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Pôles de compétitivité : une chance à partager

STMicroelectronics
Photo : D.R. - Stmicroelectronics

Efficacité.
Les entreprises et les institutions déjà engagées au sein des deux pôles de compétitivité retenus en région Centre ont bien compris que l’avenir industriel passe d’abord par le maintien et le développement du tissu existant. Les PME-PMI de Touraine ont tout à gagner à rejoindre ces communautés d’intérêt. Parce que la mutualisation et l’apprentissage collectif sont une nécessité face aux enjeux de la mondialisation économique

Dossier réalisé par Patrick Chateau

Le 12 juillet restera comme un point de repère dans l’histoire économique de la région Centre et plus particulièrement de la Touraine. C’est à cette date que le comité interministériel d’aménagement du territoire (CIADT) a notamment retenu les projets de pôles de compétitivité “Sciences et systèmes de l’énergie électrique” (autour de la thématique du développement durable) et “Sciences de la beauté et du bien-être” (parfumerie et cosmétique, connaissance de la peau, molécules végétales) ; deux des 67 pôles qui vont permettre aux entreprises présentant des projets dans ce nouveau cadre de bénéficier d’une dynamique de mise en réseau profitable à tous les acteurs d’une même filière. “L’expérience menée avec le CNRT*, déjà un « petit pôle » en soi, nous a beaucoup aidés pour monter ce projet, confirme Armand Blottin, chez STMicroelectronics, nommé président du conseil d’administration du pôle “Sciences et systèmes de l’énergie électrique”. Depuis 1996, ses résultats sont tangibles : 212 brevets déposés, une trentaine de thèses publiées, des formations de bac+3 à bac+8 créées en partenariat avec l’université François-Rabelais...”

Armand Blottin
Photo : D.R.

Déjà fortement engagée dans un processus de partenariat interne (entre laboratoires universitaires) et externe (avec de multiples entreprises au travers de Centres d’études et de recherche communs, les CER*, tel le CEROC* ou le CERMEL* dont la construction devrait démarrer prochainement), l’école d’ingénieurs Polytech’Tours se lance activement dans cette aventure. “Le pôle va permettre d’accentuer la collaboration entre des laboratoires qui ne travaillaient que ponctuellement ensemble, explique Christian Proust, son directeur. Il doit également faire comprendre aux PME-PMI qu’elles ont tout à gagner à s’allier autour de nouveaux projets. Y aller seules serait extrêmement aventureux.” Dans le droit fil de ce qui fut fait avec le CNRT, ce pôle veut privilégier la simplicité au service de l’efficacité. Par exemple en examinant très vite la dizaine de projets déjà retenus (pile à combustible, communication intelligente des constituants d’un bâtiment...) pour que la communication qui en sera faite décide d’autres entreprises à rejoindre le pôle.
Connu depuis 20 ans pour son savoir dans le domaine de l’électronique industrielle (bancs de test, conversion d’énergie...), la société Alpha Test figure déjà parmi les lauréats. “Cette mise en relation avec des sociétés régionales nous permet de mieux connaître notre environnement économique, précise Xavier Durbecq, directeur de cette société de dix personnes. Nous avons aussi accès à des clients potentiels à l’intérieur même du pôle, auxquels nous avons déjà fait des propositions chiffrées.”

" Le pôle doit faire comprendre aux PME-PMI qu’elles ont tout à gagner à s’allier autour de nouveaux projets. "
Les 67 pôles de compétitivité en France
Photo : D.R.

