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A la rencontre des repreneurs

Acteurs. Démographie oblige. C’est en grand nombre que les chefs d’entreprises âgés de plus de 50 ans devront trouver un successeur dans les prochaines années. La reprise de leur affaire est, bien sûr, déterminante pour la pérennisation des emplois et des savoir-faire. Plus que jamais, la CCI de Touraine et ses partenaires multiplient les actions et les initiatives visant à faciliter les opérations de transmission-reprise

Dossier réalisé par Annie Blanchet

Photo : D.R.

Parce qu’elle agit au plus près des préoccupations des chefs d’entreprise et des commerçants, la CCI de Touraine a toujours apporté son soutien actif aux cédants et repreneurs. En attestent, tout d’abord, les deux dispositifs essentiels autour desquels elle articule son action : le réseau Transcommerce et le service Transmission-Reprise d’entreprise. Membre depuis 1996 de Transcommerce, premier réseau interrégional de transmission d’entreprises sur trente-six départements, la CCIT mène des missions aussi diversifiées que vaincre l’isolement des cédants, centraliser et diffuser les offres de vente, sensibiliser, informer et accompagner vendeurs et acquéreurs. La promotion et la transmission des offres de vente s’effectuent par le biais des partenaires et correspondants Transcommerce : agents immobiliers FNAIM et notaires du département. Un journal qui recense tous les mois près de mille annonces sur la région Centre, un site internet (www.transcommerce.com) et un guide pratique de la transmission complètent ce dispositif.

1 - Stéphane Michel - BPVF
2 - Thierry Martignon - BDPME - Photo : A.B.

Gratuit, neutre et confidentiel, le service Transmission-Reprise d’entreprise se caractérise par une action menée très en amont, sur le terrain. Outre les visites systématiques des entreprises par les conseillers CCIT pour détecter les offres “cédants”, des actions de sensibilisation sont réalisées auprès des dirigeants souhaitant céder leur activité. Ces derniers peuvent adhérer gratuitement au service www.pmicontact.net. Pour recenser les demandes “repreneurs”, un dossier très complet est d’abord rempli par les candidats, qui sont ensuite reçus individuellement par le conseiller spécialisé CCI, puis mis en relation avec les cédants “déclarés” ou les partenaires du réseau départemental Reprendre et Transmettre. Les repreneurs intéressés par des TPE ou des activités du secteur de la construction sont orientés soit vers la FFB 37, soit vers la Chambre de métiers et de l’artisanat d’Indre-et-Loire, via le dispositif Entreprendre en Touraine.

L’événement CCI du 17 mars. La CCIT organise dans ses locaux, le 17 mars prochain, en même temps que quarante-neuf autres CCI en France, une opération dénommée “L’entreprise à la portée de tous”, sur le thème de la reprise. L’objectif : rassembler dans un espace de dialogue et d’information privilégié les chefs d’entreprise potentiels (repreneurs de PME, commerce ou services) et les professionnels et experts de la transmission-reprise. Au programme : ateliers permanents, témoignages, tables rondes et conférence plénière en liaison directe avec le Sénat, à Paris.
La recherche des opportunités, le diagnostic, la valorisation, les négociations et le financement de la reprise d’un fonds de commerce ou d’une entreprise seront traités sous tous leurs aspects lors de trois grandes conférences. Professionnels et experts de la transmission-reprise, réunis dans “le village des partenaires” pourront être consultés gratuitement dans les ateliers conseil, finances et technologies : Oseo BDPME, Banque Populaire Val de France, l’association tourangelle des experts-comptables, la chambre syndicale des notaires départementale, parmi d’autres partenaires.
Réalisée en direct avec le Sénat, à Paris, la conférence plénière de clôture avec l’ensemble des CCI s’articulera autour de deux axes. L’un concernera les principales orientations de la loi Jacob, sur deux volets : d’une part le statut des entrepreneurs, conjoint collaborateur, collaborateur libéral ou professionnel autonome, d’autre part les nouvelles dispositions financières relatives aux repreneurs, augmentation des fonds propres, recours aux fonds de garantie, aides à la transmission-reprise, prime de transmission, tutorat des repreneurs par les cédants. Le deuxième axe concernera le rapport Villain, qui propose, en trois points, une meilleure organisation du marché de la transmission : accroître l’offre en démarchant systématiquement les dirigeants de plus de 50 ans, qualifier la demande en formant, conseillant et accompagnant mieux les repreneurs, optimiser la rencontre offre/demande en mettant en place un portail commun qui fédère les outils et sites locaux des partenaires CCI pour la transmission-reprise d’entreprises.

