Stratégie / Solutions


Embauche : des aides pour sauter le pas

Soutien. Différents dispositifs sont prévus afin d’encourager les entreprises à embaucher. Favorables au développement de projets d’activité de tous secteurs, ils s’articulent principalement autour de la formation et de l’allègement des coûts salariaux. Tour d’horizon

Annie Blanchet

“Pour la petite et moyenne entreprise, l’embauche présente toujours un risque. Il faut du temps pour que le nouveau salarié s’adapte et devienne opérationnel. Aussi, minimiser les coûts durant cette période permet de réduire d’autant l’écueil”, explique le dirigeant de la société Audiolinner, à Tours, prestataire de solutions pour l’accueil dans l’entreprise. Une activité nouvelle pour laquelle le recrutement d’une personne supplémentaire s’est vite avéré indispensable. Afin de mettre en œuvre son projet d’embauche, Audiolinner a sollicité une aide auprès de ARDAN Centre.

Allure au masculin, à Tours
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Aides régionales. ARDAN (Association régionale pour le développement d’activités nouvelles) s’adresse à toutes les activités susceptibles de générer un développement de l’entreprise inducteur d’emploi. L’objectif est très clair : aboutir à l’embauche en CDD ou CDI du porteur de projet - qui peut être demandeur d’emploi, étudiant en fin de cycle ou intérimaire - une fois achevé son stage de formation de six mois au sein de l’entreprise. Durant cette phase, le porteur de projet n’a pas le statut de salarié mais de stagiaire de la formation professionnelle, dont l’entreprise supporte seulement à hauteur de 65 % sa rémunération nette. Audiolinner a ainsi pu créer son premier emploi : un poste de gestion de production. “La formule est souple et va dans le sens du développement des PME. Un deuxième recrutement est en cours, toujours par le biais de ce dispositif.” Partenaire d’ARDAN, la CCI de Touraine met à disposition ses conseillers pour accompagner les entreprises, les déchargeant ainsi de toutes les contraintes administratives. Rappelons enfin que cette aide est accessible à toute entreprise indépendante de plus d’un an d’existence, employant de zéro à cent salariés et n’ayant pas effectué de licenciements pour raisons économiques depuis plus d’un an. Autre aide, la Prime régionale à l’emploi (PRE) qui vise à soutenir la création d’emplois dans les PME. Plus précisément, elle concerne celles de moins de 250 salariés dont le CA ne dépasse pas 40MEet qui ne sont pas détenues à plus de 25% par une société ne répondant pas à ces critères. Pour en bénéficier, doit être pris l’engagement de créer au moins trois emplois en CDI temps plein dans les trois ans à venir si l’on a moins de 40 salariés et, pour les autres, à augmenter son effectif d’au moins 10%. Montant de l’aide allouée : 2000 Euros par emploi versés en deux fois par la Région.

Aide pour l’encadrement. Encourager les PME-PMI à mener à bien leur développement économique en renforçant leur équipe de cadres, tel est l’objectif de l’ARC (Aide au renforcement de l’encadrement). Les principales conditions pour en bénéficier sont un effectif d’au moins 10 salariés, une activité exercée depuis plus de 18 mois, ainsi que le projet de créer une nouvelle fonction au sein de l’entreprise. La société Secmeplast, à Savonnières, spécialisée dans la fabrication de pièces plastiques par injection, avait pour ambition d’embaucher un second cadre. “Il s’agissait d’une part de répondre à la croissance de Secmeplast et d’autre part de satisfaire à la demande de certification émise par une partie de la clientèle”, commente son dirigeant, Patrice Prioul. La future recrue devait donc avoir une expérience dans le domaine de la certification. Mais pour obtenir l’ARC, s’imposait également le recrutement, en CDI, d’un cadre de niveau Bac+4 ou d’une expérience professionnelle équivalente “ L’aide obtenue la première année est particulière - ment intéressante puisqu’elle représente la moitié des coûts salariaux : salaires bruts et charges patronales.” L’effectif est passé de 10, au moment du dépôt du dossier, à 12 personnes aujourd’hui. Et une nouvelle embauche est programmée...

