Stratégie / Expert
L’intelligence économique au service des PME/PMIDans un contexte de mondialisation des marchés, il est désormais difficile pour toute organisation de se passer d’informations stratégiques pour ses projets de développement. Pierre Larrat, directeur d’Atelis* et professeur à l’Escem, explique la nécessité de sensibiliser les entreprises, quelle que soit leur taille, aux pratiques de l’intelligence économique
Propos recueillis par Annie Blanchet
Pierre Larrat, directeur d’Atelis
Photo : DRCela devient une évidence : l’information est aujourd’hui un enjeu déterminant pour la compétitivité des entreprises. Pour se développer et perdurer, celles-ci ont en effet besoin d’informations économiques fiables. L’Intelligence économique (IE), incluant les principes de veille stratégique, constitue désormais un mode de management à part entière.
Pour autant, nombre de dirigeants n’osent encore y recourir. Pourquoi ? Notamment parce que le concept a été trop longtemps mal connu et qu’il reste souvent flou dans les esprits. L’IE n’est pas appréhendée chez nous de la même manière que dans les pays anglosaxons où elle recouvre deux attentes bien précises : bénéficier de toutes les informations prospectives nécessaires au maintien de sa compétitivité tout en se préservant d’un accès non souhaité aux données dont on dispose. En France, la perception est souvent restrictive : on pense fréquemment à renseignement voire à espionnage économique.
Or, comme cela a été largement démontré, 90 % de l’information utile est légalement disponible. Cela ne signifie pas que ces informations sont gratuites ou facilement accessibles (Internet !). Dans tous les cas, l’information est une matière première à gérer. Ce qui implique la mise en place, au sein de l’organisation, d’un processus de gestion. Savoir identifier, collecter, traiter et diffuser l’information utile à la prise de décision ne s’improvise pas. Se former en interne aux méthodologies et outils de traitement appropriés est indispensable pour donner de la valeur ajoutée aux informations recueillies. La finalité étant pour les dirigeants de s’offrir, au moment opportun, la possibilité d’imaginer de nouveaux débouchés, de prévoir les changements voire de les créer.Premier colloque européen. Ces dix dernières années, l’IE est apparue comme un nouveau cadre de cohérence pour toutes les disciplines en vue de faciliter le développement de nouveaux projets et la protection du patrimoine. Afin de tirer un bilan des initiatives prises tant en France qu’à l’étranger, un premier colloque européen d’intelligence économique a été organisé les 27 et 28 janvier 2005 à Poitiers, au Palais des congrès du Futuroscope. L’événement a reçu le parrainage du Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin, et celui du Parlement européen. Il a été organisé par Atelis (Atelier d’intelligence stratégique) et l’Escem (Ecole supérieure de Commerce et de Management de Tours-Poitiers), avec le concours de leurs partenaires. L’objectif : sensibiliser les milieux professionnels aux pratiques de l’IE. Différents intervenants, publics et privés, ont pu ainsi dialoguer et surtout témoigner des actions originales qu’ils ont menées dans leur pays. Ce colloque a ainsi rassemblé quelque 250 participants et intervenants : grandes entreprises, PME, ministères, organismes publics, réseau consulaire, régions, universités et grandes écoles.
L’opération a atteint son but. Depuis, six conférences ont été demandées à Atelis au profit de PME et TPE, notamment tourangelles.Contact : Pierre Larrat - 02 47 71 72 99
plarrat@escem.fr
PC
* Atelis (Atelier d’intelligence stratégique) a pour membres fondateurs l’ACFCI (Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie), la CCI de Touraine, le Cigref (Club informatique des grandes entreprises françaises), le CRRM (Centre de recherche rétrospective de Marseille), le groupe ESCEM, le contrôleur général Gérard Hoffmann et le cabinet de conseil en intelligence économique Intelleco.