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Assurances Les nouveaux risques des entreprises
Prévoir. Météo incontrôlable,
flambée des procès, criminalité gratuite... Les
entreprises doivent apprendre à intégrer ces risques dans
leur activité quotidienne. Une évolution qui a un coût
répercuté sur le montant des primes dassurances.
Ces risques nécessitent parfois des extensions de garanties ou
de nouveaux contrats. Et avant tout un grand sens de la prévention
Patrick Chateau
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Christophe Bouhour
Photo DR
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Au début du mois de décembre, on apprenait
quun gros groupe français de charcuterie industrielle était
sur le point de céder sa filiale sétant vu reprocher
sept décès suite à la contamination de ses produits
par la listéria. Bien que blanchie, lentreprise a vu son
chiffre daffaires tomber à 6,6 millions deuros, contre
18 millions avant cette affaire. En octobre, cinq cas de fièvre
typhoïde ont été signalés dans la capitale
dont quatre de personnes ayant fréquenté la même
sandwicherie. Peu de temps après, la direction de la chaîne
de restauration rapide annonçait la fermeture de létablissement
qui pourrait être à lorigine de ces cas... A ce début
de liste, chacun pourrait ajouter les catastrophes naturelles de ces
dernières années, les procès intentés aux
entreprises et à leurs dirigeants en constante augmentation...
Car à côtés des risques classiques et parfaitement
identifiés comme lincendie, le vol, linondation et
la perte dexploitation qui en découle, on voit apparaître
de nouvelles menaces pour les entreprises. Sans revenir sur les déboires
des professionnels de lagroalimentaire, il ne se passe pas un
mois sans quun constructeur rappelle des milliers de véhicules
pour vérification technique.
Une aggravation des risques. Force est de constater
quil est plus approprié de parler de risques accrus que
de nouveaux risques. Aujourdhui, tout tourne autour de la
notion de responsabilité civile, explique Bruno Leluc, agent
général à Montbazon et récent président
de la chambre professionnelle des agents dassurances de lIndre-et-Loire.
Linterprétation de la Justice et les différents
cas de jurisprudence constatés ces dernières années
nous entraînent vers une dérive à laméricaine
de notre société. Selon ce dernier, ces trois dernières
années, les primes ont subi une augmentation importante pour
compenser cet accroissement des procédures lancées contre
les entreprises. Si lon en croit Christophe Bouhour, agent général
et aussi gérant dune société de courtage,
qui co-dirige le cabinet Bouhour- Briand à Tours, cest
la profession elle même qui a donné le bâton pour
se faire battre en proposant la garantie protection juridique à
ses clients. Cela revenait à pousser les gens vers les
tribunaux alors quils y étaient plutôt réticents
jusque-là, soulignet- il. Lactualité montre
que, de plus en plus souvent, le chef dentreprise ou son mandataire
social est tenu pour personnellement responsable des dysfonctionnements
et des aléas que peut connaître son activité. Récemment
apparue dans le dossier de lamiante, la notion de faute
inexcusable a élargi le champ des responsabilités
du dirigeant. Désormais, il doit mettre en place les procédures
destinées à éviter le risque, et tenu darriver
à des résultats tangibles. Il est donc fortement
conseillé de souscrire une assurance responsabilité civile
spécifique des mandataires sociaux, ajoute Bruno Leluc.
En première ligne. Christophe Bouhour
se souvient de cette entreprise du BTP, cliente de son cabinet, confrontée
à la mort dun salarié sur lun de ses chantiers
: En dépit de toutes les procédures de sécurité,
connues de chacun, cet homme sest trouvé au mauvais endroit
au mauvais moment lors de la chute dune charge. Aujourdhui,
le dirigeant est en première ligne quoi quil arrive...
