Stratégie / Territoire
L’Université François-Rabelais créatrice de richesseValorisation. Drapée dans la somme de savoirs qu’elle concentre, l’Université François- Rabelais peut faire oublier qu’elle est, aussi, un acteur économique de poids. Son offre de formation professionnalisée est de plus en plus riche, et ses quarante-trois laboratoires de recherche tissent avec les entreprises locales des collaborations multiples
Maï-Anne Tran
Faculté de Droit, aux Deux-Lions
à Tours - Photo DR“Le développement de la formation continue est pour nous vital, affirme Michel Lussault, président de l’université François- Rabelais de Tours. L’université a le devoir de partager ses savoirs, et de plus, elle a besoin de ressources complémentaires pour améliorer son fonctionnement. Il ne s’agit pas de vendre notre âme en commercialisant telle ou telle de nos compétences mais bien d’en reconnaître, d’une part, la valeur, et, d’autre part, de se donner les moyens de continuer à créer de la connaissance, à innover et, ainsi, d’assurer au mieux notre mission de service public. La plupart des enseignants chercheurs et l’ensemble des étudiants sont d’ailleurs convaincus de la nécessité pour l’Université de s’ouvrir sur l’ensemble de la société.”
Michel Lussault, président
de luniversité François-Rabelais - Photo MATDiplômes professionnels. Chaque année, plusieurs centaines d’adultes suivent un cycle de formation continue, dans l’un des sept UFR (Unité de formation et de recherche) que compte l’université, dans un IUT, ou encore en médecine. Un nombre croissant d’entre eux y accède grâce à la VAE (Validation des acquis de l’expérience), mise en place par une loi de 2002. La VAE permet d’obtenir un diplôme universitaire sur dossier, en fonction de l’expérience professionnelle du candidat. En formation initiale, l’université a inauguré à la rentrée 2004 ses nouveaux cursus, organisés en licence, master et doctorat (LMD), trois grades communs à l’ensemble des pays de l’espace européen de l’enseignement supérieur. “La réforme LMD a donné à l’université l’opportunité de revoir son offre de formation autour de la logique de métier, explique Michel Lussault. Pour chaque filière, nous avons systématiquement cherché à répondre à la question : à quelle profession prépare-telle ?” Aujourd’hui, plus d’un tiers des diplômes délivrés chaque année par l’université sont à finalité professionnelle. C’est le cas, par exemple, de la licence professionnelle Banque, ouverte en septembre dernier en apprentissage à l’IAE (Institut d’administration des entreprises, qui est une composante de l’UFR de Droit, Economie et Sciences sociales). Les professions bancaires ont participé à la mise en place de ce diplôme d’Etat, qui a pour objectif de former des collaborateurs directement opérationnels. “L’IAE reste fidèle à sa vocation première de répondre, au travers de ses formations, aux besoins des entreprises, rappelle Jean Desmazes, directeur de l’Institut. C’est pourquoi nous entretenons depuis toujours avec elles des relations privilégiées, en leur envoyant des stagiaires, en accueillant des intervenants professionnels, en effectuant régulièrement pour leur compte des études, des prestations de conseil, en recueillant, aussi, leurs versements au titre de la taxe d’apprentissage, qui constitue une ressource complémentaire essentielle.” En 2004, le master Gestion des Ressources humaines (RH) et stratégie d’entreprise, préparé à l’IAE de Tours, figure au palmarès Liaisons sociales- Manpower des dix meilleures formations RH, en termes de professionnalisation et d’accessibilité aux salariés. “L’IAE accueille en formation continue un grand nombre d’ingénieurs, de techniciens, de commerciaux amenés, au cours de leur carrière, à prendre des responsabilités en entreprise qui nécessitent d’être formé aux questions de management et de gestion, auxquelles leur formation initiale ne les a pas préparés.”
