En couverture / Europe
Frontières en moins, business en plus ?Europe. LUnion Européenne compte vingt-cinq Etats-membres depuis le 1er mai, date de ladhésion de dix nouveaux pays. Lentrée de la Roumanie et de la Bulgarie est prévue en 2007, mais leuro partout nest pas pour demain. Le libre-échange facilitera-t-il le business, accentuera-t-il la concurrence des pays à faible coût de main duvre ? Lexpérience des entreprises tourangelles montre quil faut jouer fin...
Dossier réalisé par Odile Ménard
Photo DR
Inquiétude ou opportunité ?
En dix ans, on a constaté dans les pays de lEst un formidable développement : infrastructures, restauration du patrimoine, implantation de la GMS avec des enseignes françaises omniprésentes et surtout un bel appétit de consommation. Alors que le fort taux de chômage de certains pays na guère évolué. Si les entreprises françaises perçoivent limportance des nouveaux marchés qui souvrent, ainsi que les avantages à faire fabriquer dans ces pays, elles en craignent en même temps une vive concurrence : le coût de la main duvre y est de quatre à six fois moins élevé quen France et celui des produits fabriqués et importés (on dit désormais acquis) diminué dautant. Plus encore, ces pays constitueraient un nouvel eldorado pour les entreprises tentées par la délocalisation, alors que ce létait réellement... il y a dix ans : Cest encore intéressant, mais moins quhier. Aujourdhui, le plus proche eldorado se trouve en Ukraine et dans les pays du Maghreb assure Patrick Findeling, pdg de Plastivaloire à Langeais. Il y a dix ans, il a ouvert la première de ses trois filiales polonaises et vient de simplanter cette année en Tunisie. Quant à Malte et Chypre, inondées de soleil, elles respirent lopulence et invitent au voyage. Et leurs pavillons de complaisance devraient disparaître avec lentrée dans lUE.
Marie-Laure Madre, responsable de la cellule entreprise aux douanes - photo OM Etat des lieux.
26 000 entreprises françaises ont exporté en 2003 pour 11 MdsEuros dans la nouvelle zone (un chiffre multiplié par quatre depuis 2002), ce qui a représenté 3 % du commerce extérieur de la France. Lactivité sest concentrée sur trois pays : la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. La France y a dirigé 3,6 % de ses exportations, davantage que vers le monde chinois ou lAmérique latine. Elle y a 6 % des parts de marché (lAllemagne en a 25 % et lItalie 9 %). En Touraine, ce sont 150 entreprises qui, lan passé, ont exporté dans les dix nouveaux pays adhérents pour près de 30 MEuros (hors matériel militaire), soit 1 % des exportations du département, principalement en Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovénie. Les 27 pays de lUE constitueront à terme un marché unique de 500 millions de consommateurs, une zone dont le PIB de 9 000 milliards deuros sera comparable à celui des Etats-Unis. Actuellement, le poids économique des 10 nouveaux adhérents, plus la Roumanie et la Bulgarie, représente 10 % de lUnion élargie.
photo DR Niveau.
Les nouveaux pays de lUnion Européenne sont-ils prêts ? LUE a jugé leur préparation satisfaisante. Mais pour le moment, aucun nintégrera la monnaie unique. Il leur faudra du temps pour répondre aux critères exigés par leuro. Sur un plan douanier, des inquiétudes subsistent sur leur mise à niveau réglementaire, cest-à-dire lapplication des réglementations européennes en vigueur, comme lexplique Marie-Laure Madre, responsable de la cellule conseil aux entreprises à la Direction régionale du Centre des douanes. On sait que des problèmes de nature informatique existent, on doute encore de la capacité des nouveaux pays à lutter contre la fraude et la criminalité organisée (une série de mesures se met en place à Bruxelles) et il reste encore à organiser la législation et les contrôles sur la contrefaçon. Pourtant le 1er mai, du jour au lendemain, lunion douanière est devenue une réalité, sans aucune transition, sauf en matière de politique agricole commune où simpose pour les échanges une période transitoire.
Prague, République Tchèque - photo OM Libre échange.
Les contrôles systématiques des marchandises aux frontières intracommunautaires ont été partout supprimés. Désormais, elles circulent librement entre les vingt-cinq Etats-membres. Ce qui ne veut pas dire que les douaniers vont disparaître ! Leffectif douanier se tassera de 10 % seulement. Globalement, deux fonctions subsistent : létablissement des statistiques du commere extérieur et la surveillance du respect des règles fiscales concernant la TVA intracommunautaire. Conséquence, les formalités de déclaration ont été simplifiées : la déclaration déchange de biens (DEB), devenue mensuelle, sapplique pour toute transaction avec tous les pays de lUE. Les entreprises doivent la remplir et la fournir aux douanes, par voie électronique de préférence. Mais elle ne remplace pas certains documents dont la déclaration est soumise à des règles spécifiques : produits soumis à accises (tabac, alcools, produits pétroliers), et marchandises sensibles.* Sources statistiques : Centre régional des douanes, Coface, DREE.
Contacts :
Douanes : www.douane.gouv.fr, ou Cellule entreprise au 02 38 77 46 00
marie-laure.madre@douane.finances.gouv.fr
Direction régionale du Commerce extérieur : 02 38 69 71 00
Coface : www. cofacerating.fr
Maison de lEurope : 02 47 20 05 55
Euro InfoCentre : 02 38 25 25 50
www.touraine.cci.fr - czuber@touraine.cci.fr 02 47 47 20 25
Depuis le 1er mai, les marchandises
circulent librement entre les vingt-cinq
Etats-membres de lUnion Européenne
1 / 2