|
ESCEM une école de valeurs
Ouverture. L’ESCEM (Ecole supérieure de commerce et de
management) est issue de la fusion en 1998 des écoles de Tours et de
Poitiers. Son projet pédagogique repose sur la personnalisation des
parcours, la proximité avec l’entreprise, une ouverture volontaire sur
l’international, qui s’accompagne d’une politique affirmée d’ancrage
dans le tissu local
Maï-Anne Tran
 |
| Photo DR |
L’ESCEM (Ecole supérieure de commerce et de management)
est née en 1998, à l’initiative des Chambres de commerce et d’industrie
de Touraine et de la Vienne, de la fusion des écoles de Tours et de
Poitiers. A cette date, l’école poitevine créée en 1961 est à la recherche
d’un nouveau souffle ; son homologue tourangelle née en 1982 a besoin,
pour progresser, de grandir en taille. En trois ans, l’ESCEM double
de volume, en termes d’effectifs (étudiants et professeurs) et de budget.
Le groupe est en pleine crise de croissance lorsque François Duve rgé
en prend la direction, en janvier 2002. Avec son président, Etienne
Rouxel, il imprime à l’ESCEM une démarche pédagogique innovante. Résolument
ouverte sur l’ex t érieur - l’entreprise, le tissu économique local,
l’international - elle s’appuie sur un sens aigu des valeurs humaines.
Le groupe ESCEM compte aujourd’hui 2 000 étudiants, 50 professeurs permanents
et fonctionne avec un budget de 20 millions d’euros. Les deux campus,
pédagogiquement interchangeables, ont toutefois conservé une identité
propre. A Poitiers, l’école est installée dans un bâtiment du XVIIIème
siècle aux murs de pierre et aux poutres apparentes, situé en plein
centre-ville. Près de la moitié des étudiants sont étrangers : le campus
a une vocation anglophone. Le site tourangeau concentre quant à lui
les deux tiers des effectifs, dans des locaux modernes, placés en périphérie
de la ville. Mais tout est mis en oeuvre pour créer une culture commune.
Les deux établissements sont administrés comme un seul, avec un secrétariat
général, des directions communes, animées par des responsables itinérants.
Côté étudiants, les “junior entreprises” des deux campus ont réuni leurs
équipes en juin dernier pour former Junior ESCEM Conseil, qui réalise
des études de marché pour le compte de créateurs d’entreprises, PME,
PMI et grandes enseignes.
 |
| Photo DR |
La formation phare de l’ESCEM reste le programme
de l’Ecole supérieure de commerce (ESC) Tours-Poitiers, accessible sur
concours après une prépa HEC. 60% des étudiants suivant ce cursus sont
recrutés par cette voie, leurs condisciples étant issus du “concours
passerelle”, ouvert aux bacs +2 pour l’accès en première année ; aux
licences ou maîtrises pour une admission en deuxième année. Au final,
l’ESC Tours-Poitiers diplôme chaque année environ cinq cents étudiants
du grade de Master. L’école forme avant tout des généralistes, dotés
toutefois d’une spécialisation, choisie en fin de parcours. L’ESCEM
a une étiquette “Finance” : nombreux sont ceux qui se tournent en effet
vers les métiers du chiffre, tandis que le quart des diplômés occupent
des postes de commerciaux (vente, distribution) à leur sortie de l’école.
Le cursus se décompose en deux cycles, sur trois années : le nive a
u Bachelor est atteint à la fin de la première année ; les deux dernières
années conduisent au niveau Master (bac +5). A partir de cette trame,
chaque étudiant est libre d’organiser son programme de formation, en
fonction de ses projets professionnels. En 2004, l’école propose ainsi
quatorze parcours de spécialisation, en cursus classique ou en apprentissage.
 |
François Duvergé, directeur général de l’ESCEM
vient d’être élu Président du chapitre de la Conférence des directeurs
des grandes écoles de commerce de France.
Photo MAT |
A l’écoute du monde. Quel que soit leur chemin,
les étudiants doivent valider des missions en entreprise sur neuf à
douze mois minimum. Sur une promotion, cent vingt étudiants optent pour
la formule de l’apprentissage, qui leur permet d’acquérir une expérience
de douze à dix-huit mois en entreprise, tout en poursuivant leur formation.
C’est aussi un moyen de financer une partie de sa scolarité, puisque
l’entreprise d’accueil verse à l’étudiant un salaire allant de 61 à
78 % du SMIC et prend en charge ses frais de scolarité sur toute la
durée du contrat. Enfin, cette période peut faire office de pré-recrutement.
