Energie / Dossier

Nouveau métier : Eco-conseiller

En créant, à Fondettes, l’entreprise Solergie spécialisée dans les solutions pour économiser l’énergie, Edouard de Warren invente en même temps le métier “d’éco-conseiller

Photo A.B.
Ses prestations sont complémentaires de celles d’un bureau d’études et d’un technicien. “J’effectue, explique-t-il, un diagnostic approfondi des énergies utilisées dans l’entreprise. Les solutions que je préconise n’impliquent pas automatiquement de réaliser des investissements ; bien souvent, des économies significatives peuvent être déjà obtenues en renégociant un contrat, en recourant à une meilleure isolation... Dans tous les cas, le coût du diagnostic est systématiquement amorti par la diminution des frais énergétiques du client”.
Autre constat qui renforce les certitudes de l’entreprise tourangelle dans son activité nouvelle : les besoins croissants en énergie. Ils représentent, selon les secteurs professionnels, le deuxième ou troisième poste de dépenses. Solergie est ainsi un chantre des énergies propres et renouvelables. “Dans notre région, les activités fortement utilisatrices d’eau chaude comme les hôtels, campings, salons de coiffure... ont, par exemple, tout intérêt à utiliser les techniques du chauffe-eau solaire”.
Edouard de Warren accompagne son client dans toute la démarche. L’aide apportée est aussi diversifiée que la négociation de devis, le suivi des travaux, du dossier de demande de subventions, ou la demande d’aide européenne. Et tout aussi diversifiés sont les projets sur lesquels il intervient : production d’électricité éolienne dans l’Ardèche, solaire photovoltaïque dans les Landes, pompe solaire pour pomper l’eau au Congo...


En route vers de nouvelles solutions énergétiques

Des alternatives crédibles existent d’ores et déjà pour assurer nos besoins actuels et futurs en énergie. Dans différentes filières, entreprises, collectivités et administrations travaillent ensemble pour ouvrir la voie au développement de solutions pour demain. A l’exemple de ces quatre actions menées en Touraine

Onduleurs et systèmes solaires. “Notre ambition est, d’ici à deux ans, de figurer parmi les dix premières entreprises mondiales spécialisées dans les onduleurs solaires de puissance”.
Maquette de la pile à combustible de CEA
Photo D.R.
Jacques Duval est responsable de projets marketing au sein de Saft Power Systems. Présent dans 18 pays, le groupe Saft Power Systems (250 M€ - 1 300 personnes, dont 390 en France) fait partie des leaders mondiaux des systèmes d’alimentation haute fiabilité. Il propose des solutions intégrées à courant continu ou alternatif pour les télécoms, les systèmes d’information et l’industrie. Le site de Chambray-lès-Tours, siège social de Saft Power Systems en France, est à la fois centre de R§D, de qualification, d’assemblage et de test.
L’installation imminente sur l’usine de Chambray d’un générateur solaire raccordé au réseau EDF, composé de 240 modules photovoltaïques de 125 watt crêtes chacun pour une production totale escomptée de 25 MWh/an, positionne l’entreprise tourangelle comme pôle de compétence dans ce type d’énergie. “Le solaire photovoltaïque utilise les onduleurs pour le raccordement au réseau. Cette technologie intervient sur les marchés où le groupe est présent.
La nouvelle compétence du site de Chambray s’appuie sur sa capacité à effectuer des études de faisabilité, à concevoir des solutions clés en mains, à former à la maintenance, et à mettre en service en tout endroit de la planète.”

Outre produire une énergie propre, le projet répond à deux autres objectifs. “D’abord de disposer d’un outil pour notre plate-forme de test des onduleurs en développement ou avant livraison aux clients ; l’entreprise a les moyens de s’impliquer au plan mondial. Ensuite d’être exemplaire et d’avoir une vitrine montrant notre savoir-faire”, résume Jacques Duval. Le projet bénéficie du concours financier de l’Ademe, de la Région et du Conseil général d’Indre-et-Loire à hauteur de 40 % de l’investissement.

