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35 heures un rapport à ne pas enterrer
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| Photo : D.R |
Réalité. Présidée par Patrick
Ollier, la mission dévaluation des conséquences
économiques et sociales de la législation sur le temps
de travail a adopté ses conclusions le 14 avril. Touraine Eco
a souhaité saluer le travail réalisé par son rapporteur
Hervé Novelli et en présenter la synthèse aux chefs
dentreprise
Hervé Novelli Député dIndre-et-Loire
Rapporteur de la mission RTT
Etat des lieux.
Empilement : guidée par le principe du partage du travail
avec lobligation de créer des emplois, la législation
a évolué vers un dispositif dallègements
de charges sociales qui vise, essentiellement, à compenser laugmentation
du coût du travail imposée aux entreprises lors du passage
aux 35 heures. La loi Fillon a, pour sa part, remédié
aux problèmes les plus urgents en clarifiant et assouplissant
les dispositifs antérieurs.
Inégalités : la mise en uvre de la réduction
du temps de travail a accru le clivage entre les entreprises en fonction
de leur taille (plus ou moins 20 salariés) ; entre les entreprises
éligibles aux différents dispositifs ; entre les salariés
des entreprises passées aux 35 heures et ceux qui nen bénéficient
pas ; entre les salariés selon leur statut dans lentreprise
; entre les salariés du secteur public (tous les agents sont
passés aux 35 heures au 1er janvier 2002) et du secteur privé
(deux tiers des salariés du secteur marchand)...
Complexité : la législation sur la réduction
du temps de travail participe à la complexité des règles
du droit du travail, source dinsécurité juridique.
Conséquences.
Coût : le coût des allègements de charges
liés à la RTT est élevé pour le budget de
lEtat. Il atteint 8 milliards deuros en 2003 (15 milliards
deuros en 2007). Le coût dun emploi 35 h
correspond à 23 000 euros soit environ trois fois plus quun
emploi aidé normal. La théorie des retours financiers
est particulièrement difficile à évaluer.
Inefficacité : 350 000 emplois créés selon
les chiffres officiels de la DARES. Lors de la préparation des
lois Aubry I et II, il était annoncé la création
de 400 000 à 700 000 emplois. La productivité par personne
a baissé entre 1996 et 2002, les 35 heures ont terni limage
de la France à létranger, le secteur du tourisme
na pas bénéficié des effets de la RTT, celui
de la formation professionnelle a perdu environ 6 % de son chiffre daffaires
car, avec les RTT, il est particulièrement difficile de trouver
des créneaux de formation. De même, la restauration collective
enregistre une perte de 83 millions de repas servis. Enfin, si les grandes
entreprises, bien quhostiles aux 35 heures, ont pu sadapter,
les PME-PMI ont, pour la majorité dentre elles, préféré
préserver léquilibre existant au sein de leur entreprise.
Cette situation a pour effet de renforcer la tendance à la dualisation
de léconomie française. Sagissant de la fonction
publique, la situation est particulièrement préoccupante
dans le secteur hospitalier où la réduction du temps de
travail na fait quaggraver la situation.
Propositions.
Il nest pas question de revenir au statut antérieur par
la voie législative : les entreprises aspirent à une stabilité
juridique. Des assouplissements sont cependant nécessaires. Il
est souhaitable dinstituer la possibilité de déroger
aux dispositions des accords de branche même préexistants
et, dans les fonctions publiques, de remédier aux principaux
dysfonctionnements. Pour préparer lavenir, nous proposons,
à titre expérimental, que lon puisse déroger
par la voie conventionnelle à la durée légale du
travail. Par ailleurs, il serait opportun dinviter les partenaires
sociaux à engager une réflexion sur la redéfinition
du partage des compétences entre la loi et la négociation
collective.
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