Entreprendre / Tendance Commerce
Le commerce tourangeau tisse sa toile
Sites internet en Touraine : cinq clics pour illustrer cinq façons d’exploiter les potentialités du Web
Catherine Geffroy
L'utilisation d’Internet se généralise, un ménage sur trois ayant aujourd’hui accès au Net. Pour acheter, mais pas seulement : les Français s’en servent de plus en plus pour comparer les prix et s’informer sur les produits avant de se rendre dans les magasins. Internet est devenu un outil complémentaire d’achat pour les consommateurs. Cinq exemples qui prouvent que l’on peut être petit et spécialisé et vivre à côté des géants du net.
www.husson-kitchenware.com : “l’ambassadeur” du magasin Husson Spécialiste des arts culinaires sur la place de Tours, le magasin Husson a fait totalement peau neuve en septembre 2005. Deux mois plus tard, les clients découvrent le nouveau site Internet du magasin : un site non marchand, qui “vend” l’identité de la société Husson, “Maître casserolier”, plutôt que les marques qu’elle distribue. “Le prestataire tourangeau que nous avons choisi, LC Prod., a tout de suite compris ce qu’on souhaitait, explique Paulette Ferraz, responsable du magasin : un outil simple d’accès et vivant qui à la fois valorise nos compétences et explique notre offre à l’internaute. Le catalogueproduits est construit par familles et sousfamilles : en trois clics et un zoom, le client visualise le produit qu’il recherche et en affiche le descriptif.” Désormais, Paulette Ferraz assure elle-même la mise à jour du site. Une lettre d’information est prévue : “Les clients qui nous auront communiqué leur e-mail seront directement avertis de nos animations”. D’ores et déjà, le site permet de guider le client à distance lorsqu’il demande des informations par téléphone. En outre, la qualité du site a incité les fournisseurs à mettre le site Husson en lien avec leurs propres sites : le magasin espère attirer ainsi de nouveaux clients au-delà du département.
Pascale Thiellin - L'Eté Indien www.eteindien.com : développer la vente aux particuliers Un magasin de 800 m2 où poussent palmiers, bougainvilliées et azalées géantes : c’est l’Eté Indien. Créée en 1997 à Montlouis-sur-Loire, l’entreprise, qui fabrique et distribue des plantes artificielles et semi-naturelles y vend également des objets de décoration d’intérieur. En 2005, l’Eté Indien décide de créer un site marchand sur le Net, uniquement consacré à la vente de végétaux. Les objectifs sont clairs : montrer le savoir-faire de l’entreprise à la clientèle professionnelle et développer le chiffre d’affaires grâce à une clientèle d’origine géographique nouvelle. Le site comprend donc une partie pressbook : photographies de réalisations destinées à la clientèle des architectes et décorateurs et une partie catalogue. Responsable de l’entreprise, Pascale Thiellin actualise elle-même ce catalogue : “S’il n’est pas à jour, il est inutile et même contreproductif”. Elle veille à la qualité des photos : “Il est important que le client visualise précisément la plante qu’il va recevoir”. Convaincue du développement de la vente en ligne, “parce qu’elle répond à un besoin de simplicité et de gain de temps”, elle souhaite améliorer la communication sur le site et son référencement. Pour faire encore progresser la fréquentation du site qui est en hausse régulière.
