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Transmission d’entreprise : neutralité fiscale
Exonération. Les lois Dutreil et Sarkozy ont institué
des régimes spécifiques d’exonérations fiscales afin d’inciter à la
transmission d’entreprises. Bernard Jadaud, ancien professeur de la
faculté de droit de Tours, nous permet de mieux en comprendre les mécanismes
Propos recueillis par Patrick
Chateau
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| Photo DR |
La loi Dutreil (1/8/2003) pour l’initiative économique
et la loi Sarkozy (9/8/2004) sur le soutien à la consommation et à l’investissement
ont développé les régimes d’exonération pour permettre la transmission
de PME, entreprises individuelles ou sociétés, par cession ou par donation
notamment, sans qu’aucun impôt ne soit dû par le vendeur et l’acquéreur,
le donateur et le ou les donataires. Ces avantages ont une contrepartie
: celui qui acquiert ou reçoit l’entreprise doit s’engager à en poursuivre
l’exploitation pendant cinq années au moins.
Transmission à titre onéreux. La loi Dutreil
aménage, par une mesure permanente, le régime fiscal applicable à la
plus-value de cession de l’entreprise si l’entrepreneur cédant a exercé
son activ i t é pendant au moins cinq ans. Retenant comme critère le
CA réalisé par l’entreprise, la loi écarte toute imposition de la plus-value
lorsqu’il n’excède pas 250 000 E ht (secteurs de la vente de marchandises
et de l’hôtellerie) ou 90000 E (secteur des prestations de services).
D’autre part, elle réduit par un mécanisme dégressif l’imposition de
la plusvalue quand le CA ttc réalisé est compris entre 250 000 E et
350 000 E (1er secteur d’activité) ou entre 90 000 E et 126 000 E (2e
secteur d’activité). Enfin, le droit de mutation de 4,80 % est réduit
par un abattement d’un montant maximum de 23000 E sur le prix d’acquisition
de l’entreprise individuelle ou de parts sociales d’une société. La
loi Sarkozy accentue, temporairement, ces régimes qui écartent toute
imposition pour le cédant comme pour l’acquéreur. Le prix de cession
de cette branche d’activité (constituée par un ensemble d’éléments de
l’entreprise, hors immeuble), n’excédera 300 000 E. Dès lors, aucun
impôt sur la plus-value réalisée par le vendeur, entrepreneur individuel
ou société, n’est dû. L’acquéreur est exempté du droit de mutation dû
à l’Etat. Mais la cession à titre onér eux doit se faire avant le 31
décembre 2005 ; l’acquéreur doit s’engager à poursuivre l’activité de
l’entreprise pendant au moins cinq années.
Transmission à titre gratuit. La loi Dutreil
a adopté deux mesures d’application permanente. L’une, exposée ci-dessus,
est l’exonération, totale ou partielle et dégressive, de la plus-value
acquise par l’entreprise donnée ou transmise par décès dès lors que
celle-ci réalisait un CA ttc qui n’excédait pas les montants cités précédemment.
L’autre est une exonération des droits de donation ou de succession
de la moitié de la valeur de l’entreprise ou des titres d’une société
quand la donation, notamment, est faite en pleine propriété. Trois conditions
sont requises : le donateur (ou le défunt) doit posséder l’entreprise
indiv iduelle depuis deux ans au moins ou, pour une entreprise en société,
doit ou a dû prendre avec au moins un associé un engagement, dit collectif,
de conserver les titres sociaux pendant au moins deux ans ; chacun des
donataires ou héritiers doit prendre l’engagement de conserver l’entreprise
ou les titres reçus pendant au moins six ans ; l’un d’eux ou un associé
doit poursuivre effectivement pendant au moins cinq ans l’exploitation
de l’entreprise individuelle ou la direction de la société.
Deux mesures supplémentaires. Dans l’une,
les lois de finances votées fin 2003 permettent un report d’imposition
de la plus-value qui devient une exonération défi n itive si l’activité
de l’entreprise ou de la société est poursuivie pendant au moins cinq
années après cette transmission. L’autre prévoit une réduction des droits
de donation de 50 % si la donation est accordée en pleine propriété
avant le 30 juin 2005, quel que soit l’âge du donateur ; après cette
date, ce pourcentage sera maintenu s’il est âgé de moins de 65 ans,
et est réduit à 30 % s’il est âgé de 65 ans révolus et de moins de 75
ans. Le taux de réduction est de 35 % ou de 10 % si la donation est
consentie en nue-propriété seulement.
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