Emploi des jeunes. Le Contrat jeune en entreprise et le Contrat d’apprentissage ont été respectivement modifiés en 2002 et 2004. En ce qui concerne le Contrat jeune, l’entreprise ou l’association bénéficie d’une aide d’une durée de 3 ans maximale lorsqu’elle conclut, à temps plein ou partiel, un CDI avec un jeune dont l’âge est compris entre 16 et 22 ans et le niveau de formation inférieur au Bac. A la recherche d’une personne pour le seconder dans sa boutique de prêt-à-porter, le propriétaire du magasin Allure au Masculin, à Tours, a mis en place ce dispositif. “Beaucoup de jeunes veulent travailler, mais ils se heurtent souvent à un refus de l’employeur en raison de coûts salariaux jugés au départ trop impor - tants. Aussi, l’exonération totale des charges patronales de Sécurité sociale pendant deux ans et de moitié la troisième année est-elle particulièrement incitative”, explique-t-il. Le jeune qui a été recruté est ravi. “ Je voulais être dans la vente. J’ai appris sur le terrain et découvert un métier où je souhaite rester.” Dans le Contrat d’apprentissage, l’employeur est exonéré des cotisations sociales en contrepartie de son engagement à former l’apprenti. L’exonération est totale pour les entreprises de 10 salariés ou moins et partielle pour les autres. Une prime annuelle de soutien à l’effort de formation est également allouée, et dans certains cas, une aide financière à l’embauche. “L’apprentissage est l’une des meilleures formules de co-investissement de l’apprenti et de l’employeur”, souligne Emmanuelle de la Mairieu, responsable emploi et développement RH au sein du centre de recherche Pfizer, à Pocé-sur-Cisse. Chaque année, une dizaine de jeunes y sont formés en alternance à des métiers aussi variés que secrétaire, informaticien et diverses spécialisations en biologie. “C’est un partenariat bénéfique pour les deux parties. Arrivé après une formation théorique, le jeune devient totalement opérationnel au bout d’un an.” A noter enfin que la réforme de la formation professionnelle, applicable en novembre prochain, s’ouvre à un plus large public d’apprentis.

SAE et CIE. Le Stage d’accès à l’entreprise (SAE) apparaît comme une solution pertinente, lorsqu’il s’agit d’adapter, par une formation, les aptitudes du salarié en place aux caractéristiques de l’emploi qui lui est proposé. Cela suppose que le chef d’entreprise ait, au préalable, parfaitement identifié les compétences nécessaires. Le dispositif est également applicable au demandeur d’emploi dont le profil est proche du poste vacant. Dans tous les cas, un plan de formation précisant les compétences professionnelles à acquérir est élaboré par l’entreprise ave c l’Anpe. Pour un demandeur d’emploi longue durée, la formation peut atteindre 750 heures. Durant la formation, le futur salarié possède le statut de stagiaire. Ensuite, et seulement si le niveau requis est atteint, le stagiaire est embauché par l’entreprise en CDI ou CDD d’au moins 6 mois et rémunéré en fonction du poste occupé. Le Contrat initiative emploi (CIE) cible un public en difficulté d’insertion. Il comporte une participation forfaitaire allant de 3 960 Euros à 30 000 Euros, afin de faciliter l’accès durable à la vie active des personnes les plus éloignées de l’emploi. Outre une exonération des charges sociales, des aides peuvent être accordées pour des formations (7,62 Euros/heure) ou des coûts liés à l’exercice des fonctions de tutelle pour l’embauche de certaines catégories de publics. Parallèlement, l’Anpe apporte son soutien dans le recrutement et les différentes démarches à effectuer. Pour bénéficier du CIE, un CDI ou un CDD d’une durée comprise entre 12 et 24 mois est indispensable. Et le salaire doit être au moins égal au Smic ou au minimum conventionnel applicable dans l’entreprise.