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Créativité
De l’idée à l’entreprise
Parcours. Il en va des entreprises comme des hommes :
il n’en est pas deux semblables et aucune n’a son destin écrit à l’avance. Mais dans tous les cas, on trouve au commencement l’étincelle, l’idée limpide qui sert de socle à la réussite. Ensuite, pour que d’une idée naisse une entreprise viable, un travail patient, une opiniâtre détermination sont indispensables. Démonstration par l’exemple de six créateurs qui suivent ce chemin avec talent
Dossier réalisé par Maï-Anne Tran
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| Stylo “les fourmis chics” de Michel Audiard - Photo DR |
Acte I : le déclic. Chez ORT (Euridile), Frédéric Ribemon est chargé de la création de sites internet. Mais sa vie de salarié manque de sel. Par hasard, il rencontre en 1999 le sculpteur tourangeau Michel Audiard et lui propose de concevoir son site. A ce moment-là, l’artiste travaille tout particulièrement sur la sculpture de stylos, qui connaissent un succès grandissant auprès d’une clientèle prestigieuse (chefs d’Etat, stars internationales...). Frédéric Ribemon se prend de passion pour cet univers et se fait salarier par Michel Audiard pour développer la commercialisation de ses œuvres. Au fil du temps, il a l’idée originale de créer une sorte de ligne de prêt-à-porter pour ces stylos, à l’image des grandes maisons de couture qui développent, à côté des créations que seule une poignée de clients au monde peut s’offrir, des modèles accessibles à un public moins restreint. Avec l’accord de l’artiste, il crée pour ce faire la marque “Signé Audiard” et en devient officiellement le distributeur exclusif en juillet 2003.
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Frédéric Ribemon - Photo MATT
Je voulais mettre mon expérience au service d’une entreprise qui privilégie l’humain, les envies et les projets de tous. |
A l’origine de Air Magic Loire Valley (créée en juin 2004), il y a, aussi, une idée force. “Au-delà de l’offre de vol en montgolfière, mon objectif consiste à devenir, à terme, un acteur reconnu du tourisme en Touraine, explique Jean-Christophe Brassart, gérant de la société. Quand un ballon décolle, cela crée une animation, avant, pendant et après le vol : les gens visitent le site qu’ils vont survoler, consomment et logent aux alentours...” D’emblée, Air Magic Loire Valley veut donc voir plus loin que son propre champ d’activité, un souffle lié peut-être au passé de Jean-Christophe Brassart. Militaire de carrière pendant quinze ans, il est de toutes les interventions extérieures à haut risque (le Rwanda, la guerre du Golfe...). Devenu pilote professionnel de montgolfière, il découvre qu’il existe en Touraine un créneau pour cette activité, qu’aucune autre société n’exerce.
Quant à la SARL Alter-Négo (recherche, négociation et conception de sites en radiotéléphonie - pour les téléphones portables ), elle est née d’un besoin personnel de se réaliser. “Je voulais mettre mon expérience au service d’une entreprise qui privilégie l’humain, les envies et les projets de tous, explique Frédéric Miniou, l’un des trois associés d’Alter-Négo. Avec deux collègues et amis, Romuald Flohic et Thierry Garcia, nous avons décidé en juin 2003 de monter notre propre entreprise. En octobre, nous avions tous les trois démissionné. En janvier 2004, la société Alter-Négo était née.”
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Frédéric Miniou et Romuald Flohic - Alter-Négo - Photo MATT
Nous avions pris le temps de mûrir, y compris avec nos familles, la décision de nous installer à notre compte |
Acte II : la mise en route. Avant de créer une marque pour les stylos sculptures de Michel Audiard, Frédéric Ribemon a travaillé pendant trois ans aux côtés de l’artiste. “Pour développer sa notoriété et apprendre à connaître ce marché, j’ai fait toutes les expositions internationales dédiées au stylo. Quand l’idée des séries limitées s’est imposée, j’ai pris en charge la réalisation du projet de A à Z : le choix du métal argenté dans lequel seraient coulés les stylos, la mise au point d’un système de fabrication « industrialisé » au sein de la fonderie, les prévisions de tirage, etc.” Deux collections de stylos ont déjà vu le jour, complétées à l’automne 2004 par une première série de coupe-papier. Frédéric Ribemon s’efforce aujourd’hui de développer le réseau des boutiques où ces objets sont commercialisés (une trentaine, dont la moitié à l’étranger), de les proposer également à des entreprises de prestige pour leurs cadeaux d’affaire. A 380 euros le stylo roller, on est quand même loin des 2 000 euros qu’atteignent au minimum les pièces uniques.
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| Air Magic Loire Valley - Photo DR |
Pas d’improvisation non plus pour le pilote de montgolfière Jean-Christophe Brassart, qui est d’abord salarié pendant trois ans dans une compagnie basée en Eure-et-Loir afin d’y peaufiner son projet de création. Il étudie à fond le marché, s’adjoint une formation de chargé de développement touristique, mûrit plusieurs projets destinés à créer un maximum d’animation autour de ses vols et multiplie les contacts, en particulier auprès des collectivités locales. Il tisse différents partenariats : avec plusieurs hôtels, les offices de tourisme (où l’on peut réserver son billet pour un vol). “J’ai aussi pris appui, avec un réel profit, sur plusieurs structures publiques d’aide à la création (la CCI, le Conseil général, l’Agence de développement du pays du Chinonais...).” Jean-Christophe Brassart propose aussi aux entreprises de se servir de ses ballons pour communiquer, organiser des séminaires, offrir des vols à des invités privilégiés...
La mise en place d’Alter-Négo a été réalisée avec méthode et sans difficulté majeure. “Nous avions une idée claire de ce que nous voulions faire et à nous trois, les compétences complémentaires nécessaires pour la mettre en œuvre, affirme Romuald Flohic. De plus, ayant bien analysé le marché, nous savions qu’il existait des opportunités dans notre secteur, puisqu’une seule autre entreprise dans le grand Ouest propose une offre de service en radiotéléphonie aussi complète que la nôtre, ajoute Frédéric Miniou. Nous avions aussi pris le temps, avant de démissionner, de mûrir, y compris avec nos familles, la décision de nous installer à notre compte. Le reste (budget prévisionnel, montage de dossiers en tout genre...) n’a finalement été que formalité.”
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