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La Touraine devient un laboratoire du développement durable
Synergies.
Dossier réalisé par Annie Blanchet et Maï-Anne Tran
Exposition “La Terre vue du ciel”, la Bourdaisière à Montlouis-sur-Loire, jusqu’au 30 octobre 2005
Partenaire de “La Terre vue du ciel”, exposition* des photos
de Yann Arthus–Bertrand dans le parc du château de la Bourdaisière, à Montlouis-sur-
Loire, la CCI de Touraine a lancé, avec les entrepreneurs, le vaste projet de faire
de la Touraine une terre de technicité du développement durable.
Toutes les études montrent que la mise en réseau des entreprises, que les partenariats
entre les acteurs d’une même filière sont une nécessité face aux enjeux de la
mondialisation économique. Lorsque, dans un système productif local, chaque entreprise
perçoit et exploite les complémentarités existantes, lorsqu’une communauté d’intérêts
est mise en évidence et fonctionne, alors l’ensemble pèse plus lourd sur le marché.
Les élus de la CCI soutiennent et favorisent ces initiatives de mutualisation qui s’avèrent
plus efficaces que des juxtapositions concurrentielles.
Au travers de ses entreprises, de ses chercheurs, de ses organismes de formation,
la Touraine réunit des compétences de haut niveau en développement durable et fourmille
d’initiatives destinées à intégrer cette dimension dans son tissu économique et social.
A l’orée de leur nouvelle mandature, les élus de la CCI ont décidé de soutenir trois grands
projets, qui procèdent tous d’une démarche multi-partenariale : les pôles de compétitivité,
un futur conservatoire international de l’eau, un centre des technologies sensorielles
Pôles de compétitivité
La Touraine est très impliquée dans deux pôles de compétitivité : “Sciences et systèmes de l’énergie électrique” et “Sciences de la beauté et du mieux-être”.
Pôles de compétitivité. En
septembre 2004, le gouvernement a lancé
un appel à projets invitant entreprises,
centres de recherche et organismes de
formation à élaborer, dans un cadre régional
et partenarial, des projets technologiques
ou industriels, à caractère innovant
et de portée internationale. L’objectif
consiste à créer des “pôles de compétitivité”
auxquels l’Etat a prévu d’accorder
un budget de soutien de 750 millions
d’euros sur trois ans. Cent cinq projets de
pôles ont été déposés en février dernier ;
cinq à vingt d’entre eux
doivent être retenus par un
Comité interministériel
d’aménagement du territoire
(Ciadt) durant l’été 2005.
Les pôles de compétitivité
répondent à la logique de
développement durable que
l’Etat français souhaite
promouvoir. Ils suscitent le
développement de synergies
de proximité, tout en visant un niveau de performance international.
Ils s’inscrivent dans la lutte contre les
délocalisations.
Les pôles
de compétitivité
suscitent le
développement
de synergies
de proximité, tout
en visant un niveau
de performance
international.
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Deux projets de pôles de compétitivité se
sont dessinés en région Centre, avec une
participation importante de la Touraine.
Le premier, intitulé “Sciences et systèmes
de l’énergie électrique”, s’est constitué
autour de STMicroelectronics, en partenariat
avec les universités de Tours et
d’Orléans, des industriels, des établissements
publics tels que le CEA, le CNRS,
le BRGM, ainsi que de très nombreuses
PME/PMI — sans
oublier l’appui
massif des collectivités
locales ainsi
que des CCI.
Ce pôle s’est fixé pour
objectif de promouvoir l’efficacité énergétique
et les économies d’énergie ainsi que
le développement des énergies nouvelles
et renouvelables. “Nous avons déjà une
expérience de partenariat de près de dix
ans avec l’université François-Rabelais et
le CEA dans le cadre du Centre national
de recherche technologique (CNRT) en
microélectronique de puissance, explique
Armand Blottin, coordinateur du pôle
chez STMicroelectronics. Tours est d’ores
et déjà leader mondial dans ce domaine.”
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Armand Blottin, STMicroelectronics
coordinateur du pôle “Sciences et systèmes
de l’énergie électrique”.