Alexandre Prieto - Onaturel www.onaturel.fr : exploiter la niche du cosmétique bio Fort de sa connaissance des cosmétiques bio et de l’expérience en informatique de ses associés, Alexandre Prieto lance en 2003 un des tout premiers sites français de vente en ligne de produits de beauté bio. Pourquoi le Net ? “C’est le vecteur qui, en 2003, m’a semblé le plus approprié pour toucher une clientèle géographiquement dispersée avec un produit de niche”. Dès le premier jour de sa mise en route, le site trouve sa clientèle. Mais le succès survient en mars 2005, après une émission sous forme de mise en garde que fit Envoyé Spécial sur les cosmétiques : “C’est là qu’on voit le pouvoir d’Internet. A 22h50, fin de l’émission, les gens se sont rués sur le site. Ce fut l’explosion dans les deux jours qui ont suivi”. Depuis, la concurrence s’est étoffée mais Onaturel cultive ses atouts. Le conseil : “Nous recevons entre 50 et 100 mails de demande de renseignements personnalisés par mois et nous prenons la peine de répondre à chacun”. Et surtout l’ergonomie d’un site construit sur mesure : “Le site a été fait pour être le plus clair possible. Les produits y sont classés par famille, comme dans un magasin. En quatre clics, on peut commander quand on sait ce qu’on veut. Enfin, on donne le choix entre carte bancaire ou chèque, même si aujourd’hui 75 % des paiements se font en CB”. Par ailleurs, le site évolue constamment : un système de points de fidélité vient par exemple d’y être installé. Après trois ans d’existence sur la Toile, Onaturel vient d’ouvrir boutique au centre-ville de Tours “parce qu’il était nécessaire d’avoir une présence physique auprès de la clientèle. Et parce que certains fabricants exigent que l’on vende d’abord en boutique pour diffuser ensuite sur Internet”.
www.blere-info.com : communiquer sur le savoir-faire des professionnels de Bléré L’UCIAC de Bléré fut la première (et unique à ce jour !) association de commerçants de Touraine à s’afficher sur la toile en 2002. Trois ans plus tard, elle récidive avec un site refait à neuf, beaucoup plus performant que le précédent. Ce site résulte de plusieurs observations des adhérents. Un : l’accès à Internet se répand, notamment chez les seniors. Deux : le consommateur est très demandeur d’informations précises sur les savoir-faire et les spécificités des commerçants et artisans de sa zone. Trois : le professionnel ne se sent pas impliqué dans la vie du site s’il ne peut pas lui-même le mettre à jour. “Nous avons donc décidé de refaire le site, explique Jean-Pierre Le Briz, président de l’UCIAC, en sachant mieux ce que nous voulions, toujours dans une logique de communication et non de vente. Maintenant nous pouvons modifier nousmêmes nos pages personnelles et ça change tout : ceux qui jusqu’à présent traînaient un peu les pieds ont été enthousiasmés par la possibilité d’être autonomes et d’intégrer leurs photos et commentaires. Nous pouvons d’ores et déjà communiquer sur nos animations et notre agenda. Nous pourrons bientôt informer directement nos clients par le biais d’une newsletter : c’est un support de communication plus efficace que la publicité écrite.”
L’Oiseau lire
Xavier Dubois vend du livre : du neuf, de l’occasion et du solde d’éditeur, à l’enseigne de “L’Oiseau lire”, rue Charles-Gilles, à Tours. Mais il gère également une autre librairie, virtuelle celle-là, riche de 21 000 ouvrages, sur Internet. Ne cherchez pas la librairie L’Oiseau lire sur la Toile, vous ne la trouverez pas. Xavier Dubois met en vente tout ou partie de son offre sur des sites d’achat-vente de neuf ou d’occasion possédant des rubriques spécialis ées : A B E books, Amazon ou Priceminister. Il y propose ses titres en stock, sous son enseigne : il est formellement reconnu comme étant un libraire. Le client choisit, achète et paie. Xavier Dubois reçoit la commande, fait les paquets et envoie dans les délais les plus brefs. Il lui faut assurer une organisation sans faille : sur ces sites, les vendeurs sont évalués et notés au niveau de la qualité de leurs produits et de leurs prestations.
L’intérêt pour le client est évident : il est certain de trouver ce qu’il veut sans se déplacer, il choisit entre achat neuf ou d’occasion, parfois moins cher que dans la librairie à proximité.
Depuis un an, le libraire voit le système monter en puissance. Pas question pour autant de fermer boutique : il faut un point de vente physique pour acheter les livres d’occasion. A l’inverse, la question se pose : la librairie pourrait-elle aujourd’hui se passer de la vente sur Internet ?