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Tourisme d’affaires :
compétences croisées et offre diversifiée

Valorisation. Le poids du tourisme d’affaires dans le développement économique et touristique est de plus en plus important. La Touraine répond aux nombreux critères exigés par les entreprises pour organiser leurs manifestations professionnelles. Elle dispose aussi de nombreux atouts pour valoriser et améliorer sa position sur ce marché. Et les efforts des acteurs du secteur comme des institutionnels sont destinés à renforcer sa compétitivité

Dossier réalisé par Annie Blanchet

Animation LFE
Photo DR

Réel enjeu pour l’activité économique, le tourisme d’affaires représenterait aujourd’hui 10 % des entrées touristiques en France. Comparé au tourisme de loisirs, il est particulièrement rémunérateur par séjour et par client : entre 2,5 et 3 fois plus. Il demeure cependant un secteur à développer. En effet, on est loin d’avoir atteint le stade de maturité sur ce marché qui comprend les congrès et conventions d’entreprise, les foires et salons, les incentives, séminaires, réunions professionnelles, ainsi que toutes autres manifestations concernant le monde des entreprises et des associations. Pour l’heure, l’offre est fortement concentrée sur trois régions : Paris (première ville de congrès au monde)-Ile-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. La Touraine arrive en quatrième position dans ce classement. “Avec une offre touristique supérieure à la demande depuis une quinzaine d’années, il faut, pour peser sur ce marché, satisfaire à une double exigence de qualité et de cohérence dans les actions à mener”, analyse Serge Babary, vice-président du Conseil général d’Indre-et-Loire et président du Comité départemental du tourisme (CDT).

Jean-Claude Taupin
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Avec les professionnels. Pour assurer sa mission de promotion du tourisme, dont le tourisme d’affaires, le CDT intervient selon deux axes. L’un, majeur, concerne les opérations de notoriété et d’image menées en partenariat aussi bien avec des groupes de professionnels que des opérateurs individuels. “Promouvoir la marque Touraine Loire Valley est primordial”, commente le directeur du CDT, Frank Artiges. Les moyens pour y parvenir sont multiples. Plaquettes, brochures, opérations de marketing direct sur des cibles qualifiées, manuel de vente pour les prescripteurs de voyage, plusieurs sites internet... “mais aussi une présence dans vingt-cinq salons en France et dans les pays européens de proximité. Sans oublier les relations permanentes avec la presse touristique.” Le second axe porte sur l’animation et la coordination des actions des professionnels. Le CDT œuvre en étroite collaboration avec la CCI de Touraine. “Il s’agit d’impliquer les différents acteurs, hôteliers, restaurateurs, agences réceptives... dans une démarche de qualité identique, afin d’offrir une grande lisibilité en amont et une bonne commercialisation en aval des produits touristiques”, précise Frank Artiges. Citons par exemple les procédures de certification HOTELcert, référentiel qualité attaché aux établissements hôteliers.

Le Vinci, outil économique. Après Paris, Cannes et Nice, Tours est la 4e ville de congrès en France. En réalisant l’an dernier 170 000 journées (à l’instar des nuitées en hôtellerie), le centre international de congrès Vinci a généré quelque 18 ME pour l’économie locale. “Un congressiste dépense entre 106 et 228 euros par jour”, précise le président du directoire, Benoît Martin. Positionné sur le segment des congrès jusqu’à 2 000 personnes et plus, le Vinci a, il est vrai, nombre d’atouts pour séduire. Sa situation au cœur de la Loire Valley (3e destination touristique française) est particulièrement appréciée des organisateurs de manifestations. Son accès est facile et rapide par train depuis Paris ou Roissy. “Et puis, il y a son implantation en plein centre-ville avec, en prime - c’est le seul en France - la gare TGV à ses portes”, ajoute Benoît Martin. A noter encore que les 1 500 chambres situées dans un rayon de dix minutes à pied du Vinci constituent un autre point fort.

 

Serge Babary
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Structures hôtelières à développer. Le débat est cependant récurrent sur la nécessité ou non d’un établissement haut de gamme de 150 à 200 chambres. Celui-ci permettrait selon certains de mieux répondre à la demande de manifestations de grande envergure. Pour l’heure, seul l’Univers avec ses 85 chambres est classé 4 étoiles au centre de Tours. “Cette insuffisance des structures hôtelières pour accueillir les congrès en période touristique amène aussi à se donner pour objectif d’amplifier la venue des touristes d’affaires en arrière-saison”, estime Frank Artiges. L’association Loire Valley Convention Club rassemble une vingtaine de membres : hôtels, restaurants, sites touristiques, agences réceptives, autocaristes... Sa vocation est de promouvoir le tourisme d’affaires en Val de Loire et de proposer son savoir-faire aux professionnels du secteur. Elle met à leur disposition brochure, CD-Rom et clip vidéo. “Nous communiquons également sur les marchés français et étrangers en participant à des salons tels Bedouk, Réunir, Emif (Bruxelles), Futurallia...”, souligne le président Jean- Claude Taupin.

Mutualiser les moyens. Pour amplifier la promotion de la destination Val de Loire, plusieurs solutions sont envisagées par Loire Valley Convention Club. D’abord maintenir le niveau de recettes actuelles, ensuite se doter éventuellement d’un budget plus important grâce à l’arrivée de nouveaux membres. “Il faut aussi réfléchir à un élargissement au niveau ligérien en rassemblant dans un premier temps des structures en Loiret et Loir-et-Cher, puis ensuite, pourquoi pas, sur un périmètre calqué sur celui de la mission Loire Unesco”, commente Jean-Claude Taupin. Pour l’heure, mandat vient d’être donné à l’un des membres, l’agence réceptive Privilèges de France, pour assurer en Touraine la commercialisation de produits complets couvrant la totalité des besoins du client. Cette dernière initiative satisfait l’autocariste Connex Ligéria - Tourisme Verney (120 salariés, 150 véhicules). Le tourisme d’affaires représente 10 % de son CA, réalisé avec une clientèle d’agences événementielles et de sociétés organisant séminaires, conventions et congrès. Son directeur, Pascal Guéguen, souhaite développer ce secteur, “mais pas tout seul. Nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne. On ne pense à nous qu’en dernier !” observe-t-il.

Se donner aussi pour objectif d’amplifier la venue des touristes d’affaires en arrière-saison.


 
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