Université de Tours - Photo DR Partenariats de recherche. Les étudiants qui se destinent à la recherche ont de plus en plus l’opportunité de préparer leur thèse dans le cadre d’un partenariat avec une entreprise. “Les PME n’ont en général guère de moyens à consacrer aux activités de recherche et développement. L’université peut leur apporter les compétences d’un doctorant, qui - si son niveau scientifique le permet - fera d’une demande d’une entreprise son sujet de thèse, sachant que l’étudiant chercheur bénéficie en général d’une bourse CIFRE (Convention individuelle de formation et de recherche), qui couvre la moitié de son salaire. C’est l’une des voies possibles d’intégration des chercheurs dans les entreprises”, explique Francis Gauthier, responsable du service Partenariat-Valorisation-Edition, futur SAIC de l’université (Service des activités industrielles et commerciales). Ce changement de statut (prévu en 2005) est un signal politique fort donné par l’université, qui affiche ainsi sa volonté de valoriser ses potentiels scientifiques et d’en tirer les ressources correspondantes. “Une part de nos activités est soumise à l’impôt sur les sociétés, précise Michel Lussault. Le budget de l’université est financé à 75 % par l’Etat (environ 140 millions d’euros, dont 100 millions de masse salariale pour 1 260 enseignants chercheurs). Le quart restant provient de nos ressources propres, qu’il faut donc obligatoirement veiller à alimenter.” C’est, en particulier, la mission du service de la valorisation, chargé de gérer toutes les activités de l’université qui ne relèvent ni de la formation, ni de la recherche fondamentale. “L’essentiel du CA du service (approximativement 3 à 4 millions d’euros) provient des contrats que l’université signe avec des entreprises sur des collaborations de recherche, reprend Francis Gauthier. Par exemple, nous sommes en contrat avec Pfizer pour la réalisation d’une étude sur la propagation des médicaments dans le corps humain... Toujours dans le domaine de l’imagerie médicale, nos équipes ont développé un programme de recherche particulièrement fécond avec Cyclopharma, une entreprise dont le siège est en Auvergne et qui va prochainement ouvrir à Tours une unité de production de radios pharmaceutiques. Sans le soutien de l’université et des collectivités territoriales qu’elle a su mobiliser, ce projet n’aurait pas abouti.” Depuis un an, le service de la valorisation s’attache en outre à développer les ressources liées aux brevets. Actuellement, l’université négocie la cession des droits d’exploitation d’un brevet dont elle est copropriétaire avec l’INRA et le CNRS (un procédé original de vaccination contre la toxoplasmose). Elle peut également être sollicitée de manière très ponctuelle, par exemple pour l’analyse d’un matériau nécessitant le recours à des équipements sophistiqués dont une structure privée ne dispose pas. “La richesse économique générée par la recherche à l’université est très difficile à évaluer, car de très nombreux programmes sont montés en commun avec des partenaires, publics et privés, et échappent de ce fait à notre comptabilité... Des études seront prochainement menées pour déterminer le périmètre financier exact de la recherche universitaire”, conclut Michel Lussault.
SPVE : 02 47 36 66 36 / spve@univ-tours.fr
L’OFFRE DE FORMATION
23 000 étudiants, 8 000 diplômes par an
Depuis la rentrée 2004, les cursus universitaires à l’université François-Rabelais sont conformes au parcours commun à l’ensemble des universités des pays de l’espace européen : LMD (Licence, master, doctorat).
Licence (bac + 3)
- Droit, Economie et gestion, AES
- Lettres, Langues - Arts, sciences humaines et sociales
- Sciences et technologieMaster (bac + 5)
- Sciences et technologie
- Sciences de la vie et de la santé
- Sciences de l’homme et de la société
- Arts, lettres, langues et civilisations
- Droit et économie
- Sciences du management et administration des entreprises, préparé à l’IAE, (Institut d’administration des entreprises)Doctorat (bac + 8) : deux écoles doctorales
- Santé, sciences et technologies
- Sciences de l’homme et de la société + Médecine Sciences pharmaceutiques Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR) IUT de Tours IUT de Blois 2 écoles d’ingénieurs (Polytech Tours et l’Ecole d’ingénieurs du Val de Loire, à Blois)Avec notamment : 2 IUP (Instituts universitaires professionnels), à Chinon (Ingénierie des milieux aquatiques et des corridors fluviaux) et à Blois ( Informatique et Télécommunications) ; le CFA IURC (Centre de formation des apprentis inter universitaire région Centre)