Et pas seulement en cas daccident. Ce sont également les
petits actionnaires qui attaquent pour faute de gestion ou le client
qui se retourne vers son fournisseur. Bruno Leluc tient dailleurs
à alerter les entreprises exportant vers les Etats-Unis ou le
Canada. Elles sont de plus en plus nombreuses à souscrire
une garantie de protection juridique prévoyant toutes les failles
possibles dans lesquelles leurs clients seraient susceptibles de sengouffrer
à la suite de leur avocat, conseille-t-il. Cest un risque
réel dont il vaut mieux prévoir les conséquences
avec son assureur avant de se lancer sur ces marchés.
La perte dexploitation. Autre risque
qui concerne potentiellement tous les secteurs économiques :
la criminalité gratuite et son corollaire, lincendie criminel.
Cest le sinistre qui a la plus grosse incidence sur le compte
dexploitation, souligne Christophe Bouhour en rappelant
quau moins 30 % des entreprises françaises ne sont toujours
pas assurées contre la perte dexploitation. Car la
plupart ne sont pas conscientes de ce risque. Une seule réponse
: la prévention, en évitant, par exemple, de stocker des
palettes ou tout autre matériau inflammable, le long dun
bâtiment... Plusieurs entreprises dIndreet- Loire
ont déjà été confrontées à
cette situation qui peut aller de la dégradation ou vol des matériels
à lincendie criminel. Bruno Leluc en appelle donc
à la responsabilité des dirigeants dentreprise amenés
à mesurer plus concrètement le poste assurances. En dautres
termes, chaque société va devoir sautoassurer pour
une partie et accepter une franchise plus importante. Pour ce
faire, nous devons ensemble mettre en place une vraie politique de formation/prévention
au sein de lentreprise afin de réduire la fréquence
des sinistres. A linstar de ces deux professionnels, de
nombreux courtiers et agents pensent que la hausse est nécessaire
pour instaurer la vérité des prix ; celle-ci favorisant
dailleurs les investissements en prévention et en protection.
Lintervention préventive passe par lorganisation
de visites de risques réalisées au cas par cas par lassureur.
Elle peut aussi être le fait dorganismes partenaires comme
le Centre de documentation et dinformation de lassurance
(CDIA), la Sécurité routière, ou les sapeurspompiers...
Laccent est mis sur la propreté des locaux, leur encombrement,
labsence de déchets stockés
à l'extérieur, l'interdiction de fumer... "A
terme, l'assuré y trouvera son compte car nous le récompenserons
en lui accordant des rabais significatifs et cumulables pour chaque
poste de prévention mis en oeuvre", conclut Christophe Bouhour.
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METIERS
Votre choix : agent dassurances ou courtier ?
Savez-vous si vous êtes assuré auprès dun
agent dassurances, professionnel libéral mandaté
par une compagnie, ou auprès dun courtier, commerçant
indépendant ? Dans le premier cas, vous traitez avec lun
des 14 500 agents dassurances (source lEntreprise)
qui contrôlent un peu plus dun tiers du marché
dassurances dommages (perte dexploitation, incendie,
dégâts des eaux...) et de responsabilité,
et 8% de lassurance-vie capitalisation. Il est mandaté
par une compagnie dassurances pour acquérir de nouveaux
clients, leur faire bénéficier de ses conseils afin
de leur proposer les contrats les mieux adaptés à
leur situation. Lagent dassurance a la réputation
dêtre très proche de ses assurés et
dune grande disponibilité. La compagnie quil
représente est dans lobligation de respecter les
engagements pris auprès de sa clientèle. Contrairement
aux agents, les quelque 3 500 courtiers français sont mandatés
par leurs clients pour leur proposer le meilleur rapport qualité/prix,
quel que soit le type de contrat ou de compagnie ; dans la mesure
où cette dernière présente toutes les garanties
requises, particulièrement la solvabilité. Soulignons
que ces intermédiaires sont directement responsables de
leurs actes vis-à-vis des entreprises clientes. On constate
que certains nhésitent pas à mettre en commun
leurs compétences et leurs moyens techniques. Cette démarche
offre lavantage de pouvoir compter sur le savoir-faire de
professionnels hautement qualifiés en dommages-incendie,
perte dexploitation, etc.
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