L’ESCEM s’efforce de d é velopper cette filière, en dépit des difficultés
de financement. L’ouverture sur l’entreprise passe aussi par l’animation
de nombreux modules par des intervenants professionnels, l’organisation
annuelle des “EnTrePreneuriales”, vaste forum entreprises permettant
aux étudiants et diplômés de rencontrer les recruteurs. Les étudiants
sont par ailleurs tenus de choisir en début de scolarité six “électifs”
de culture générale, l’ESCEM ayant pour objectif de former, non seulement
des gestionnaires, mais aussi des personnes curieuses de leur environnement
et ouvertes au monde. Dès la deuxième année, tous les étudiants sont
d’ailleurs amenés à vivre une expérience à l’international pendant au
moins un semestre (stage, cours dans une université étrangère...). Ils
ont également la possibilité de faire une pause d’un an dans leur cursus,
pour vivre une expérience de longue durée en entreprise, partir étudier
à l’étranger, dans tous les cas gagner en maturité et faire le point
sur leur projet professionnel. Aujourd’hui, près d’un étudiant sur deux
choisit d’intercaler cette “année optionnelle” dans son parcours.
Le déploiement territorial est une priorité
pour l’actuelle direction de l’ESCEM, qui s’est engagée dans une démarche
volontaire de rapprochement avec les différents partenaires du tissu
local et régional : entreprises, collectivités, institutions diverses.
Le groupe entend se positionner comme centre de ressources, en développant
par exemple un atelier d’intelligence économique (Atélis), qui réalise
des études pour le compte d’entreprises partenaires, en organisant des
colloques. L’ESCEM dispense en outre plusieurs programmes de formation
continue, dont l’Exe c u t ive MBA, en partenariat avec l’université
de Sherbrooke (Québec). En formation initiale, le groupe a créé en 2003
l’Iseme (Institut supérieur européen des métiers de l’entreprise), fruit
d’un partenariat entre les CCI d’Eure-et-Loir, de Loir-et-Cher et de
Touraine. Accessible sur concours ouvert aux bacheliers, l’Iseme prépare
à un diplôme bac +3. Les étudiants, qui se répartissent entre les sites
de Blois, Chartres et Tours, sont individuellement parrainés par un
club de 160 entreprises partenaires, qui participent activement à la
pédagogie de l’école, afin que la formation dispensée réponde au mieux
aux besoins du marché. Le programme de l’Iseme devrait s’ouvrir à Poitiers
en 2005.
|
“Les grandes réussites se jouent au quotidien”
Entretien avec François Duvergé, directeur général de l’ESCEM
Qu’est-ce qui rend l’ESCEM unique parmi les écoles supérieures
de commerce en France ?
François Duvergé : Les formations proposées à l’ESCEM reposent
sur quatre valeurs essentielles : l’engagement, l’intégrité, la
curiosité, l’humilité. Aujourd’hui, les entreprises ont besoin
de managers d’hommes, pas de jeunes loups aux dents longues. Il
leur faut des décideurs sachant se tenir à l’écoute du monde et
des autres, ouverts au questionnement et capables de gérer le
changement.
Comment managez-vous l’ESCEM ?
F. D. : Je ne conçois pas d’avancer sans l’adhésion des enseignants
et des étudiants, avec lesquels j’entretiens des relations très
directes. Du point de vue du travail, je suis très exigeant vis-à-vis
des uns comme des autres. Chaque année voit son lot de redoublants
et d’exclus... Je crois aussi que les grandes réussites se jouent
au quotidien, dans la poursuite tenace de nos objectifs, en restant
fidèles à nos valeurs. J’ai consacré beaucoup de temps et d’énergie
à faire en sorte que les deux campus, de Poitiers et de Tours,
marchent à l’unisson. A u j o u rd’hui, je sens que les équipes
sont en place, qu’elles a d h è rent au projet de l’école, et
sont en mouvement.
Quel est le prochain enjeu pour l’avenir de l’ESCEM ?
F. D. : Les grandes écoles doivent aujourd’hui répondre à des
standards de qualité internationaux qui sont autant de gages d’excellence.
C’est pourquoi l’ESCEM s’est engagée dans un double processus
d’accréditation : AACSB et EQUIS. Ce sont les points de passage
obligés pour être en mesure de passer des accords avec des universités
de renom et mettre en place des filières de spécialisation conduisant
à l’obtention de doubles diplômes mondialement reconnus.
|
|