Stratégie / Territoire


Parcs de loisirs
professionnalisme

Imagination.
Les parcs de loisirs recèlent un potentiel de croissance propre à stimuler les économies locales. Les créateurs des parcs présents sur la Touraine ne s’y sont pas trompés. Ils enregistrent une hausse de fréquentation à laquelle les 35 heures sont loin d’être étrangères. Leurs maîtres-mots : renouvellement, hygiène, sécurité

Patrick Chateau

Photos : D.R.

Les parcs de loisirs, stimulants des économies locales ? Arnaud Bennet, président du Snelac (Syndicat national des espaces de loisirs d'attraction et culturels), en est convaincu (Le Monde du 10 mai 2005). “Les parcs créent des emplois, font travailler des entreprises, précise-t-il. Ils sont souvent une porte d’entrée pour des jeunes sans qualification.” Un emploi permanent dans un parc de loisirs génère entre un et trois emplois saisonniers. Environ 25 000 salariés travaillent dans les parcs, 50 000 en haute saison. En Touraine, à Rochecorbon, “Lulu Parc” (du nom de son premier jeu gonflable en forme de girafe) n’est pas en reste avec sa vingtaine de salariés. Les effectifs se répartissent entre les jeux réservés – dont une majorité gonflables – aux enfants, le mini-golf, le snack, les six poneys et la guinguette.
Les parcs créent des emplois, porte d’entrée pour des jeunes sans qualification
 
L’époque où seul le mini-golf était exploité par Gérard et Evelyne Morisseau appartient bel et bien au passé. Depuis 1998, les quatre hectares de ce parc se sont forgé une place bien à eux dans le paysage touristique ligérien, jouant sur la complémentarité entre ses différentes facettes. “Nous avons clôturé, progressivement acheté de nouveaux jeux, et nous avons vendu notre restaurant dans les Alpes dès que le parc est devenu rentable, précise Gérard Morisseau. Nous avons fait une bonne saison sur le parc en 2004 malgré une mauvaise météo et enregistré 30 % de fréquentation supplémentaire à la guinguette.”

Pourvoyeurs d’emplois. Avec une équipe constituée de 11 permanents en CDI, portée jusqu’à 35 personnes en haute saison, Fantasy Forest figure parmi les pourvoyeurs d’emplois du secteur. Pour sa quatrième saison, ce “parc d’activités sportives et nature” (parcours dans les arbres, paint ball, canoë, VTT, dévalkart...) opère un net changement de cap. “Jusqu’à présent, nous avions tout fait pour remplir le parc, notamment avec les groupes qui représentent 75 % de notre activité, explique Max Pas, directeur du site de Mosnes. Nous continuons à nous adresser aux familles, aux groupes et aux entreprises, mais en axant notre politique marketing sur l’offre d’hébergement en camping, mobil-home, et bientôt en hôtel.” Fantasy Forest assume sa diversification en allant même jusqu’à créer sa propre agence de voyage pour proposer des séjours clés en main. En devenant hébergeur, l’entreprise génère du trafic touristique pour ses multiples partenaires locaux avec lesquels il s’entend pour vendre le produit “Loire” sur les salons professionnels. Un positionnement qui autorise Max Pas à prévoir 52 000 entrées pour 2005 et 15 % de plus l’an prochain.

