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Les consultants ont un regard d’avance

Accompagnement. Les consultants estiment coller aux besoins des chefs d’entreprises... qui ne savent pas toujours ce qu’elles peuvent leur demander. Spécialistes, mais de plus en plus au service de la stratégie globale des PME, ces conseils ont un regard d’avance qui les rend précieux. Anticiper est leur quotidien

Dossier réalisé par Odile Ménard

Photo : D.R.

Chez les anglo-saxons, on compte toujours au moins deux conseils dans l’environnement du chef d’entreprise. Il est vrai qu’ils ont commencé dans les années soixante, bien plus tôt que nous, à faire appel à des consultants” rappelle Jean-Marie Paviot, consultant associé au cabinet Thérius à St-Avertin. Bruno Gonzague, pdca d’Actiforces à Tours, note que “les chefs d’entreprise anglais sont actuellement deux fois plus consommateurs de cabinets conseils que leurs homologues français”. Jacques Coutant, directeur d’Evoliance à Tours, estime qu’actuellement la PME fait surtout appel à un consultant lorsque ça va mal, lorsqu’elle a un problème, “alors que le plus grand apport d’un conseil, c’est la prévention à court et moyen terme. Les grandes entreprises l’ont compris. La tendance montre cependant que les PME suivent la tendance, mais avec un décalage”.
“Les crises ont beaucoup aidé à faire connaître les conseils aux PME” reconnaît-on chez Thérius. Le passage aux 35 heures leur aurait même été... salutaire : “Nous avons travaillé ces dossiers sous l’angle du conseil en organisation, avec une étude approfondie du diagnostic. Les PME ont vu que nous avions apporté des solutions et elles en redemandent. D’ailleurs l’export, la mondialisation apportent des situations nouvelles qui nécessitent de s’adapter, et vite.” Selon J.-M. Paviot, cette reconnaissance des conseils tient également, plus concrètement, au comportement des banques de plus en plus exigeantes : “Les entreprises doivent montrer une grande visibilité sur le futur, ce qui demande d’utiliser des outils d’analyse nouveaux et de faire appel à des conseils qui les maîtrisent”.
En matière de management, et dans le cadre d’un marché de l’emploi de plus en plus tendu, Jacques Coutant estime que “même une petite entreprise aura intérêt à investir sur une équipe de quatre ou cinq cadres, pour faire évoluer ses compétences et la fidéliser. Le qualitatif en matière de management et de RH va être déterminant pour que les entreprises puissent conserver leur personnel.” Autant d’arguments qui amènent peu à peu les PME à se tourner vers les consultants. Mais comment trouver le bon ?

1 - Bruno Gonzague - Actiforces
2 - Jocelyne Abraham - IAE
Photos : O.M.
Le client d'un cabinet conseil a besoin de repères, de gages de professionnalisme
 

Tendance qualité. Pour les convaincre, les cabinets ont besoin de rassurer leurs clients. Certains, comme Evoliance, s’appuient sur leur appartenance au Syntec, d’autres tel Aksis (lire plus loin) ont choisi la certification Iso 9000, comme la plupart des trente consultants qui adhèrent à l’Association des conseils en entreprise (ATCE), que préside Catherine Bacou. Pdca d’Actiforces (22 personnes), c’est sur l’OPQCM, qui qualifie son cabinet, que s’appuie Bruno Gonzague, délégué régional de l’organisation : “L’Office des professionnels de qualification des conseils en management a été créé en 1979 pour doter la profession d’une marque de reconnaissance du professionnalisme”. L’OPQCM couvre quinze domaines et qualifie des entreprises pour trois ans selon plusieurs critères : CA de plus de 50 000 €, santé financière, taux de turn over des consultants, témoignages de satisfaction des clients, etc. 550 cabinets en France dont 7 en région Centre (3 en Touraine) sont qualifiés OPQCM. “Notre client veut des repères, des gages de professionnalisme du cabinet, poursuit Bruno Gonzague. J’ai très vite pris conscience que nos consultants en interne connaissaient aussi ce besoin, afin de disposer d’un système de benchmarking de performances et de critères de référence qui nous permettent de mesurer la qualité de nos prestations. Celles-ci couvrent les métiers « transverses » du conseil : recrutement, conseil et formation en management, organisation du travail, développement commercial, gestion des compétences et reclassement.”

Formation supérieure. A Tours, consultants, mais aussi directeurs de ressources humaines en PME ou DRH adjoints dans une grande entreprise peuvent préparer à l’IAE (Institut d’administration des entreprises - Université François- Rabelais) un Master de management des ressources humaines et stratégie de l’entreprise. Cette formation (Bac + 5) créée en 1993 à l’initiative d’entreprises, confère un statut professionnel. Elle fonctionne par alternance (elle existe aussi en formation initiale) sur la base de quatre sessions mensuelles de quatre jours consécutifs du mercredi au samedi.

Le plus grand apport d'un conseil, c'est la prévention à court et moyen terme
 
Jocelyne Abraham, maître de conférences et consultante en gestion des ressources humaines, en est la responsable : “Cette formation connaît un véritable engouement. Elle répond aux attentes de personnes (des femmes pour les trois quarts) qui ont déjà une expérience des ressources humaines, qui ont besoin de valider leur savoir, de réfléchir, ou d’acquérir un diplôme pour une reconnaissance personnelle. Ce sont souvent des DRH qui recherchent des idées nouvelles. A l’issue de ce Master, ils sont réellement transformés. De techniciens, ils deviennent créateurs d’outils, également capables de développer une culture d’entreprise et de la transmettre aux salariés.” C’est à ce même public de responsables des ressources humaines que s’adressent désormais les « Petits-déjeuners de l’Escem-CCIT » (lire en page 17), animés par François Taquet, professeur de droit social à l’Escem.

 
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