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Renforcer
la mobilisation
des entreprises
Christian Brodhag
Ancien directeur de recherche
à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne
Délégué interministériel
au Développement durable
Stratégie. Les pouvoirs publics ont
défini une stratégie nationale
de développement durable et
créé en juin 2004 une délégation
interministérielle dédiée à sa mise
en oeuvre. Si les entreprises
françaises s’accordent sur les
objectifs à atteindre, les moyens
adoptés restent trop modestes
Propos recueillis par Maï-Anne Tran
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| Photo : D.R.. |
A quels besoins répond la création en
juin 2004 d’une délégation interministérielle
au Développement durable ?
C. Brodhag : La France s’est dotée d’une
stratégie de développement durable dès
juin 2003, qui implique une animation et
un suivi. Mon rôle est de coordonner ce
processus en m’appuyant notamment sur
un réseau de vingt hauts fonctionnaires
qui sont chargés de mobiliser les ministères-
clés. Pour mener mon action, je
rends compte au Premier ministre mais je
suis mis à disposition du ministre de
l’Ecologie et du Développement durable,
qui me fournit les moyens d’action.
Sur quels leviers le gouvernement
entend-il agir prioritairement en
matière de développement durable ?
C. B. : En matière environnementale et
sociale, nous disposons d’une réglementation,
d’ailleurs largement inspirée des textes
européens. La panoplie des outils disponibles
pour l’Etat va de la fiscalité aux outils
de marché comme les permis d’émission
pour les gaz à effet de serre, en passant par
les marchés publics orientés vers des achats
plus écologiques. Ces outils n’ont plus à
démontrer leur efficacité.
Toutefois, dans le domaine du développement
durable, on touche des questions
d’ordre stratégique, qui doivent faire l’objet
d’approches nouvelles. C’est ce qu’exprime
l’article 110 de la loi sur les
nouvelles régulations économiques. Cet
article impose aux sociétés cotées de
mentionner dans leur rapport annuel “des
informations sur la manière dont la société
prend en compte les conséquences sociales
et environnementales de son activité”. Par
ailleurs, sur une base volontaire, toute
entreprise peut publier un rapport de développement
durable, qui identifie les choix
stratégiques et les objectifs de progrès visà-
vis de ses parties prenantes. La France
soutient sur ce dernier point l’approche
développée à l’AFNOR, le SD 21000, qui
a fait l’objet d’une large expérimentation
dans les PME, avec le soutien des DRIRE
et des Régions. Cette approche est actuellement
défendue à l’ISO dans le cadre des
réflexions sur la responsabilité sociétale et
du futur texte ISO 26000.
Les entreprises françaises ont-elles
pris conscience des enjeux du développement
durable ?
C. B. : Oui, je pense que durant les cinq
dernières années les entreprises se sont
emparées de ce thème en comblant le
retard accumulé à la fin des années 90. Les
entreprises signataires du Pacte mondial
proposé par les Nations-Unies et de ses
engagements sont, pour 18 % d’entre elles,
des entreprises françaises. La mobilisation
des entreprises se mesure aussi aux initiatives
prises lors de la semaine du développement
durable...
Je pense qu'aujourd’hui le sens des
actions à mener est assez clair. En
revanche, je crois que bien peu d’acteurs
ont pris conscience de l’ampleur du changement
à opérer. Prenons par exemple
l’objectif de diminuer par quatre les émissions
de gaz à effet de serre à horizon
2050 : il implique de les abaisser de 3 %
par an... Je ne vois pas beaucoup d’entreprises
qui ont ce type de trajectoire dans
leurs perspectives de recherche/développement
à moyen et long terme, pour leurs
produits et leurs services.
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