Photos : D.R.
Etre actifs, c'est aussi investir chaque année dans un nouveau jeu
 
Dopé aux 35 h ! A l’instar de ces deux entreprises, le propriétaire du parc La Mignardière (Ballan-Miré) – le plus ancien de Touraine – bénit les 35 heures qui ont littéralement dopé la fréquentation. La présence de la clientèle du camping voisin, la création de la rocade, ainsi que celle d’un arrêt de bus le reliant au centre de Tours, sont également appréciés. Voilà une trentaine d’années que les Tourangeaux ont pris l’habitude de divertir leurs enfants (jusqu’à 13 ans) sous ces deux hectares ombragés. Il y a deux décennies, Benoît Ollivier et son épouse ont repris et développé l’affaire en proposant, entre autres, l’accès à un mini-golf, un toboggan aquatique, une piste de turbobob, un parcours dans les arbres, une mini-ferme, des jeux gonflables, des promenades en poney... sans oublier la présence d’une crêperie indépendante du parc.
Photos : D.R.
L’entretien de la vingtaine de poneys représente l’une de mes plus grosses charges, précise-t-il. Pour ne pas rester passifs, les adultes ont la possibilité de monter de grands poneys.” Etre actif, c’est aussi investir chaque année dans un nouveau jeu. “Ma clientèle est toujours en attente de nouveauté”, ajoute-t-il. Un apport “essentiel” pour Lulu Parc qui vient d’ajouter parmi ses attractions une luge d’été (Turbobob), un maxi-toboggan aquatique à bosses, et une chenille géante.
Photos : D.R.
“Le renouvellement est la base de notre fonctionnement”, renchérit Max Pas. Ainsi, Fantasy Forest devient le 3e site français à proposer le disc golf, mélange de freesbee et de golf. Mais, qui dit renouvellement dit investissement conséquent. “Environ 60 % sont consacrés aux jeux, expliquent Didier Chazelas et Hélène Deniaud, les co-associés de Youpimom’ à Chambray-lès-Tours. Concept unique sur la Touraine, cet espace couvert et fermé de 2 000 m2 accueille les enfants sous la responsabilité de leurs parents depuis novembre 2003. Structures et jeux gonflables sont répartis en trois zones déterminées par âge (moins de trois ans, trois-six ans, de six-douze ans, et jusqu’à douze ans).
Photos : D.R.
C’est la seule plaine de jeux accueillant les moins de trois ans, expliquent-ils. Et comme l’entrée est payante uniquement pour les enfants entre 2 ans et 12 ans, nombreux sont les tout-petits qui viennent découvrir les jeux en toute sécurité.” Mais la tranquillité des parents a un coût : celui de l’hygiène et de la sécurité. Les jeux pourtant protégés grâce au don d’une paire de chaussettes à chaque enfant sont aspirés et nettoyés chaque soir durant quatre heures, sans oublier la désinfection régulière des piscines à balles. Les travaux d’isolation terminés, Youpimom’ est prêt pour accueillir la clientèle estivale. En projet : de nouvelles structures gonflables et activités ludiques, la location du parc pour des arbres de Noël, mariages, baptêmes et autres festivités, une place plus grande accordée aux anniversaires et le doublement de sa surface...

Photos : D.R.
C'est la simplicité des jeux qui assurent leur succès
 
Etude phyto-sanitaire. Tout comme Fantasy Forest, son homologue, “Saint-Benoît Aventure”, le parc de Saint- Benoît-la-Forêt, pousse le souci de la sécurité jusqu’à faire effectuer une étude phyto-sanitaire de chaque arbre sur lequel évolueront leurs clients. Les parcours élaborés par Jean-Damien Bonnefoy, Béatrice Julienne et Dominique Ensarguet sont ouverts depuis le 9 avril. L’idée : proposer trois types de parcours dont la difficulté va crescendo. Chariot des cimes, tyrolienne, passages de corde, étriers, sauts de tarzan s’enchaînent à 15 mètres de hauteur en autonomie, mais sous la surveillance de cinq moniteurs. “La construction du parcours nous a coûté 150 000 euros, confie Béatrice Julienne. C’est très lourd mais justifié si on veut le faire avec toutes les garanties de sécurité.” Un propos commun à l’ensemble des propriétaires de parcs, qui prennent soin de faire auditer les installations par des cabinets spécialisés, tel Socotec chez Lulu Parc ou La Récréation à Monts. Repris par deux familles en avril 2004, ce parc d’une quinzaine d’années plait pour son esprit “anti-disneyland”. En effet, ses cinq hectares ombragés offrent l’accès à une cinquantaine de jeux dont la particularité est d’être entièrement “faits main”. “De la descente sur câble en baignoire aux voitures à pédales en passant par le tobbogan d’eau, c’est la simplicité des jeux qui assure leur succès” témoignent Valérie et Frédéric Genot, associés à Franck Plaine et Aude Seigneurin. La contrepartie : un entretien permanent de jeux constitués de 50 à 70% de bois, des espaces verts à contenir 7j/7... Mais le résultat est là : une atmosphère familiale apparemment appréciée du public, et 37 000 entrées payantes en 2004. “Nous travaillons 12 heures par jour pour l’équivalent du SMIC, mais nous préférons réinvestir durant les premières années plutôt que nous rémunérer mieux, concluent-ils. Avec un businessplan en béton au départ, un objectif réaliste et une surveillance constante de nos dépenses, nous pouvons afficher un bilan professionnellement et humainement gratifiant.” Et puis, La Récréation peut continuer de compter sur la publicité faite par les enfants des écoles : “La meilleure pub du monde !”, s’exclament-ils.


D I V E R S I T E
Autres parcs de loisirs ressortissants de la CCIT
En plus des parcs d’attractions présentés, la Touraine compte de nombreux autres établissements consacrés aux loisirs : Les Mini-Châteaux à Amboise, l’Aquarium du Valde- Loire à Lussault, le Clos Lucé et le Parc Leonardo Da Vinci à Amboise, Rider Land à Joué-lès-Tours, les pistes de kart “loisirs” (La Ville-aux-Dames et Joué), Mur Mur (Sté Touraine Escalade à St-Pierre-des-Corps), Quad Le Clos d’Ussé, Dune Buggy Tours à Vernou, la Réserve de Beaumarchais à Autrèche (parc animalier et restauration) et, dernier en date, Family Parc à Saint-Martin-le-Beau...