Photos : M.A.T. |
Dix projets de coopération ont été
identifiés dans le cadre de ce pôle. La
société Agilicom s’est associée au projet “Capthom” (capteur de présence humaine
universel). “Nous apportons notre savoirfaire
en communication industrielle,
précise Jean-Yves Bois, directeur
d’Agilicom. En l’occurrence — et pour
simplifier — il s’agit de permettre
l’échange d’information entre un capteur
et un interrupteur, dans le but, par
exemple, d’abaisser le chauffage en cas de
non-occupation d’un lieu...”
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Photos : Yann Arthus-Bertrand |
La PME
amboisienne Ainélec (conception et fabrication
de produits électroniques intelligents)
apporte ses compétences au projet
“Gecopac” de pile à combustible, qui serait
la plus sérieuse solution alternative au
moteur thermique (applicable notamment
à la voiture et au bus). Attributions
d’Ainélec : interfacer en puissance des
sources d’énergie naturelles aléatoires et
leurs applications (éclairage, etc).
Egalement partenaire du projet Gecopac,
la société Dalkia (exploitation et maintenance
d’installations énergétiques) est
compétente pour sa mise en oeuvre industrielle.
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Yann Arthus-Bertrand Photos : O.M. |
Son leitmotiv : optimiser les
consommations d’énergie grâce à des technologies
innovantes (systèmes de récupération
d’énergie). Dalkia s’est d’ailleurs
dotée d’une charte du développement
durable. Parallèlement, l’agence de design
et de communication RCP Design Global
(spécialisée dans le transport ferroviaire)
intervient — aux côtés notamment de
Ramtonic (Tours) et du CEA (Monts) —
sur le projet “Blue PAC” : un bateau
équipé d’un moteur électrique alimenté par
une pile à combustible.
Optimiser
les consommations
d’énergie grâce
à des technologies
innovantes
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Le groupe Faiveley, concepteur et fabricant
d’équipements ferroviaires est le
maître d’oeuvre du projet “Katium”.
“C’est le nom associé au brevet que nous
avons déposé. Il permet de réduire fortement
la masse et le volume de convertisseurs
statiques embarqués à bord des
trains, permettant ainsi une économie d’énergie substantielle,” explique Philippe
Aubin, l’un des co-inventeurs du brevet.
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Sièges dessinés par RCP Design |
D’autres entreprises tourangelles se sont
investies dans le pôle de compétitivité
“Sciences de la beauté et du bien-être”, qui
s’est constitué autour de la Cosmetic
Valley de Chartres. “Les pôles créent des
opportunités de développement très intéressantes”,
témoigne Rémi Dufait, directeur
général adjoint de Vermon, partie
prenante des deux pôles.
L’entreprise leur
apporte sa compétence dans la conception
et la fabrication de sondes ultrasons (pour
des applications principalement médicales).
Un pôle de
réflexion, fondé
sur l’idée de
la nécessaire
préservation
de l’eau pour
les générations
futures
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Les sociétés Spincontrol (réalisation
de tests d’efficacité de produits cosmétiques)
et Onixxa (conception et commercialisation
de “textiles intelligents”) sont
partenaires d’un projet dédié à l’exploration
des cosméto-textiles. Ces produits
combinent des textiles et des formulations
cosmétiques (collants amincissants, etc.).
L’eau, force vive. L’engagement
de la CCI de Touraine en faveur du développement
durable se traduit par l’intérêt
particulier qu’elle a décidé de porter au
thème de l’eau. “Une commission y
travaille déjà depuis un an, dans le cadre
de Projets pour la Touraine, commente
Bernard Estivin, président de cette association
de 160 membres. Le classement
de la Loire au patrimoine mondial de
l’humanité par l’Unesco a contribué à
l’émergence de ce pôle de réflexion, fondé
sur l’idée de la nécessaire préservation
de l’eau pour les générations futures.”
L’eau suscite
l’intérêt
d’acteurs
d’horizons
extrêmement
divers
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Pour l’heure, la Maison des Sciences de
l’homme réalise une étude préliminaire
sur la Loire, les entreprises consommatrices
d’eau, et les acteurs de la gestion de
l’eau. Il s’agit d’identifier les points d’excellence
et les spécificités de la Touraine
au regard de cette thématique avec, en
ligne de mire, la création, à terme, d’un
conservatoire international de l’eau. “Je
suis frappé par le fait que l’eau suscite
l’intérêt d’acteurs d’horizons extrêmement
divers. A l’évidence, ce thème est
porteur de synergies fécondes pour la
Touraine” ajoute Bernard Estivin.
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