L’OBO, outil de transmission, est dans l’air du temps. Il sera présenté lors de l’opération CCI du 17 mars. “L’OBO (pour Owner Buy Out) est une opération de vente à soi-même qui permet à un dirigeant actionnaire de réaliser une partie de son patrimoine sous la forme d’une cession de ses actions à une société holding dans laquelle il détient une quote-part significative. Ceci tout en restant impliqué dans la conduite et la gestion de la société”, explique Stéphane Michel, responsable de l’ingénierie financière à la Direction entreprises de la Banque Populaire Val de France.
Dans un OBO, l’âge et la volonté du dirigeant de continuer à s’impliquer personnellement sont des critères importants
 
Dans ce montage, le dirigeant crée une holding en y associant un repreneur potentiel, qui peut être un membre de sa famille, un collaborateur, une personne extérieure... Le plus souvent, l’opération inclut des financiers. La holding va ensuite racheter la société grâce aux capitaux apportés par le dirigeant (l’apport peut être aussi constitué de titres de la société), les autres associés - repreneur et financiers - et la dette levée auprès des banques. L’emprunt bancaire se rembourse par les remontées futures de dividendes. “Le but commun des associés de la holding est de développer l’entreprise et de rembourser la dette.”
Un OBO doit respecter certains critères : une PME-PMI de taille significative, avec des résultats suffisants pour rembourser la dette contractée par la holding - la dette est non productive - et investir dans le développement de l’activité ; un dirigeant voulant continuer à s’investir personnellement : “Il doit assurer l’accompagnement du repreneur pendant cinq à six ans” ; une grande vigilance au plan économique (marché porteur), financier (dégager du cash pour rembourser la dette de la holding) et psychologique (bien s’entendre avec les autres associés, dont le repreneur potentiel). Sans oublier l’aspect lié à la volonté éventuelle des actionnaires de bénéficier de l’avantage fiscal de l’intégration à la holding. “Attention à « l’amendement Charasse » qui interdit dans certaines conditions la déductibilité des charges financières supportées par la holding d’acquisition.”
Les intérêts d’un OBO sont multiples. “Si tout se déroule bien, le dirigeant recueille, en sus, au bout de cinq à sept ans, la différence entre la valeur de sa société lors de la mise en place de l’opération et celle acquise lors de la revente” Le repreneur intervient progressivement dans la société, avec des moyens limités au départ. Quelques années plus tard, il en devient le manager et l’actionnaire de référence. Quant à la banque, “elle prête à une holding qui va contrôler une société qu’elle connaît bien et dont le dirigeant en maîtrise tous les aspects”.

Contrat de développement transmission. Situé entre fonds propres et crédit classique, le contrat de développement transmission Région Centre est un prêt sans garantie qui complète l’intervention des banques dans le cadre de la transmission d’une entreprise de la région. Ouvert aux TPE et PME industrielles et prestataires de services à l’industrie, il est mis en place par OSEO BDPME (Banque du développement des PME). Il bénéficie d’une co-garantie à hauteur de 70 % du Fonds régional de garantie Centre (FRGC) et de Sofaris. “Grâce à un différé de remboursement de deux ans, ce prêt diminue le poids de la dette d’acquisition pendant les deux années qui suivent la reprise. Le remboursement sur la période restante s’effectue par échéances trimestrielles”, explique le délégué régional d’OSEO BDPME, Thierry Martignon.
Le contrat de développement transmission Région Centre est un prêt sans garantie qui complète l’intervention des banques
 
Cette solution permet de réduire le recours à la dette bancaire d’acquisition de l’entreprise. Son montant ne peut excéder celui des apports en fonds propres ou assimilés. “Le repreneur emprunte entre 40 000 et 150 000 E pour une durée identique à celle du prêt bancaire ; cette durée étant toujours comprise entre 5 et 7 ans.” Quant au taux, il est fixe ou variable avec une indexation sur l’Euribor.
Enfin, aucune garantie réelle ou personnelle n’est exigée pour ce prêt afin de limiter l’engagement éventuel du repreneur à la seule dette bancaire d’acquisition. “Est uniquement effectuée une retenue de 5 % du montant emprunté, somme finançable, rémunérée et restituée à l’issue du contrat”, précise encore Thierry Martignon.
 
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