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Logistique : 28 % des emplois créés en France
Ce nest plus la production mais la consommation
qui commande désormais la logique industrielle. On produit juste
ce quil faut pour satisfaire la demande du marché. Lentrepôt
est devenu la plaque tournante de ce système de production en
temps réel. Sur ce nouvel échiquier, le e-commerce
peine encore à trouver sa place Photo : D.R. Révolution.
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Catherine Fournier Rédactrice en chef
de Logistiques Magazine
Photo : D.R.
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Il ny a pratiquement plus de stocks en magasin.
Comment cette évolution sexplique-t-elle ?
C. Fournier : En vingt ans, le nombre de références
proposées au consommateur en supermarché a plus que doublé.
Or, sur cette même période, la surface moyenne des magasins
na augmenté que de 10 %. La place de chacune des références
a donc été réduite de moitié et la grande
distribution a dû augmenter le taux de rotation des produits pour
garantir aux clients lapprovisionnement correspondant à
leur demande. Peu à peu, les industriels ont pris conscience
quils pouvaient augmenter leur marge en optimisant les flux de
marchandises... Et le développement de la logistique a entraîné
une véritable révolution dans la logique du système.
Avant, on vendait ce que lon produisait : cétait
la production qui menait le jeu. Aujourdhui, on produit ce que
lon vend : cest la demande du marché qui dicte sa
loi à la production et tire toute la chaîne logistique
de laval vers lamont. Lindustrie et la grande distribution
ont suivi cette évolution en mettant en place une politique de
flux tendus, lessentiel étant de satisfaire le consommateur
final au moment précis de lacte dachat.
La montée en puissance de la filière logistique sinscrit
donc dans le paysage industriel. Lentrepôt est un concentré
de la mutation du secteur. Ce nest plus une boîte à
stocks statique mais une usine à flux, dont la logique de fonctionnement
est calquée sur celle de toute industrie. Le challenge quotidien
consiste à réduire les coûts afin daugmenter
le résultat. On assiste en outre à un agrandissement des
surfaces de stockage, dont la moyenne est passée de 11 000 m2
(avant 1999) à 35 000 m2 après 2001. Les investisseurs
sintéressent à lentrepôt, dont le taux
de rendement (de 9 à 11 %) est supérieur à celui
des bureaux (environ 5%). La France est dailleurs plutôt
bien placée en Europe sur ce plan. Le foncier y est globalement
moins cher et les valeurs locatives sont attractives - davantage, par
exemple, quaux Pays-Bas ou au Royaume- Uni. En Touraine, le groupe
américain Pfizer gère une plate-forme pour le marché
européen. Lentrepôt représente un atout de
taille pour le développement économique régional.
On estime que 10 000 m2 suscitent en moyenne la création de 50
à 100 emplois. En 2001, 28 % des emplois créés
en France provenaient des métiers de la logistique. En 2002,
80 % des établissements sont dotés dun responsable
logistique, contre 66 % en 2001.
Le e-commerce est-il une alternative crédible
à la vente traditionnelle en magasin ?
C. F. : On a dabord beaucoup cru quInternet simplifierait
la vie et réduirait les coûts, pour les producteurs comme
pour les consommateurs. Or, ces derniers nont pas accepté
de payer le prix correspondant une livraison à domicile. Le e-commerce
sest ainsi heurté à léchec du dernier
kilomètre. Après leuphorie, sont venues la désillusion
et des faillites en cascade...
Cependant, je pense quInternet constitue un canal de distribution
prometteur. Sil est vrai que la proportion dacheteurs en
ligne a baissé, la valeur du panier moyen a, elle, augmenté
et il y a des exemples de réussite, comme c.discount, la filiale
e-commerce de Casino.
Propos recueillis par Maï-Anne Tran
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