Laboratoire d’interopérabilité. Une place majeure sera occupée au plan européen par les technologies de l’information et de la communication avec la création du laboratoire de recherche et d’interopérabilité. C’est ce que prédit, entre autres, Yves Bouget, président du Groupe HF Company situé dans la zone Node Park, à Tauxigny. Spécialisé dans le traitement du signal numérique à destination de l’habitat (réception TV, domotique, haut débit ADSL), HF Company est partenaire du projet de Centre d’études et de recherches sur l’interopérabilité de la maison numérique avec les collectivités locales et l’Université François-Rabelais. Cette dernière effectuera la recherche fondamentale nécessaire à l’exploitation d’une technologie qui sera effective dans 5 ou 10 ans. Le laboratoire sera, lui, construit sur Node Park, début 2006. “Le projet voit le jour grâce notamment à la volonté du Conseil général et de la communauté de communes Loches Développement de développer les TIC, ainsi qu’à la maîtrise de HF Company dans les techniques de filtrage des signaux sur les réseaux de télécoms.”
Le laboratoire de Node Park testera la compatibilité des produits sur la chaîne du haut débit (ADSL) et sur celle du courant porteur en ligne (CPL). La recherche portera entre autres sur le développement de l’ensemble des paramètres technologiquement nécessaires à l’exploitation du réseau électrique dans une maison. “Le développement du laboratoire positionnera la Touraine comme le pôle d’excellence en CPL. Demain, les industriels des réseaux électriques et électroniques de tous pays viendront vérifier que leurs différents produits ne créent pas de dysfonctionnement sur la chaîne”. Une dizaine d’emplois hautement qualifiés – ingénieurs en télécoms et ingénieurs en exploitation de réseaux – devrait être créés.

La pile à combustible fonctionnant à haute température est une des technologies les plus prometteuses.
Saft à Chambrey-lès-Tours : maquette du futur générateur solaire
Photo D.R.
“Comparée aux technologiques classiques de cogénération, elle apparaît comme un procédé à la fois plus performant en récupération thermique et plus propre avec moins de rejets polluants”, affirme Fabienne Martin, responsable régionale de la communication du site Dalkia Atlantique situé à Saint-Avertin. Dalkia joue un rôle majeur sur le marché des services énergétiques tout en investissant dans la recherche de solutions innovantes comme la cogénération pour diminuer de manière significative les charges d’exploitation de chauffage. “Nous appliquons ce système au chauffage urbain collectif, aux sites industriels et au secteur de la santé”. En partenariat avec le CEA Le Ripault, Dalkia Atlantique s’implique dans “Gécopac”, projet de cogénérateur par pile à combustible intégré au pôle de compétitivité “Sciences et systèmes de l’énergie électrique”. L’académie d’Orléans-Tours est également partenaire. L’enjeu pour l’Education nationale est de favoriser le développement des coopérations technologiques des lycées avec les entreprises, dans le cadre de l’aide qu’ils peuvent apporter à l’innovation. “Les formations industrielles comme scientifiques sont concernées par le caractère innovant de Gécopac. Il s’agit donc de mener, conjointement à la réalisation du prototype et à l’expérimentation, un véritable projet pluritechnologique”, précise Fabienne Martin.

Le projet est en voie d’achèvement. Une pile à combustible haute température de 5 kW sera installée début 2007 au lycée technique Martin-Nadeau, à Saint- Pierre-des-Corps. “Si demain on industrialise cette technique, il faudra prévoir dans les lycées une filière appropriée pour préparer des techniciens spécialisés en maintenance pile à combustible”.

Le véhicule propre, commercialisé depuis une dizaine d’années, est un concept bien intégré en Touraine. L’association “100 véhicules électriques en Touraine” créée en 1997 par EDF, l’Ademe et la CCI de Touraine, y a largement contribué.
Vélo et voiture électrique
Photo A.B.
Alors que la gamme des véhicules électriques s’est considérablement enrichie, allant du vélo au tramway, en passant par les utilitaires et autres bus, la voiture électrique, elle, a marqué le pas ces dernières années. “En cause, la technologie actuelle qui a peu évolué depuis 1990 (autonomie autour de 100 km avec 5 heures de charge), mais aussi le désengagement progressif de Renault et Peugeot dans le secteur”, explique Jean- Pierre Evelin, directeur du développement à la Délégation régionale Centre d’EDF et président de l’association tourangelle. “L’arrivée de nouvelles technologies de batteries (Zebra, Lithium polymère) devrait voir apparaître à l’horizon 2000 des véhicules à l’autonomie renforcée : 200 km pour une voiture, 120 km pour un minibus avec une vitesse maximale de 120 km/h.”
En réponse à cette évolution, l’association présidée par Jean-Pierre Evelin élargit son champ d’action. Et change de nom au passage pour “Avenir Transport Electrique en Touraine”. De nouveaux objectifs ont été définis, centrés sur la promotion de tous types de véhicules. “Nous accompagnons nombre de projets en Touraine, notamment pour la Ville de Tours, et en région Centre : livraison de marchandises en ville par camions électriques, services bus électrique en centre-ville, promotion dans les actions de tourisme et de loisirs...”
La CCI de Touraine encourage cette nouvelle dynamique.


 
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