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Deux bonnes nouvelles : le Contrat nouvelle embauche et l’apprentissage à 14 ans

Avancée
Coup sur coup, au début de l’année, deux bonnes nouvelles ont fait entrer la France dans le monde moderne, intégrant cette réalité qu’est la mondialisation de l’économie : le Contrat nouvelle embauche (CNE), qui constitue une vraie révolution dans l’organisation du travail, et l’apprentissage à 14 ans qui va enfin permettre à des jeunes de trouver sur le terrain une motivation pour apprendre autrement

Roger Mahoudeau, président de la CCI de Touraine - Photo : O.M.

Le Contrat nouvelle embauche (CNE) met fin à un excès de protectionnisme des salariés, tel qu’aucun entrepreneur ne voulait plus prendre le risque d’embaucher, même pour adapter ses effectifs à son carnet de commande. Il n’avait aucune possibilité de licencier. Or, je l’affirme depuis longtemps, pour embaucher il faut avoir, en cas de nécessité, la possibilité de débaucher. C’est particulièrement vrai dans les PME, créatrices d’emplois. Pour elles, l’embauche d’un salarié supplémentaire constitue un important investissement et, par là même, un risque. Enfin, les opposants à cette mesure, faisant preuve de démagogie, imaginent que les chefs d’entreprise se débarrasseront des salariés au seul motif du terme des deux années ! Je pense exactement le contraire, car, nous le savons t o u s , “ il n'est de richesses que d’hommes”. On n’imagine pas une entreprise se séparer d’un salarié qu’elle aura formé et adapté à ses besoins !

Le cercle vertueux. Autre bonne nouvelle, l’apprentissage à 14 ans. C’est ce qu’a fait pendant les “Trente Glorieuses” cette génération de personnes munies de leur certificat d’études primaires qui ont fait leur apprentissage chez un patron et ont naturellement créé ensuite leur entreprise. Arrêtons la démagogie ! Même si cela part d’un bon sentiment, tous les enfants ne sont pas aptes à suivre des études, tous n’y trouvent pas d’intérêt. Les bancs des écoles sont encombrés de jeunes, obligés de continuer leur scolarité jusqu’à 16 ans, qui vont d’échec en échec... L’apprentissage à 14 ans permet de récupérer nombre d’entre eux, qui vont trouver une nouvelle motivation en partageant leur temps entre le terrain, chez un patron, et la formation en centre d’apprentissage. De plus, à 14 ans, ils sont encore malléables alors qu’à 16 ans, l’échec est déjà consommé... En les inscrivant dans ce cercle vertueux de la réussite, ils reprendront volontiers ensuite le chemin des études. Il y a peu de temps encore, la seule voie royale pour réussir dans la vie, c’était le bac. Nombreux sont les jeunes qui prouvent qu’il existe d’autres chemins pour réussir, manifestant l’envie d’aller plus loin dans une formation après en avoir découvert et compris l’intérêt chez un patron. Aujourd’hui, les filières sont multiples, les écoles offrent un grand choix et l’apprentissage est de plus en plus plébiscité : on peut, par exemple, intégrer Sup de Co par ce mode : c’est le cas de 30 % d’étudiants à l’Escem ! CNE et apprentissage à 14 ans témoignent d’une évolution considérable des mentalités. Les Français et la société qu’ils constituent commencent à s’adapter à la nouvelle donne économique. Ils entrent de plainpied dans la modernité, non pas illustrée par des études à tout prix, mais par une adaptation de la législation de telle sorte que l’on puisse combattre le chômage.