectif, Frédéric Breton mise sur une cuisine plus actuelle, où il fait la part belle “aux produits de saison achetés aux producteurs de la région. On y gagne en goût... et les prix sont souvent plus intéressants.” Pour autant, il n’exclut pas de faire quelques allers et retours au marché de Rungis pour se fournir en produits plus rares. Ainsi, entouré d’une équipe de six personnes, le nouveau chef de L’Oubliette entend bien séduire. Et, bien sûr, conserver à l’établissement sa notoriété.
Contact : 02 47 52 50 49

L’auberge comme on l’aime.
Lorsque, en novembre 2004, ils reprennent l’auberge Port Vallières de Fondettes, en bord de Loire, Marie-Hélène et Bruno Leroux se fixent deux objectifs. “Proposer une cuisine traditionnelle et de qualité à des prix raisonnables. Faire bon et pas trop cher est la formule qui semble correspondre au nouveau comportement de consommation”, expliquentils. Le couple a donc tout fait pour transformer l’établissement en un lieu convivial. “Chacun doit se sentir comme chez lui.” La clientèle peut s’installer à la grande table d’hôte, préférer les petites tables de la seconde salle à manger – au total, une cinquantaine de couverts. Dans les deux cas, elle a le plaisir d’apprécier les meubles anciens, ainsi que les beaux objets ramenés par les aubergistes à l’occasion de leurs multiples voyages. A l’aise dans cet univers, Bruno Leroux allie simplicité et fantaisie pour concocter ses menus. “Tout est conçu et préparé à base de produits frais de la région, en fonction de leur saisonnalité.” Dans les cuisines, l’imagination est au pouvoir pour satisfaire deux types de clientèle. A midi, celle qui souhaite déjeuner rapidement. Ensuite, celle du soir et du week-end, familiale et plus hédoniste. “Le menu de midi est renouvelé tous les deux jours au maximum et, pour la carte, tous les deux mois. Mais certains plats, comme le ris de veau braisé au banyuls, sont tellement plébiscités qu’ils sont maintenus toute l’année.” L’auberge est fermée le lundi. Mais, quel que soit le jour choisi, il est plus que recommandé de réserver à l’avance.
Contact : 02 47 42 24 04

L’histoire à pleine bouche.
Marier la table et l’histoire. Voilà ce que réalise Stéphane Sausin dans son auberge du XVIe siècle nichée au fond du parc du château du Clos Lucé, à Amboise. “En m’installant, en 2004, dans ce lieu unique, je lançais le premier restaurant Renaissance en France. Mais c’est aussi pour moi le moyen de mettre en valeur mon travail de consultant en restauration historique”, déclare-t-il, paré de son costume d’époque de maître-queux. Un goût pour la mise en scène qu’il a acquis – certainement par atavisme –, avec son père comédien dans la troupe de Jean-Louis Barrault. Quant à sa passion pour la cuisine, il la doit à son apprentissage au sein de l’illustre école Médérick à Paris. Avec une équipe de cinq personnes, ce grand spécialiste de la cuisine des temps anciens prépare des plats tout en finesse. “Les épices composent une alchimie subtile entre saveurs sucrées et acides.” Vin d’Hypocras, foie gras, hochepot, biscuit... et autres mets savamment mitonnés sont servis aux convives dans une salle meublée et décorée dans le plus pur style Renaissance. “Seules les assiettes et les couverts sont une concession à nos temps modernes”. L’Auberge du Prieuré est une halte gourmande dans ce parcours touristique. “L’établissement est également prisé par une large clientèle d’entreprises dans le cadre de ses repas d’affaires, séminaires ou dîners de gala.” Et à chaque fois sa restauration thématique ressuscite l’histoire.
Contact : 06 17 39 69 78

Annie Blanchet


VALORISATION

La Loire à Vélo : une opération phare
Cinq ans après son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, le Val de Loire – via sa Mission – travaille autour de quatre grands axes de valorisation, en appui des comités départementaux de tourisme et des Régions Centre et Pays de la Loire



Photo : E. Mangeat / CRT Centre.

“L’opération « Loire à vélo » (NDLR, un des facteurs de succès de la saison 2005) n’est pas née de l’inscription, mais elle l’enrichit et offre un débouché très concret sur les sites inclus dans notre périmètre”, souligne Nathalie Beynac, chargée de communication à la Mission Val de Loire, basée à Tours. “Aujourd’hui, c’est la seule aussi identifiable.” D’où la vigilance de la Mission à répertorier les services répondant aux valeurs défendues par l’Unesco. Compte tenu de son savoir-faire, elle s’est vu confier la gestion de la marque Loire à vélo confiée à la Mission Val de Loire. Par ailleurs, un travail est poursuivi avec les deux Régions Centre et Pays de la Loire sur la mise en place de services adaptés aux cyclistes. Hébergeurs “Accueil vélo” et loueurs de cycles sont déjà signataires de chartes de qualité. Les offices de tourisme vont rapidement les rejoindre (2006/2007) comme toujours sur la base du volontariat - indispensables relais de communication. “Aux environs de Pâques, l’itinéraire comprendra 304 km dont 252 balisés et sécurisés, sur les 800 km du tracé total, rappelle Marie-Estelle Beaudouin, directrice par intérim du Comité régional du tourisme. Une enquête réalisée sur le tronçon Tours- Candes Saint-Martin montre que 70 % des Français proviennent de la région Centre et 86 % des étrangers sont européens, en tête desquels les Belges.” L’objectif principal : axer toujours et encore cette démarche sur la qualité pour ne pas décevoir une clientèle identifiée comme étant à fort pouvoir d’achat. Sans oublier que l’intégration future du tronçon français à l’Eurovéloroute des fleuves (reliant le Danube à la Loire) devrait démultiplier ce potentiel dans les prochaines années. La Mission Val de Loire commence également à identifier les bassins de navigation dans le but d’organiser l’offre touristique (aménagement des accès à la Loire, restauration des sites, hébergement...). Enfin, du 22 au 24 juin, elle réunira à Fontevraud – avec Interloire – les six autres vignobles inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. “Les enjeux économiques, touristiques, environnementaux et patrimoniaux unissent ses sites au sein du réseau VITOUR, conclut Nathalie Beynac. Nous y travaillons ensemble au développement durable de nos paysages et à leur valorisation."

Photo : L. Savignac / CRT Centre

 
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