Une chance à saisir. Responsable de Lytess, société en pleine expansion spécialisée dans les cosmétotextiles (cosmétiques actifs incorporés aux fibres textiles) et partenaire du pôle “Sciences de la beauté et du bien-être”, Philippe Andrieu en mesure déjà l’impact. “Même si je crains un peu la lenteur des méandres administratifs qui pourraient ralentir son fonctionnement, je constate que le pôle de compétitivité apporte une crédibilité qui vous ouvre les réseaux plus facilement, souligne-t-il. Nous n’avons jamais reçu autant d’appels ! Le pôle représente une chance qui arrive au bon moment pour tous.” Par exemple pour renforcer l’image de la Cosmetic Valley dans toute la profession et surtout dans un premier temps pour engager des procédures de normalisation en Europe. Mais aussi, et surtout, pour “permettre à la cosmétologie d’atteindre rapidement ses objectifs en matière de qualification des personnels”, si l’on en croit Patrick Hibon de Frohen, directeur de l’Institut des métiers et des technologies des produits de santé (IMT), également engagé dans ce pôle dans le domaine de la formation. Un challenge d’autant plus important que dans les huit prochaines années, l’industrie cosmétologique devra faire face au départ à la retraite de quelque 40 000 “baby-boomers”. “Grâce à l’innovation et à la formation, le pôle de compétitivité nous préservera du bulldozer asiatique.” Partenaire “obligé” du pôle “Sciences de la beauté et du bien-être”, l’industrie pharmaceutique pourrait être amenée à s’en rapprocher par le biais des métiers de production et de ses co-traitants, selon Françoise Poirier, présidente du Groupement régional des établissements pharmaceutiques industriels du Centre (GREPIC) : “Ces intervenants proches des métiers de la cosmétique peuvent être amenés à former une chaîne qui suscite l’envie de participer à la création d’un pôle fort, explique-t-elle. C’est l’occasion de valoriser des savoir-faire régionaux encore trop méconnus. La participation du GREPIC à la mission économique de Touraine organisée en octobre à New York nous permettra de le faire savoir.” La première exportation à l’étranger d’une longue série du “label” pôle de compétitivité ?

" Le pôle, c’est l’occasion de valoriser des savoir-faire régionaux encore trop méconnus. "
* CER : Centre d’études et de recherche
* CNRT : Centre National de Recherche Technologique
* CEROC : Centres d’études et de recherche sur les Outils Coupants
* CERMEL : Centres d’études et de recherche sur les matériaux élastomères




Renaud Dutreil aux PME : “Gagnons ensemble”

La présence des sociétés Lytess, STMicroelectronics, Alpha Test et AMI lors de la conférence-débat “Les PME au coeur de la croissance et de l’emploi” organisée le 26 septembre dernier à l’ESCEM illustrait le nécessaire engagement de toutes les entreprises – des plus petites aux multinationales – au sein des pôles de compétitivité. “L’intelligence transformée en projet économique offre des perspectives, a commenté Renaud Dutreil, ministre des PME, du commerce, de l’artisanat et des professions libérales. Les exposés de ces quatre chefs d’entreprises montrent que la pluridisciplinarité est la clé de la réussite. On voit bien que c’est ensemble que nous réussirons. Mais cela demande une grande rapidité car le temps est compté. Le moral est très important dans l’idée de réussite. Les pôles de compétence redonnent justement espoir car ils mettent l’accent sur les talents français. Les Espagnols refont très rapidement leur retard grâce à leur moral d’acier. Celui qui ferait dire « j’ai envie de gagner » plutôt que « j’ai peur de perdre ».”
Photo : P.C.
Ce 26 septembre au matin, accompagné de Renaud Dutreil et de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture, le Premier ministre Dominique de Villepin a visité le site de production de Sanitec à Tours. Cette entreprise indépendante, qui travaille dans un domaine d’activité en croissance, a su s’adapter et innover : les ministres se sont intéressés à sa maîtrise technique mais aussi à sa sensibilité sur l’aspect social, ses conditions de travail et son intérêt pour la formation par l’apprentissage. Sanitec emploie 50 personnes, réalise un CA de 7,5 M€. La société fait partie, avec Fabalu et Pareo, du groupe tourangeau Sanitaire Equipement (15 M€ de CA, 90 personnes) que dirige Bernard Bolze.



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